Eroge Time ! Tears To Tiara

Dans le premier Eroge Time ! Je vous ai parlé de Fate/stay night, mon tout premier eroge. Cette fois-ci, intéressons-nous d’un type de jeu qui marie deux genres qui vont bien ensemble : le RPG érotique ! Eh ouais, comme quoi les jeux hybrides peuvent donner des trucs très sympa…Pour le coup, c’est le TRPG Tears To Tiara qui tient l’affiche. 

Eroge Time ! Tears To Tiara

Au coeur des légendes arthuriennes

 

Tears To Tiara est à l’origine un jeu PC de la société Leaf, développeur d’eroges reconnu pour la qualité de ses jeux comme To Heart, White Album mais aussi Utawarerumono. La particularité de leurs jeux c’est que la majorité connaissent une sortie « tous publics », prouvant qu’à la base ils ne font pas juste des jeux de cul mais sont aussi capables de produire des histoires avec un vrai scénario. Dans le cas de Tears To Tiara, le jeu est donc bel et bien un eroge sorti en 2005 puis réédité trois ans plus tard avec de nouveaux graphismes sur PSP et PS3. D’ailleurs, ce sont les illustrations de la version PS3 (sauf pour les images In Game) que j’utilise dans l’article même si j’avoue beaucoup apprécié le design original des personnages. 

L’histoire de Tears To Tiara nous emmène dans un univers fantastique où différents Ages se sont succédés durant les millénaires, notamment l’Age des Elfes qui s’est progressivement éteint avec l’ère des Humains. Si on s’attarde sur le sujet c’est deux des protagonistes ; Arthur et Riannon sont des descendants de l’ancien roi elfe Pwyll. Au début de l’histoire, Riannon est donc capturé par un grand prêtre qui veut se servir d’elle comme sacrifice pour la résurrection de Arawn, symbole de la destruction. Evidemment tout ne se passe pas comme prévu puisque le fameux démon de la destruction s’allie à nos héros, déclenchant au passage une guerre contre l’Empire. 

Le scénario peut sembler assez moyen de base – comme dans tout bon RPG hein – mais il ne faut pas oublier que le jeu est à l’origine un eroge et qu’il se dote d’un vrai système de combat et d’une world map où l’on peut déplacer notre groupe. Cependant, on peut relever l’univers exploite assez intelligement les légendes arthuriennes avec l’Empire Romain en principal ennemi et de multiples références aux mythes de l’époque. J’avais d’ailleurs été assez surprise de voir que une partie des personnages sont vraiment tirés des mythes arthuriens. Bon évidemment, sauf le harem. 

Guerre et conquête 

 

On démarre au début de l’histoire avec les hostilités et pour une fois une importance donnée aux combats. On est donc très loin d’un TRPG asseptisé où les combats ne seraient que secondaires. Il faut donc avancer avec prudence et sauvegarder régulièrement puisque en cas d’échec c’est un game over. D’ailleurs le jeu possède plusieurs catégories de niveaux au début pour ceux qui aimeraient corser l’affaire. Le jeu n’est pas incroyablement dur puisque pour les feignants qui veulent juste se régaler sur les images de cul, il suffit simplement de chosir la stratégie de soin pour éviter de perdre trop de monde…mais encore ça ne suffit pas. Le levelling est un passage obligé, comme dans tout bon RPG qui se respecte.

Aussi, il faudra recruter, à la manière d’un Disgaea de nouveaux personnages, souvent random selon leurs caractéristiques (guerrier, paladin, prêtre, archer etc) dans l’optique de constituer une mini-armée capable de vaincre vos ennemis. La seule chose qui fera perdre un bon paquet d’heures c’est que chaque nouvelle recrue démarre au niveau 1. A l’inverse de Disgaea où l’on peut choisir, selon un système de points le niveau des personnages par rapport à son groupe, Tears To Tiara ne propose pas d’alternatives que de devoir passer par le levelling à outrance. Cependant, l’avantage c’est que l’expérience se gagne non pas car combat gagné par personnage mais par résultat de groupe et donc un personnage bas level peut très vite rattraper le groupe en quelques combats.

D’un côté purement pratique, le jeu se révèle, comme tout bon TRPG très vite addictif surtout que le post-game permet au groupe de continuer à se balader dans tout Albion. En effet, le jeu propose même des challenges post-game en affrontant d’autres ennemis plus puissants, demandant pour le coup un vrai choix de stratégie mais aussi de monter son groupe au level le plus élevé. Pour un mordu de TRPG, on ne compte finalement plus tellement les heures. Pour les autres, le jeu se finit en une dizaine d’heures. Evidemment, d’un point de vue purement RPG, le jeu est loin d’être un pur chef d’oeuvre. 

Après avoir choisi vos personnages, faites très attention à la stratégie !

Après avoir choisi vos personnages, faites très attention à la stratégie !

Le point érotique 

 

Vous l’avez compris, Tears To Tiara est aussi un eroge. Du moins dans sa version PC puisque ces scènes ont complètement disparues des versions PSP et PS3 sorties plus tard. Vous vous doutez bien que si la version tous publics existe, c’est parce que l’importance des scènes chaudes est très…anecdotique. Pour ainsi dire, durant ma partie, j’ai utilisé le fidèle compagnon appelé CTRL pour zapper les images érotiques. D’ailleurs, il faut aussi dire qu’elles avaient la particularité d’arriver…n’importe quand. Comme dans beaucoup d’eroges, les développeurs ne prennent pas la peine d’être subtils pour annoncer ce genre d’évèvements assez…embarassants.

Dans le cas de Tears To Tiara ces scènes sont du pur fan service. L’objectif n’est pas d’être exutoire masturbatoire comme dans certains jeux mais de proposer au joueur de se rincer l’oeil entre deux combats. Tout le casting féminin y passe et les scènes se révèlent bien sympathiques en soit avec l’absence de viol et de violence. Pour une fois c’est quand même appréciable même si celles-ci sont tellement hors contexte et se déroulent lorsqu’on est sur la capitale. Entre chaque chapitre de l’histoire, le groupe se retrouve à Avalon la capitale d’Albion pour s’y refaire une santé, recruter des recrues, acheter des armes etc. Et bien évidemment, Arawn (parce que oui c’est lui le héros et par Arthur en fait) ramone les filles après deux phrases de dialogue.

Finalement, les scènes érotiques ne sont qu’un bonus In Game. Il n’y a aucun choix à débloquer. D’ailleurs le jeu est linéaire et ne propose aucune variation de scénario et de développement. De ce fait, il n’est pas étonnant que les scènes de cul aient complètement disparues à la suite du portage sur consoles tellement elles étaient inutiles. Là où le jeu aurait pu proposer une romance autour des personnages féminins et pourquoi pas un système de héros à la Ef – a fairy tale of two, on est finalement face à un jeu assez pauvre, du moins autour des finalités. 

Eroge Time ! Tears To Tiara

Conclusion 

 

Tears To Tiara est un jeu sympathique à l’univers qui m’a pour ma part beaucoup attiré. J’ai toujours adoré les légendes arthuriennes et pour une fois on peut dire que le jeu ne se permet pas trop de transgressions japoniaises. Si vous aimez les TRPG vous allez passer un bon moment, plus que si vous regarder l’adaptation en anime. Sortie en 2009, celle-ci se révèle bien moins attractive par rapport au jeu. Il faut dire, les personnages n’ont pas de personnalités marquées et l’essentiel de l’histoire tourne autour de Arthur, Arawn et Riannon. 

Je vous laisse avec une OST celtique tirée de la version PC. 

Le prochain Eroge Time ! sera sur Ef – a fairy tale of two.

Otome Nightmare ! Jooubachi no Oubou

On va me dire que je radotte car j’ai déjà parlé de cette horreur dans un précédent article, dénonçant le fait que ce jeu avait été fait par Satan lui-même. Croyez-le ou pas mais je me suis décidé à faire un vrai article dessus, histoire d’exorciser mes démons mais aussi de montrer que les otomes games ce n’est pas que des poneys qui chevauchent des arcs-en-ciel. 

Ne vous fiez pas aux apparences. Ce jeu est horrible.

Ne vous fiez pas aux apparences. Ce jeu est horrible.

Pour une fois que les démons…sont de vrais demons. 

 

Jooubachi ni Oubou est un otoge de la société Pure Wool qui s’est lancé sur le marché des otomes games en 2014 ; bien tardivement donc. Et ils ont plutôt bien préparé leur entrée fracassante puisque avant d’éditer leur jeu, ils l’ont décliné en 2013 sous forme de drama CD. Pour les non-initiés les drama CD sont des histoires audio où un narrateur et les personnages racontent des petites scenettes. Les drama CD sont souvent vendus en bonus autour d’un anime, un manga ou même un jeu vidéo. Très souvent, ce type de produit dérivé est destiné aux fans qui en veulent forcément toujours plus. Concernant les otomes games, c’est un type de produit très répandu, souvent vendus en bonus audio dans l’optique de rapporter du blé continuer à maintenir la hype. 

Pour Jooubachi no Oubou, l’inverse s’est produit : la société a d’abord édité des drama CD érotiques autour du jeu pour tester le public. Devant les bons retours, le jeu fut alors produit. Autant dire que à la base, le jeu vise un public très ciblé et que le côté trash mais aussi mature ont fait parti des arguments de vente du studio. Il est vrai que les otomes games sont souvent très shojo dans leur esprit et leur design ; je pense par exemple aux jeux de Mirai-Soft auxquels je n’ai jamais accroché. De ce côté-là, Jooubachi no Oubou propose réellement un univers et un design très particulier, très éloigné des standards. Il faut donc impérativement accroché au chara-design. 

L’autre particularité du jeu c’est qu’il possède deux héroïnes : Menou et Kaguya. Et par conséquence, il fut vendu en deux parties, chacune pour chaque greluche. Ca sent un peu le pigeonnage ? D’autant plus que chaque héroïne possède trois prétendants. Mais bon, rassurez-vous, vous en aurez pour votre argent : les deux jeux sont relativement longs. Mais là où on aurait pu s’imaginer un scénario en conséquence bien complexe et mature, le jeu va malheureusement s’embourber dans tous les clichés des eroges. 

Les mâles gravitant autour de Menou.

Les mâles gravitant autour de Menou.

Fourberie

 

L’histoire de Jooubachi no Oubou nous entraîne dans un monde fantasy-médiéval où les abeilles dominent le monde. Menou et Kaguya sont toutes les deux prétendantes au trône et vont indéniablement s’entretuer assez joyeusement pendant que leurs gardes du corps vont tenter de copuler avec elles. A leurs risques et périls. Parce que si le jeu possède son lot de scènes de viols, les filles passent aussi du côté obscur de la force – ça change on me dira – pour faire subir aux mecs les pires horreurs. Surtout Kaguya qui est véritablement sado-maso et qui n’hésite pas à humilier sexuellement Rin, l’un des gars qui l’accompagne. 

Si, très souvent, dans les otomes games, on est outré de voir nos théieres sur pattes se faire ramoner par tout le service, l’inverse ne parait pas toujours de bon sens. On est géné et choqué de voir que l’opposé ne ramène aucunement une sorte de légitimité, ni même de logique. Etonnant ? Pas tellement en fait. Autant on peut blâmer que la femme soit souvent maltraité, même dans un otoge, autant on ne combat par ce fait par un autre plus effroyable. Je me suis souvent demandé ce que je regardais tellement c’était imbuvable mais aussi, n’ayont pas peur des mots : incroyablement mauvais.

Alors, vous me dites, mais le scénario ? Ben..il y en a pas. C’est bien pour ça que je ne me suis pas attardé à aller plus loin que le synopsis de base. Tout simplement car il n’y a pratiquement aucun développement et que les héroïnes ont autant de QI qu’une moule lobotomisée coincée sous une plaque de ciment. C’était pourtant bien parti avec un univers crado au possible, des personnages bien classes et délurés et un postulat de base qui amenait de véritables enjeux pour nos deux héroïnes en carton-pâte. Mais comme dans beaucoup d’eroges, le scénario fait vite place à des scènes olé-olé et de tortures. Parce que tant qu’à faire, autant garder l’intérêt premier de ce type de soft quand on a rien d’autre à vendre. 

Certaines CG sont quand même bien jolies.

Certaines CG sont quand même bien jolies.

Un cauchemar qui ne se finit pas

 

Le plus dramatique avec Jooubachi no Oubou c’est que le jeu ne pose aucune demi-mesure et qu’au fur et à mesure que les scènes sont intenables, on se rend petit à petit compte que la soi-disante maturité du soft est une mascarade qui profite des éléments les plus horribles pour façonner l’image d’un jeu qui vend un univers trash. Malheureusement, pour un jeu aussi long, on en attendait bien plus de l’univers et des personnages. J’en suis ressortie très déçue – et je ne suis pas la seule en parcourant certaines critiques sur la toile, reprochant toutes la même chose – mais aussi particulièrement choquée par le contre-pied même de la représentation de l’horreur. Comment peut-on fantasmer là-dessus ? 

Clairement, c’est un jeu que ne recommande pas, même pas en tant qu’ero-otome. Il fait très mal son boulot et ressemble juste à la quatité d’autres eroges sans apporter une touche dite « girly ». 

Trop de jeux déconseillés aux moins de 18 ans ? Explications

Il a bien une chose qui n’a pas dû vous échapper depuis plusieurs années, c’est l’abondance de jeux vidéo marqué d’un gros macaron rouge avec écrit « 18 » soit pour « déconseillé aux moins de 18 ans ». Déconseillé oui, pas interdit, car il n’y a pas de législation d’Etat autour de ce système. On est donc dans une optique de simplement avertir les potentiels acheteurs et parents autour de la violence d’un jeu vidéo. Et si il y a bien une chose qui marque le jeu vidéo ces derniers temps : c’est la sur-représentation de jeux video violents, au point que les amagalmes furent rapidement fait après les attentats à Paris en novembre dernier. Mais au final, il y a t-il autant de jeux vidéo hyper-violents ?

Zone of the Enders, la version HD a écopé d'un beau macaron rouge. Inexplicable.

Zone of the Enders, la version HD a écopé d’un beau macaron rouge. Inexplicable.

Réalisme et représentation de la violence 

 

Le principal moteur pour expliquer cette sur-évaluation des jeux vidéo tient d’un argument tout à fait explicable : le réalisme. Les jeux vidéo, au fil des années, ont gagné en réalisme et en représentation d’univers beaucoup plus violents, matures et sanglants. Ou du moins, ce qui paraissait moins violent avant le devient forcément plus aujourd’hui. Mais cette sévérité dans l’attribution de la classification PEGI (passage obligé pour les éditeurs pour voir leurs jeux commercialisés : la majorité des enseignes se refusent à vendre des jeux qui n’ont pas d’étiquettes PEGI) tient de l’abberation. 

Autant il est normal de donner une classification élevée à des jeux qui comportent des scènes de violence insoutenables, autant il est difficile d’expliquer comme un jeu relativement sain comme Tales of Zestiria ait écopé d’un -16. 

Parce que, soyons honnête, on est loin d’une saga sanglante même si, dans la majorité des RPG, on est des tueurs en série en dézinguant tout sur notre passage. Mais mince, c’est pas Drakengard. Ni même NieR qui lui eu droit à un beau macaron rouge. Et si le jeu fait effectivement pas du tout dans la dentelle (mais voilà Taro Yoko n’a jamais fait dans le bisounours), on est loin d’une oeuvre horrible et d’une violence inouie. On pourra également repasser sur la classification des Final Fantasy. Depuis l’épisode XII, la série se voit déconseillé aux moins de 16 ans. Et s’il est vrai que le jeu bénéficia d’une réalisation et de graphismes époustouflants, la violence n’est pas moindre mal. On peut se reposer sur le contexte de guerre qui rend le tout relativement violent. Mais franchement : si un jeu vidéo ne repose pas sur un contexte propice aux conflits, quel intérêt d’écrire la moindre histoire ? Même les jeux de plateforme ont des ennemis et un contexte où l’on doit affronter en affronter. 

A côté de ces choix de classifications hasardeux, certains jeux étaient justement relevés en terme de classification. C’est le cas de GTA. Autant les deux premiers sur PS1 ne sont pas hyper violents – les graphismes d’époque ne permettent pas de mesurer une représentation très réaliste de la violence – on reste  cependant dans un contexte bourrés d’actes immoraux : on tue et on écrase des innocents sous fond de missions à remplir pour le compte d’un gang. Logiquement le jeu se retrouve avec une mention -16 en vue de sa violence. En 2001, GTA III sort et devient le jeu vidéo le plus vendu de cette génération. Un open world gigantesque qui met le monde par terre, un univers incroyablement réaliste…et une violence brutale qui transformera le jeu en bouc-émissaire pour les associations anti-jeu vidéo. 

Le problème c’est que le jeu gardait sa classification -16. Et à côté on retrouvait d’autres jeux avec une classification justifiée mais avec une image d’hyper violence par rapport aux GTA-like. Comment expliquer à ses parents que Devil May Cry est clairement pas aussi violent que GTA, qu’on affronte des monstres et qu’on sauve le monde ? Mais les deux jeux partagent la même classification. Et au moins, depuis GTA Saint Andreas, la saga de Rockstar bénéficie du label rouge. 

Déclassage progressif du -18 

 

Les jeux déconseillés aux moins de 18 ans sont aujourd’hui nombreux et la question qui se pose souvent : est-ce bien nécessaire ? Et surtout, cette classification ne dévalorise-t-elle pas l’utilisation de la classification d’âge la plus élevée ? 

L’utilisation massive du PEGI 18 tend à amoindrir sa force. Là où c’était avant une véritable sanction pour les jeux – d’ailleurs certains éditeurs faisaient en sorte de ne pas être classifiés au dessus d’un certain seuil pour éviter les répercussions économiques – aujourd’hui le macaron rouge est devenu un véritable argument commercial. Du coup, il est difficile pour l’organisation PEGI de faire valoir d’une vraie dénonciation en matière d’ultra-violence par rapport aux logiques commerciales qui font baver les morveux. 

Si de tout temps, l’ultra-violence a fait vente auprès des amateurs du genre, force est de constater que celle-ci ne constitue même plus un socle de maintien dans l’univers vidéoludique : là où le jeu vidéo s’est voulu aussi destiné aux adultes avec des titres plus matures abordant des thèmes moins enclin à être porteurs auprès du jeune public. Et si dézinguer du monde n’a jamais fait de mal, cette « surenchère » de violence ne fait qu’accentuer l’amalgame entre l’ultra violence et la présence de ces jeux « -18 ». 

Final Fantasy XII, premier épisode de la série a écopé d'un -16 pas vraiment justifié...

Final Fantasy XII, premier épisode de la série a écopé d’un -16 pas vraiment justifié…

Mais surtout, ce déclassage de la classification ne provoque qu’un nivellement vers le bas en matière de pédagogie vidéo-ludique. Là où la classification PEGI se devait être une véritable force de frappe en matière d’éducation numérique en proposant un système pour éclairer les acheteurs sur la potentielle violence d’un jeu vidéo, on se retrouve avec un système mal fichu et mis en berne par des logiques commerciales. L’effort donné à l’éducation numérique tend à être de plus en plus difficile à exploiter dans une optique d’éducation aux jeux vidéo.

Du coup, l’explication autour de la présence aussi paradoxale du -18 sur beaucoup de jeux vidéo et le fait de voir autant de jeunes y jouer tient autant d’une logique de communication marketing qu’une totale méconnaissance du système, relayé par l’action de l’organisation PEGI à ne pas réadapter son système aux jeux vidéo actuels. Le réalisme, argument solidement amené par une progression dans l’évolution des graphismes tend à devenir un argument boiteux étant donné que tous les jeux jouent désormais dans la même cour. Alors, entre condamnation autoritaire de jeux vidéo face au public et justification de la violence, quelle approche devons-nous appréhender ? 

Une réappropriation du système à envisager ?

 

Le système de classification actuel doit évoluer, et du moins prendre en compte des réalités concernant le marché vidéo-ludique et en conséquences, adapter la classification selon des choix réellement pertinents, au-délà de la simple représentation graphique de la violence. Ainsi, la classification -18 redeviendra ce qu’elle est censée être : la représentation de jeux à la violence réellement inouie, difficilement supportable. Et non plus de cette violence banalisée. 

Otome Time ! Under the moon

Décidemment, vous en avez pas fini à me voir parler d’otome games sur le blog puisque cette semaine je continue à vous présenter des jeux qui m’ont plu. Après Asaki Yumemishi et Akazukin to Mayoi no Mori, voici Under the moon de Sugar Beans. 

Otome Time ! Under the moon

Les démons sont vos amis 

 

Under the moon est développé et édité par Sugar Beans, une société spécialisé dans la distribution d’otoges, ces fameux otomes games érotiques. Eh oui, encore un me dit-on ! Mais rassurez-vous, ça sera probablement le dernier dont je parlerai un minimum en bien. Il faut dire, même Sugar Beans a réussi à descendre au 30ème sous-sol avec leur dernier projet Vampire Sweetie, une daube infâme qui m’a complètement dégoutée. C’est dommage car avec Under the moon, le studio commençait à développer ses propres univers et une narration multiverse. En effet, deux ans après Under the moon, le studio réalise Ijiwaru My Master qui se déroule dans le même monde. Du coup on y retrouve quelques personnages en clin d’oeil et le jeu se permet même de développer un peu le monde des démons. 

Dans Under the moon vous incarnez Ashe, la princesse des démons qui est forcément une gourde bien pleine puisque malgré sa naissance royale elle ne peut accéder au trône. C’est à ce moment-là que des démons se mettent à attaquer le château dans l’optique de destituer le roi – donc le père de Ashe. Cette dernière décide à fuir avec son chat Kyle mais se retrouve embarquée dans une faille spatio-temporelle et attérri dans le monde des humains. Sans pouvoirs magiques, sinon c’est pas cool. Pour ne pas arranger la situation, des anges se mettent à l’attaquer régulièrement et elle se fait donc sauver à plusieurs reprises par d’autres démons, donc Leni et Seizh, les jumeaux démons que Ashe essaient de convaincre – avec difficulté – de revenir dans le monde des démons pour lui restituer le trône. Et c’est mal barré.

Evidemment le scénario n’est pas hyper original, il ne faut pas oublier que c’est un jeu de drague et que l’objectif du jeu est de finir avec un des bisho à disposition de Ashe. Mais disons que les différentes routes, principalement celles de Leni et de Seizh se révèlent bien surprenantes dans leur développement et même leur dénouement. Et d’ailleurs, un préquel sous la forme d’un fan-disc est sorti en 2007, racontant alors les évènements d’avant Under the moon. Si la compréhension des évènements permet de mieux saisir les actions des personnages, il est dommage de perdre alors l’intrigue principale qui est dévoilée petit à petit dans le jeu. 

Otome Time ! Under the moon

Un monde moins rose-bonbon qu’il n’y parait

 

Au niveau des personnages, je dois dire que le jeu ne renouvelle pas vraiment le genre mais ils ont tous leurs personnalités et leurs histoires qui les rendent intéressants. Le seul bémol, à l’instar de Akazukin to Mayoi no Mori, c’est qu’en dehors des vraies fins, les autres sont vraiment mauvaises : soit on se fait tuer, soit on se fait violer puis tuer…BREF c’est pas super la joie. Fort heureusement on est pas obligée de les compéter à 100% pour débloquer le personnage mystère. Mais il faut avouer que le comportement de certains personnages, notamment Sena interroge un peu tant c’est déroutant. 

En fait, une grosse partie du plot est desséminé entre les routes de Leni et Seizh. Il y a bien Kyle qui apporte aussi un certain nombre d’éléments plus ou moins importants et d’ailleurs, ayant commencé par sa route, j’avais été étonné de voir l’importance des deux jumeaux dans la route d’un autre personnage. Et c’est pratiquement le cas sur toutes les autres en fait. On se doute alors, très vite, que le gros du morceau n’est finalement pas si loin. Une fois la conclusion amenée, on a beaucoup plus de mal à jouer les autres personnages ; mais c’est d’avantage par l’histoire autour de Leni que le fait que les autres soient moins importants vis à vis du scénario. 

Concernant le jeu en lui-même, celui-ci a une structure globale très simple reposant sur un tronc commun et des choix en faveur des personnages. De ce fait, une fois qu’on a complété plusieurs fins, les scènes peuvent se révéler répétitives. Cependant, en plus de ces choix – faciles – le jeu possède une balance en haut de l’écran qui indique des choix plus complexes qui vont concerner le rapport avec nos prétendants. Une fois sur une route, cette balance ne peut être modifiée et les choix restants vont surtour orienter les fins : à savoir une issue ou non heureuse avec votre grand amour. 

Otome Time ! Under the moon

Conclusion

 

Under the moon ne révolutionne pas du tout les otoges dans son fonctionnement, ni même son scénario. Mais j’avoue avoir bien aimé les personnages qui sortent un peu des sentiers battus avec des caractères qui évoluent en fonction des choix effectués. Du coup on évite le syndrome du stérétoype qui n’évolue pas d’un iota pour cause de feignantise. Le jeu fut aussi porté sur PS2 en 2009 dans une version dite « tous publics », donc amputée des scènes de sexe mais contenant de nouvelles images et un nouveau scénario.