The Last Of Us : l’amour plus fort que le salut de l’humanité.

Considéré comme un chef d'oeuvre, le jeu de Naughty Dog n'a pas volé ce titre.

Considéré comme un chef d’oeuvre, le jeu de Naughty Dog n’a pas volé ce titre.

On va me dire que j’aime bien parler de jeux avec trois ans de retard. Mais c’est comme ça. En réalité, j’ai attendu que le titre soit disponible sur PS4 pour me lancer dans l’aventure The Last Of Us. Les critiques faisaient l’unanimité : chef d’oeuvre, meilleur jeu de la PS3, meilleur jeu de tous les temps aussi. Rien que ça. Alors, forcément, à force d’en entendre du bien, je me suis lancée. Et en effet, The Last Of Us reste une de mes plus belles expériences vidéoludiques ; ma claque de l’année 2015 avec Brothers – a tale of two sons – et la saga God Of War

EDIT : Ah oui ça va spoiler. Donc si vous avez pas fait le jeu, passez votre chemin. 

A début classique, retournement imprévisble. 

 

Pour une personne qui n’a jamais joué au jeu ou alors ses premières minutes, The Last Of Us ressemble, sur bien de points, à une banale histoire de zombies qui réduisent l’humanité en purée. Pourtant, à l’instar de Je suis une légende, l’origine des infectés démarre par l’exploitation d’un champignon – le cordyceps – à des fins médicales et commerciales. Et forcément, comme le vaccin contre le cancer dans Je suis une légende, le cordyceps se met a avoir des répercussions sur l’organisme humain en faisant apparaître des croutes sur le corps et transformant rapidement les hommes en monstres. La funfact en question c’est que le cordyceps existe vraiment mais son infection concerne les insectes. Chez Naughty Dog, on a le sens du détail. 

C’est sur cette base, fort réaliste, que démarre le jeu. L’infection se transforme en pandémie obligeant les gouvernements de prendre des mesures radicales. Au début du jeu, Joel, le héros, se retrouve à fuir les infectés avec son frère et sa fille, Sarah. Et c’est là où le jeu prend une tournure finalement assez imprévisible : si les infectés sont devenus nos ennemis, quid de l’espèce humaine ? Sarah est en fait touché par balle par un soldat, contraint par un ordre de son supérieur à éliminer n’importe quelle menace, de peur d’être touché par l’infection. Ainsi la survie de l’humanité n’est plus qu’un lointain espoir, tant les humains ne cessent de se détruire, par peur de l’autre. 

Le contexte de The Last Of Us est donc loin d’être aussi simple qu’une simple invasion de zombies débarquant sans raison. La force du jeu est de bouleverser le genre en reprenant les codes du survival-horror (armes et munitions limités, zones remplies d’infectés, couloirs sombres et inquiétants) et de l’action-aventure (exploration, craft d’items, évolution des compétences) tout en perdant pas son objectif initial: raconter une histoire d’amour. 

Certaines zones sont inquiétantes. Mais rassurez-vous, on vous prévient toujours quand sortir le flingue.

Certaines zones sont inquiétantes. Mais rassurez-vous, on vous prévient toujours quand sortir le flingue.

Le plus grand danger : les humains.

 

Si les infectés font peur à voir et représente le premier grand danger du jeu, il est assez facile de s’en débarasser voire même d’éviter les affrontements. Les coureurs et les rôdeurs sont relativement faciles à vaincre (un bon coup de tatane dans la tronche, voilà), même si au moindre bruit et la moindre lumière ils accourent….en groupe. Ambiance. Les claqueurs, présentés comme plus redoutables sont en réalité aveugles et ne craignent donc pas les lampes torches. En revanche, ils réagissent au moindre bruit et peuvent vous tuer en un seul coup. Enfin, les colosses représentent les principaux boss : redoutables, l’utilisation de cocktail molotov et de bombes est d’une grande aide, jusqu’à ce que vous soyez équipé d’un lance-flamme dévastateur. Même si pour cela, il ne faudra pas faire dans l’économie et s’attendre à vider son chargeur. 

Les humains sont au contraire plus coriaces et dôtés d’une intelligence artificielle redoutable. Comprendre qu’ils savent se déplacer dans une zone pour essayer de vous canarder à outrance. Ils représentent la plus grande menace du jeu et vos adversaires les plus costauds. C’est là que l’utilisation de vos armes à feu sera d’une grande utilité à moins que vous tenez à jouer les archers en les dégommant à distance sans se faire repérer. On peut également jouer le mode infiltration en les éliminant par derrière. Il faut cependant faire gaffe de ne pas se faire repérer par d’autres : les humains opèrent en groupe. 

Ainsi The Last Of Us joue sur un double tableau : d’un côté l’affrontement contre les infectés qui attaquent les humains restés en vie et de l’autre côté les humains qui s’affrontent dans un esprit de parano pour défendre leur territoire. De chasse à l’infecté on passe à la chasse à l’homme où les derniers survivants sont incapables de se serrer les coudes autrement que par la violence…et le cannibalisme pour certains. Et oui, The Last Of Us ne fait pas la dentelle et montre le pire de la race humaine. Notre héros, Joel, n’est pas non plus un tendre face aux ennemis et n’hésite pas à abattre chaque ennemi qui lui fait barrage. Ainsi la fin du jeu nous montre la fuite de Joel pour sauver Ellie des Lucioles et !! Spoiler !! en tuant froidement Marlène !! Spoiler !!

De ce côté-là, le jeu justifie son PEGI 18 par les effusions de sang et les scènes choquantes, ce qui ne plaira pas à tout le monde. Cependant, le jeu se permet de désactiver le gore à l’écran. Vu la violence des affrontements, on s’en passerait bien. 

The Last Of Us : l'amour plus fort que le salut de l'humanité.

La construction d’une histoire d’amour atypique

 

La grande force de The Last Of Us est l’importance donnée à ses protagonistes. En fait, le jeu évite l’amalgame du jeu du survival-action qui est de dégommer des infectés et des humains à tout va. L’objectif du jeu a été, dès le début, de proposer une histoire d’amour père-fille dans un contexte violent et sanglant où l’humanité n’est plus capable d’aimer. La relation entre Joel et Ellie n’est pourtant pas aussi simple : le premier continue de vivre dans le chagrin d’avoir perdu sa fille et refuse l’attachement avec quiconque d’autre ; la seconde est à la recherche d’un protecteur et vraisemblablement d’un père, capable de la protéger et de l’aimer. Si leur relation est aussi houleuse, les évènements qu’ils traversent ensemble leur permet de développer un lien fort, incassable. 

L’un comme l’autre refuse de se perdre. Quand Joel est blessé après un affrontement contre un bandit, Ellie fait tout son possible pour le mettre en sécurité et le protéger aussi bien des infectés que des humains. S’en suivra, après qu’Ellie ait massacré David, une scène d’amour émouvante entre les deux. Cet amour même que Joel aura beaucoup de mal à admettre lui donnera la force d’arracher Ellie de son destin de rat de laboratoire. Et d’en payer le prix fort en lui cachant la vérité. En effet, imunisée contre le virus alors qu’elle a été mordue, Ellie devient le dernier espoir de l’humanité pour créer un vaccin capable de sauver les humains restants. C’est la raison du voyage qu’elle mène avec Joel, c’est pour le salut de l’humanité qu’elle perd progressivement son rôle de « marchandise » à livrer pour devenir une combattante. 

C’est donc cet amour qui triomphe, au delà du sauvetage de l’humanité et du sacrifice d’Ellie. Alors tant pis pour le remède miracle, de toute façon, l’humanité a été décimée : ce n’est pas un vaccin qui résoudra la terreur qui s’est installé sur Terre. Car The Last Of Us laisse des traces chez le joueur : nos derniers ennemis sont ni plus ni moins que des humains, les infectés rangés au placard. Pour survivre, Joel et Ellie n’hésitent pas à tuer froidement leurs adversaires. Ils deviennent deux anti-héros à qui pourtant on trouve des raisons de tuer. Cette ultra-violence n’est pourtant jamais malsaine, tant les hostilités débutent souvent du côté de nos ennemis. Joel et Ellie ne font que se défendre pour atteindre un but pourtant illusoire : au fil du temps, leur relation se construit et la séparation n’a finalement jamais lieu. 

Conclusion 

 

The Last Of Us est un chef d’oeuvre marqué par une narration solidement bâtie et des personnages crédibles et poignants. Les compagnons de route qui accompagnent Joel et Ellie nous confrontent à des destins tragiques révalateurs d’un monde détruit jusqu’à la moelle. L’espoir incarné par Ellie n’est finalement qu’une brique dans un océan d’horreurs et c’est bien l’histoire d’amour entre les deux héros qui ressort de cette incroyable aventure. 

Si vous n’avez toujours pas franchi le pas, sachez que le jeu est disponible sur PS3 et PS4 dans une version Remaster. Alors certes, ce jeu ne fait pas du tout dans la dentelle et les effusions de sang risquent de choquer les plus fragiles. Mais il serait dommage de s’arrêter à l’hyper-violence du titre et de passer à côté d’une des plus belles histoires du jeu vidéo. 

The Last Of Us : l'amour plus fort que le salut de l'humanité.

Intermède : Faites attention aux parapluies les jours de soleil

Bonjour à toutes et à tous ! 

Vous connaissez désormais un peu la tradition : c’est un nouvel article du collectif Pop Fixion que je vous apporte, cette fois-ci sur le manga le plus barré et déluré que la terre a connu : Gintama ! 

Bonne lecture ! 

L’ONU condamne les eroges et leur traitement de la femme

The Fucking Rapport qui fait trembler la sphère otaku

The Fucking Rapport qui fait trembler la sphère otaku

Dans le fabuleux monde des eroges japonais, une nouvelle fait l’effet d’une bombe un peu partout sur internet – ou du moins chez les otakus : Un rapport de l’ONU prévoit l’interdiction des jeux érotiques japonais. Autant dire que ça ne passe pas inaperçu tant l’idée – pas complètement incohérente – se heurte aussi à moults inconvénients. Décryptage. 

Une  industrie qui n’est plus méconnue 

Il y a plusieurs mois je m’étais interrogé sur le fait que la pornographie vidéludique était l’un des grands oubliés du débat sur l’éducation numérique. Faut croire que mon interrogation n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd vu que l’ONU semble aussi s’en mêler. Si d’un côté on peut sembler outrer par ce rapport et le fait que ça intervienne de manière un peu inopinée, il faut aussi comprendre que le marché des eroges rassemble nombre de softs pas aussi sains qu’on le pense, et que la frontière du virtuel est souvent engagée. Même si on est ausi certain aujourd’hui qu’un jeu vidéo n’est pas à l’origine de tueuries sanglantes, qu’en est-il des jeux érotiques ?

Depuis plusieurs années, les eroges se vendent de plus en plus à l’étranger notamment via l’éditeur américain MangaGamer. Mais aussi, les sites japonais se sont de plus en plus ouverts à l’occident pour la vente de leurs jeux et il est donc très facile de se procurer des eroges via un équivalent d’Amazon Jap (qui lui ne vend plus de jeux à l’étranger depuis le scandale de Rapelay en 2010). Mais pour revenir à MangaGamer, les eroges devienennt de plus en plus accessibles via la langue anglaise et se taillent donc une réputation sur un marché souvent frigide concernant les contenus pornographiques. C’est peut-être ça qui pose, d’une manière générale, plus problème d’un point de vue moral : le porno a toujours été vu comme quelque chose de sale, dégueulasse et malsain. Si on est conscient que ce n’est pas le type de films à mettre entre les mains d’un enfant, l’industrie pornographique est un marché lucratif grâce à Internet. Pour les eroges, c’est la même chose : ce type de jeu ne se vendant pas sur le territoire américain, MangaGamer se sert d’Internet pour vendre ses jeux around the world. Sans problème.

D’un autre côté, il est intéressant de voir que le marché des jeux érotiques japonais soit enfin au coeur d’une problématique parce que le fait que le reste du monde ferme complètement les yeux dessus est une chose abérrante. Notamment parce que le scandale Rapelay il y a six ans ne semblait pas avoir bousculé la physionomie du marché ; tout juste Illusion Soft, la société à l’origine du jeu, avait alors retiré le jeu à la vente du Japon et fermé son site à l’international. Soluton ô combien drastique quand on sait que la société a continué à produire des jeux érotiques et les vendre au Japon. 

L'ONU condamne les eroges et leur traitement de la femme

Des résultats qui ne seront pas ceux souhaités

 

Si vous avez déjà joué à un eroge, le traitement de la femme dans ce type de jeu n’a surement pas dû vous échapper. Si c’est le cas, un tour chez le psy serait un bien. J’anticipe déjà l’argument de comme quoi c’est du virtuel c’est forcément différent que dans la vraie vie. C’est vrai. Admettons aussi que le fantasme du viol et de certaines pratiques hadcore fassent partie de l’imaginaire humain. C’est de nouveau vrai. Mais là où les féministes peuvent se plaindre c’est que trop peu de jeux donnent une image positive de la femme. Même les otoges sont rarement des jeux proposant une romance sympathique avec quelques scènes olé-olé. Très souvent, cela tourne au viol de la pauvre héroïne qui aura juste le tord d’être un peu débile. 

Je pense que c’est surtout ça qui choque l’ONU et quelques associations. Que ces jeux renvoient une image souvent très négative de la femme et que celle-ci soit conditionné à aimer leur violeur au bout du compte. C’est ce schéma, complètement burlesque qui choque plus que réellement le côté sexuel de la chose. Et d’avantage que de condamner, ne serait-il pas plus cohérent de faire évoluer les eroges dans le bon sens ? Parce que, soyons honnête, il y a assez peu de chance que le marché des eroges s’écroule, même après une décision de l’ONU. Le risque, à mon sens, c’est de voir le Japon fermer sa culture au reste du monde, limite en condamnant des sorties de jeux qui pourraient – à leur sens – être épinglés par l’étranger. 

Je ne pense vraiment pas que ce soit la solution idéale tant celle-ci risque surtout de provoquer l’effet inverse. Une sorte d’incompréhension et de censure d’un pays qui ne cesse, ces dernières années, à s’imposer culturellement en occident. Et quid des relations avec les éditeurs ? Parce que culturellement, ce rapport peut aussi provoquer, sur le long terme, une fermeture culturelle du Japon. 

L'ONU condamne les eroges et leur traitement de la femme

Conclusion 

 

Si d’un point de vue moral et concernant l’éducation numérique, ce rapport fait un grand pas dans la reconnaissance d’un type de jeu potentiellement malsain dans de mauvaises mains ; autant les effets prévus pourraient se révéler purement catastrophiques. Loin de moi dans l’idée de protéger l’industrie juste parce que je suis une otaku ; simplement il faut être réaliste : le débat tombe comme sur le sujet de la violence dans les jeux vidéo sauf que c’est sur le sexe. Et que ces jeux, en dehors du Japon, ne sortent pratiquement pas. 

Otome Time ! Satan ? T’es là ? Réponds !

Otome Time ! Satan ? T’es là ? Réponds !

Dans la vie, il y a des choix à faire ; et pas toujours professionnels. C’est pour ça que lorsque on découvre les eroges, il faut savoir dans quel pétrin on se fourre. Et pour les otoges, c’est encore pire.

Ma première rencontre avec un otoge ne fut pas une catastrophe, loin de là. Ce fut même une belle surprise. Je m’attendais à un truc affreux et abominable parce que jusque là, j’avais surtout connaissance des eroges pour hommes. Et c’était jamais très joli, sauf à de très rares occasions. Donc on se dit que pour les femmes, ça ne sera jamais aussi horrible. Détrompez-vous, Satan s’est aussi immiscé dans cette mascarade.

Mon premier otoge fut Akazukin to Mayoi no Mori et ce fut très bien. Parce que les personnages étaient tous fouillés, qu’il y avait un semblant de scénario à recomposer au travers des différentes routes et que l’ambiance était vraiment excellente, portée par la bande sonore. Mais bon, à côté de ça, il était difficile de passer outre les scènes de sexe qui alternaient le bon et le moins bon : des fois c’était carrément hardcore quand les prétendants passaient en mode « violeurs » et d’autre fois…bah ça allait quand même. Je veux dire, il suffit juste de faire SKIP et passer toutes les scènes salaces pour revenir à ce qu’on voulait voir. Mais quand même, c’était du 18+ et donc pas du tout tendre. A croire que la tendresse, c’est pour les fillettes et que dès que tu as 18 ans, on ne propose aucune transition : c’est sodomie au lit sinon rien !

Le truc c’est que Akazukin n’est pas le pire jeu en la matière ; il est même correct par rapport à d’autres. Parce que oui, j’ai eu la folie de continuer sur cette voie. Et que, inconsciemment, tu as beau de te dire que le jeu que tu viens de finir possède un peu près 60% de scènes de viol, ça ne te fait absolument RIEN. Juste parce que c’est des bishos et surtout de la FICTION. Vous savez, l’argument que les développeurs de jeux vidéo aiment mettre en avant quand les associations type Familles de France vient titiller le fait que quand même, GTA c’est vraiment trop violent. FICTION. La même quand Illusion Soft a sorti Rapelay. FICTION. Ce n’est pas la réalité.

Alors bon, je vous rassure, on ne court pas du tout après la réalité quand on joue à un otome. Encore moins à un otoge. Et je conçois parfaitement que ce type de jeux sert aussi à assouvir des fantasmes tordus, inimaginables dans la réalité. Qu’on est tous d’accord que tant que ça reste une pure fiction, on ne peut pas chercher à aller à contre-courant d’une tendance très japonaise : les eroges ont toujours été l’occasion de repousser les limites d’une vision de la sexualité bridée. Mais pourtant, j’ai été choquée à plusieurs reprises. Et pas pour les scènes de sexe non. Mais pour le propos.

C'est dur de trouver des CG de Jooubachi no Oubou softs...donc des pieds ça sera très bien.

C’est dur de trouver des CG de Jooubachi no Oubou softs…donc des pieds ça sera très bien.

Jooubachi no Oubou commençait plutôt bien. Les premières images, le synopsis et le fait d’avoir un double scénario rendait le tout vachement plus intéressant que n’importe quel otoge. Mais il faut se rendre à l’évidence, ce qui rendait le titre aussi attrayant cachait aussi une part plus effrayante : jusqu’où le titre allait aller ? Et c’est là que Satan, en bon gentilhomme, s’empara du projet pour réduire à néant les attentes des joueuses. Un scénario plus que médiocre, des personnages affreux et des héroïnes auxquelles on ne veut PAS s’identifier : Menou est l’archétype de l’héroïne d’otome trop gentille et Kaguya la folle de service. Aucun milieu. Choisi ton camp : soit une sainte nitouche ou une demeurée. Bon au moins, le scénario de Kaguya a le mérite d’offrir des scènes d’anthologies en matière d’horreur quand le pauvre Rin se fait sauvagement agressé et violé par la demoiselle. Ca change, on me dira. Mais du coup, quand ce n’est pas elle qui fait subir, c’est elle qui y passe.

Le romantisme est mort. Définitivement mort. 

J’ai vu sur The VNDB que la nana au scénario (oui c’est bien une femme derrière cette horreur, et c’est même assez fréquent dans le milieu : beaucoup de femmes écrivent des eroges, d’ailleurs l’auteur principal des jeux d’Alice Soft est une femme) n’avait pas bossé sur beaucoup de titres, notamment en matière de direction. Du coup, cela reflète l’impression qu’elle ait tout lâché en matière de fantasmes et de situations borderline, comme pour se dégager d’une certaine gêne (c’est son premier otoge).

Mais par son contenu trop extrême, le jeu perd petit à petit sa cible. Arrivé à la fin, je n’avais pas vraiment eu l’impression de jouer à un otoge. Pour certains c’est une bonne impression car cela veut dire que le jeu est sorti des clichés du genre. Pour moi, cela permet de mettre en évidence une limite du genre : un otoge se doit de rester romantique et ne pas oublier que ceux qui y jouent veulent aussi s’immerger dans l’univers. Et franchement, pas une seule fois j’ai voulu être à la place des héroïnes, ni même côtoyer les gogoles qui servent de prétendants. J’ai juste voulu oublier.

Onsem time ! Il fallait bien ça pour soulager mon esprit.

Onsem time ! Il fallait bien ça pour soulager mon esprit.

 A côté de ça, un autre jeu a particulièrement retenu mon attention : ONEDARI ShareMate. Sans connaître l’anglais, le terme ShareMate vous donne une bonne idée du pétrin dans lequel l’héroïne se met. Elle doit en effet partager une collocation avec deux autres garçons, au choix, lors de l’écran-titre. Je sais pas pour vous, mais pour moi, dans le fabuleux monde des otoges, ce genre de situation me ferrait carrément flipper et j’aurai fui depuis longtemps. Sauf l’héroïne qui décide donc de partager son quotidien avec deux mecs qui vont forcément essayer de sa la faire durant la partie. Et je vous le donne en mille : l’intérêt du soft est ses scènes à base de « threesome » où tout le monde s’envoie joyeusement en l’air (enfin en théorie car la nana donne l’impression de se faire violer, comme toujours).  Bis répetita, le romantisme est mort.

Bon après, je me dis qu’à l’inverse de Joubachi no Oubou où il y a matière à se fourvoyer, celui-là pose ses bases dès le départ et on ne peux s’en prendre qu’à soit-même si on se rend compte à mi-parcours qu’on s’est carrément gouré de jeu. Mais quand même, on est dans un cas assez inédit d’un jeu qui ne vise que le fanservice graveleux sans scénario et donc sans explication possible aux évènements. Je veux dire par là que même si certains otoges faisaient voir le pire de la chose, c’était parfois justifié par le scénario et/ou le personnage comme Yamaneko-san de Akazukin to Mayoi no Mori. C’est un personnage en tout point détestable mais qui pourtant subit un traitement scénaristique plus que poussé ; c’est même lui qui a droit à la route la plus intéressante. Du coup, on a beau exécré le personnage, on trouve presque un sens à ses actions et on lui pardonnerait presque les pires sévices qu’il a fait subir à l’héroïne.

En fait, ce qui est traumatisant c’est la violence des actes et le fait qu’ils soient associés à des fantasmes. Se dire que même si c’est de la fiction, on se fait quand même violer à l’écran. Par des bishonen. Et qu’il y a un marché pour ça. Un marché pour se faire violer mentalement à l’écran et plus si affinités. Que l’amour, c’est dépassé comme concept. Mais surtout, qu’au Japon, ils n’ont pas CE TABOU. Rentrer dans ce monde expose à des périls, alors pensez-y : vous (et l’héroïne du jeu de votre choix) allez prendre cher.

Otome Time ! Satan ? T’es là ? Réponds !