La perversion des enfants a (toujours) des limites

La perversion des enfants a (toujours) des limites

!/! Note de l’auteur : Ici point d’illustrations parce que j’en ai trouvé aucune d’acceptable. Même en cherchant bien. Donc, si vous le faites, ne me jettez pas des caillasses. !/!

L’autre jour, j’étais tranquillement en train de fureter sur MyAnimeList. Ce qui est génial avec ce site, c’est qu’en fonction de vos pages consultées, il est capable de vous indiquer les séries que vous pourrez apprécier. Donc, comme j’étais sur l’adaptation anime de Kuro to kin to akanai kagi, MAL (c’est l’abréviation du nom du site, et pour une fois il correspond bien au mal absolu) eu l’idée géniale de me présenter un anime hentai bien dérangeant. Lovely Day: Boku to Kanojo no Nana Nichikan, comme se présente ce machin au titre à rallonge n’est pas plus différent que des tas d’autres titres. C’est juste un de plus dans le monde borderline du hentai. 

Dans un prochain article, on parlera bien plus en détail du soucis posé avec la pornographie virtuelle : comment peut-on donner un âge à des protagonistes qui ne sont fait que de papier ? Dans le cas de Lovely Day, une chose est sûre : si Hazuki possède une poitrine tellement imposante, son corps et sa taille font clairement penser à une enfant de 10-12ans. C’est là tout le malaise de cet anime, en plus de montrer une relation incestueuse et hyper malsaine. Le cousin est juste un gros pervers-sadique qui s’amuse à tripoter sa cousine partout. Le début de l’OAV est d’ailleurs assez grotesque : notre pauvre gamine se retrouve à se balader sans culotte dans un parc avec pleins de gens autour. Mais cela ne semble pas vraiment les inquiéter vu que la première scène de sexe se déroule sur le banc, face à des gamins qui jouent au foot. MAIS WHAT. 

D’accord, les hentai ne sont jamais réalistes et dans le fabuleux monde de la pornographie japonaise, on peut coucher avec n’importe qui et n’importe où. Personne n’aura l’idée d’appeler la police pour sortir la gamine des griffes de son cousin pervers. Cousin qui n’a décidemment aucun neurone. Arrivé à la moitié de l’OAV on apprend qu’il a profité du départ des parents de sa cousine pour en faire son jouet sexuel. Et le truc hautement improbable, c’est qu’elle en redemande. Et c’est là où l’anime vire dans le malsain le plus total : comment peut-on redemander quelque chose qui semble être du viol, vu que Hazuki ne connait rien à l’amour. Et la dernière partie de l’épisode est tellement gerbant que je n’ai même pas pu aller au bout. Son cousin se met à la violer et en faire un vrai jouet sexuel. Je sais pas, mais quand tu enfonces quelque chose dans l’utérus et l’anus de quelqu’un, c’est pas en se disant que ça passera tout seul. OH WHAT. 

L’éducation sexuelle sur Internet en jeu

 

Eh bien oui, il fallait bien que j’enchaîne sur une réflexion sur l’impact d’un anime tel que celui-ci. En fait, si je l’ai trouvé plus malsain que n’importe quel autre, c’est par son réalisme : les dessins sont en effet assez travaillés pour un hentai de troisième zone. Je me dis même que vu les dessins, personne ne peut s’imaginer que c’est vraiment un hentai qu’on regarde. Du moins sur les premières secondes puisque vu la durée courte de l’OAV, il faut vite remplir son quota de scènes de sexe. 

De manière plus grave, Lovely Day fait assez peur par son traitement des personnages. La déclaration d’amour entre les deux personnages tombe tellement à plat par rapport à la situation. Cette scène est pratiquement dispensable après ce qu’on vient de voir. Certains hentai ne prenennt pas la peine de venir rajouter une quelconque justification. C’est un grand bien car pour celui qui regarde, il ne peut que se détacher complètement de ce qu’il vient de voir. Mais pas Lovely Day. De même que la scène du départ qui essaie de donner une peine explication à pourquoi ce cousin pervers préfère sodomiser sa pauvre cousine de 10 ans plutôt que s’intéresser aux filles de son âge. 

Mais surtout, de manière plus fondée, l’anime tend à caractériser une relation normale entre les deux protagonistes et plus généralement une vision de la sexualité complètement éclatée. Si un adulte sait très bien que ce qu’il vient de voir n’est pas la réalité, c’est moins le cas d’une personne plus jeune qui va forcément voir – par ce traitement réaliste – une sexualité normalisée. 

Durant l’écriture de mon mémoire de recherche, j’étais tombée sur des témoignages assez édifiants de personnes qui avaient été « traumatisés » par la pornographie. Elles avaient développées une vision de la sexualité hors-norme par le biais d’images consommées sur Internet. Ce qui est logique vu qu’à côté des hentai, le porno gonzo suit la même tendance. Pour moi, ce n’est pas complètement anodin : en plus d’une société hyper sexualisée, voici que les contenus pornographiques amènent une certaine norme. Et dans le cas des hentai, beaucoup de sites n’utilisent même pas d’avertissements.  

C’est du dessin, ce (n’est pas) du virtuel.

 

L’argument qui ressort pour les défenseurs est le fait que tout ça, c’est du virtuel. Du virtuel qui salie et qui montre ce que personne n’aimerait voir. D’autant plus quand on touche à la pédopornographie. D’autant plus que si certains sont presque convaincus que c’est mieux pour les pédophiles d’utiliser des images de protagonistes imaginaires, la réalité est que ce danger pour les plus jeunes perdure. Que quand on est enfant et jusqu’à l’adolescence, on est forcément attiré par les dessins animés.

Que ce qui ressort du virtuel est forcément plus dérangeant que ce qui ressort de la réalité. Parce qu’on peut tout faire, sans limite. Sans avoir à maltraiter des êtres humains. Et si on admet qu’il y a quelque part un exutoire derrière le hentai, il faut cependant mettre en avant le principal trait de cette chronique : non, ce n’est pas parce que c’est du dessin que l’on doit tout dessiner. Et plus encore, ce n’est pas du virtuel. 

[ Intermède ] Le jour de gloire est arrivé (non c’est pas ça)

Vous avez vraiment de la chance vous savez, puisque c’est un peu Noël avant l’heure, pile un mois avant : Je vous offre un second article, mais cette fois-ci sur le site Internet du collectif Pop Fixion. Ci-dessous vous trouverez donc mon premier travail à l’extérieur : 

Ne vous inquiétez pas, le rythme du blog ne changera pas d’un poil. Un article hebdomadaire et des contributions mensuels ou presque sur Pop Fixion. Et évidemment, pas de redites : sur Pop Fixion vous trouverez des articles exclusifs qui ne seront pas publiés sur le blog.  

N’hésitez pas à visiter le site, à le partager et à commenter ! On publie des trucs cool sur pleins de sujets différents. 

Terror In Resonance : Je ne suis pas un héros, mais un terroriste

Terror In Resonance : Je ne suis pas un héros, mais un terroriste

13 Novembre 2015. Une date qui a marqué la France dans ses entrailles, a touché l’humanité au plus profond de son être. Une date qui a rappelé que la paix n’est qu’une illusion quand certaines parties du monde ne connaissent les attentats que par habitude. Mais c’est parce que nous sommes touché que le monde semble s’arrêter. Ce fut probablement le cas, ce qui me poussa, pour ma part, à ne pas publier le lundi qui suvi. Par respect mais aussi parce que je ne me sentais plus de force à publier des japonaiseries. Même sérieuses. Oui car si le terrorisme est un combat, la pédopornographie et toute forme de pornographie malsaine se doit aussi d’être combattues. Mais ce n’est pas le sujet d’aujourd’hui.

Aujourd’hui, je me suis rappelée d’un anime qui avait fait débat à sa sortie : Terror In Resonance. Dans ce drame de 11 épisodes, réalisé par Shin’ichiro Watanabe (vous savez, monsieur Cowboy Bebop), le spectateur suit le quotidien de deux adolescents qui provoquent des attentats dans Tokyo. Oui, le parallèle est presque saisissant : à un détail près : ceux-ci ne provoquent jamais de dommages humains volontaires. Mais pourtant, le sens de leurs actions, leur méthodologie et leurs pratiques se révèlent être celles du terrorisme moderne.

L'épisode 1 commence par l'explosion d'un building à Tokyo. Flippant

L’épisode 1 commence par l’explosion d’un building à Tokyo. Flippant

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Terror In Resonance fut diffusé en entre juillet et septembre 2014. Un peu plus d’un an avant les attentats de Paris. A l’époque, ce n’était qu’un anime de plus même si son thème dérangeait et posait question. On a souvent vu dans la fiction des héros qui sauvent des villes et des mondes entiers de la destruction. Les terroristes ont toujours été les méchants dans la fiction. Mais pas dans cet anime où les héros sont ces adolescents experts dans la pose de bombes et de la communication. Terrible. Et pourtant le spectateur va s’attacher à eux et suivre leur histoire où ils vont devenir petit à petit des héros à nos yeux. 

Pourtant, le réalisme de la situation fait qu’il est difficile, après avoir vu son pays la cible d’attentats, de ne pas revenir sur cette série. Que la fiction a rejoint une réalité bien atroce et que ces situations relèvent d’un malaise. Pour ceux qui ont été meurtri par les attentats, cette série est un véritable calvaire car elle décrit une situation qui est devenue une réalité brutale : d’ailleurs, Nine, l’un des deux terroristes n’hésitent à prendre en photo sa première oeuvre, comme un trophée. 

Alors, certes, tous ceux qui ont vu l’anime vont me dire qu’il n’y a aucun rapprochement entre cet anime et la situation mondiale. Effectivement, mais cette putain d’insouciance où l’on en parlait sans arrière-pensée, sans se dire que de tels mots, de tels actes pouvaient être abominables dans la réalité semble désormais révolu. Et oui, on ne regarde plus la fiction comme avant, et il a fallu pour ça une centaine de morts et autant de blessés. 

Les réseaux sociaux, ici YouTube, au centre de la communication des attentats dans l'anime

Les réseaux sociaux, ici YouTube, au centre de la communication des attentats dans l’anime

Birden.

 

Quand j’ai vu Terror In Resonance pour la première fois, je l’ai considéré comme un chef d’oeuvre pour les barrières qu’il se permettait de franchir. Mais un an après, l’anime fait terriblement mal à voir. Quand le terrorisme n’était qu’un objet de fiction, lointain de nous, il ne représentait qu’un sujet de plus. Mais aujourd’hui, il est difficile de ne pas se sentir concerner, de se maudire d’avoir éprouver de la compassion pour deux personnages qui ne sont rien de plus que des terroristes qui ont égoistement mis en jeu la vie des uns et des autres, utilisé des armes de destruction massive et profité des réseaux sociaux pour revendiquer leurs attaques. 

Loin de la fiction, loin de quelque chose de beaucoup plus grave. Mais c’est en cela que la fiction existe. Mais quand celle-ci se confronte à la réalité, on ne peut que être dévasté et ne plus rien comprendre. D’ailleurs cet article n’a pas vraiment de sens, ni même de message à faire passer. J’avais juste besoin d’utiliser un objet annexe pour parler, et aussi de mettre en mots quelque chose qu’on a trop fait passer comme quelque chose qui nous concernait pas. C’est un peu grave de s’en rendre compte que maintenant. 

Certains ont eu le besoin de prendre le sujet à la légère comme Elekami sur cet article. Moi, j’avais juste besoin de revenir sur un fait tellement malsain aujourd’hui : mon anime préféré de l’année 2014 ne montrait pas des héros, mais des terroristes. Et se prendre en pleine figure le drame de ce qu’ils ont fait, même dans un monde virtuel, alors que notre monde s’en va en guerre, c’est totalement paradoxal. Mais c’est ainsi qu’on s’est éveillé. Alors, ne cessons jamais d’utiliser les mots pour interroger, rire, pleurer, dénoncer. 

Terror In Resonance : Je ne suis pas un héros, mais un terroriste

Brothers – A tale of two sons, une poésie cauchemardesque (spoils)

C’est clairement pas dans mon habitude de faire des reviews de jeux vidéo autre que les bizarreries tordues du Japon. Mais là, même si je débarque deux ans après, il me fallait mettre des mots sur LE jeu qui a été la plus belle expérience de l’année.

! Mise en garde ! L'article contient des spoils.
Cette scène est juste géniale.

Cette scène est juste géniale.

Brothers – A tale of two sons est une création de Starbreeze Studios, un studio suédois. Je n’avais jamais entendu parler de ce studio, ni même de ce jeu. Ca fait un peu tâche mais c’est comme ça. Je suis tombée sur le jeu par hasard au rayon jeux vidéo de la Fnac. Seulement 20euros. Et je me suis dis « pourquoi pas ? ». Et si certains crieront au scandale de rééditer un jeu « vieux » de deux ans sur PS4 et Xbox One, je leur dirait qu’au moins, cela permettra de faire connaître le jeu à un plus large public. Brothers commence plutôt mal. Malgré la poésie qui se dégage de l’écran d’accueil, le jeu ne t’épargne pas les moments terribles : la mort de la mère des deux héros. Mais pas de manière random hein, le plus jeune frère en est témoin et ce traumatisme fera partie intégrante du gameplay. Mais cette amorce suffit à donner au jeu une dimension tragique. L’aventure des deux frères démarre pourtant de manière assez clichée. Leur père est gravement malade et le seul remède pour le soigner est de chercher un eau miraculeuse dans une contrée lointaine. Très lointaine. Et nos héros ne tardent pas à se décider à quitter leur petit village et parcourir des terres dangereuses remplies d’êtres étranges et sauvages.

Brothers – A tale of two sons, une poésie cauchemardesque (spoils)

Et c’est là que rentre en jeu le gameplay très déroutant du soft. En effet, loin de proposer un mode coopération où chacun pourrait diriger l’un des frères, ici c’est à vous seul de gérer l’un et l’autre. Autant dire que la prise en main est au départ assez compliquée. La plus grosse difficulté réside dans les phases de plein pied où l’on doit faire avancer chaque frangin. Du moins, j’ai rarement réussi à les faire marcher de manière coordonnée : l’un allait à droite, l’autre à gauche. Pour chacun des frères, vous devez vous servir des sticks analogiques droite et gauche et utiliser L2 et R2 pour les phases de plateforme. Donc à moins d’être un génie, vous risquez fort de mélanger les commandes des garçons. Et parfois, cela mènera à une issue fatale. En effet, comme dans n’importe quel jeu avec de la plateforme, les morts surviennent naturellement quand on se retrouve à subitement lâcher prises sur L2/R2, touches qu’on a pas forcément l’habitude d’utiliser autant dans un jeu. Bon au moins, c’est qu’à part les sticks et ces deux touches, vous ne toucherez à rien d’autre de votre manette. Un gameplay simpliste au possible, parfaitement adapté à tous les publics. Et s’il n’avait que ça

Certaines scènes font penser à Limbo, notamment les morts effroyables.

Certaines scènes font penser à Limbo, notamment les morts effroyables.

Quand j’ai vu que le jeu était déconseillé aux moins de 16 ans, je me suis dis que c’était peut-être un peu abusé. Surtout qu’au début, à part la scène de la mort de la mère, il n’y a rien de particulièrement choquant. L’ambiance rappelle clairement les contes pour enfants avec la forêts truffées de monstres qui font peur à ceux-ci (les loups !). Et puis, au détour d’un chemin, les deux frères assistent à un suicide, impuissants (du moins, s’il y avait quelque chose à faire pour sauver le bonhomme, n’hésitez pas à le signaler !). Et rien que cette scène rend l’ambiance assez malsaine. Mais pour peu de temps. On retourne très vite à l’aventure, à ces êtres étranges que l’on rencontre sur notre route et à ces scènes très sympathiques où l’on ne pense plus qu’à l’aventure incroyable et aux décors sublimes. Sauf que le jeu va progressivement perdre sa douceur et sa légèreté, notamment lorsque nos héros arrivent sur un champ de bataille sanglant où des géants se sont livrés au combat. La rivière devient rouge et les frères aussi. Mais l’imaginaire prend encore le dessus puisque ces géants ne représentent qu’un décor de plus. Jusqu’à ce que l’horreur, la vraie, se fracasse sur nos têtes. Et c’est ce qui fait la force du jeu : on part d’un imaginaire, d’un monde magnifique et colorée et à un univers de plus en plus glauque et triste.

Brothers versus Cry On, projet de jeu avorté développé par Cavia.

Brothers versus Cry On, projet de jeu avorté développé par Cavia.

En fait, avec du recul, le drame se révélait plus ou moins prévisible : entre le jeune frère qui souffre d’une phobie de l’eau et qui se révèle bien plus fragile et le grand frère déterminé à prendre tous les risques possibles, le death flag trônait sur chaque tête. Après une scène digne de The Descent (le film a ne pas voir si vous êtes claustrophobes), nos héros sont prisonniers d’un monstre : une femme araignée qui a profité de la naïveté du frère aîné pour l’enchanter, au grand dam du plus jeune. Et forcément, cette jeune femme ne pouvait qu’être un monstre de plus, mais suffisamment habile pour blesser mortellement l’aîné. La mort n’est qu’un processus naturel, une chose que l’on ne peut pas prévoir. Du moins, je ne l’avais pas prévu de cette manière, pas dans ce jeu. Je doutais du possible drame, mais je m’étais résolument attachée aux deux héros. Pas forcément au frère aîné, mais au plus jeune. Et c’est là où Brothers devient splendide. On assiste à une scène déchirante du frère baignant dans son sang et de l’autre qui doit poursuivre le but initial : sauver leur père. Et c’est avec la gorge nouée, mais aussi avec de l’espoir qu’on gravit cet arbre gigantesque. De l’espoir de sauver l’un et de perdre l’autre. Et cette perte est absolument déchirante. Alors que les cinématiques s’enchaînent, les développeurs décident de faire vivre un vraie calvaire au joueur : on se retrouve à enterrer le grand frère. A traîner sa dépouille sous les sanglots du cadet. Pour au final voir le corps être mis dans un trou que l’on doit reboucher soit-même. Difficile à se moment-là de ne pas pleurer tellement la scène est macabre et d’une réalité terrible. Et pour renforcer cette immersion, notre manette perd aussi de sa capacité : seul le stick analogique droit et R2 fonctionne. Comme pour donner au joueur toute la dimension de cette perte.

J'ai pleuré. Mais surtout je n'ai jamais été aussi bousculée durant un jeu

J’ai pleuré. Mais surtout je n’ai jamais été aussi bousculée durant un jeu

Alors certes, le jeu se termine vite. On peut se dire qu’il y aurait pu avoir un intérêt à refaire le chemin inverse avec le jeune frère seul. Mais je pense que même si émotionnellement le jeu aurait gagné en puissance, du point de vue du gameplay, c’était comme oublier toute l’implication des deux personnages. Cependant, le jeu ne se perd jamais, même sur la fin où le petit frère finit par vaincre ses démons, avec l’aide de son frère. Et cela a beau être cliché, cela tend à rendre la fin moins douloureuse.


Brothers est une perle rare. Graphiquement, le jeu bénéficie d’une direction artistique exceptionnelle. Les références ne manquent pas d’un bout à l’autre de l’histoire et la musique vient porter à l’aventure une puissance émotionnelle sans égale. L’émerveillement des environnements et la profondeur de champ phénoménale nous emporte complètement. Et la fin réussi un pari bien lourd dans le jeu vidéo : émouvoir profondément. De plus, le jeu ne possède aucune interface et aucun dialogue, seulement un dialecte étrange. Tout le jeu est réduit au strict minimum, renforçant l’impression de vivre une aventure comme un film animé. Et de sortir les mouchoirs, comme dans un film. Et c’est clairement là où le jeu en sort gagnant : en plus d’un gameplay accessible, le jeu est conçu pour séduire un public qui n’est pas seulement celui des gamers. Ceux qui se posent encore la question de la place de jeux vidéo comme Art ne peuvent pas passer à coté de ce chef d’oeuvre. Brothers c’est un peu comme si Dreamworks, Ico de Team Ico etLimbo de Playdead s’étaient réunis pour sortir un jeu vidéo. 

Brothers – A tale of two sons, une poésie cauchemardesque (spoils)