Japan Expo : bienvenue au supermarché des contrefaçons

Japan Expo, c’est dans 2 semaines, l’occasion de revenir sur la plus grande convention d’Europe mais aussi d’alerter les nouveaux venus – même habitués tant qu’on y est – sur la réalité de ce supermarché de l’otaku.

Japan Expo : bienvenue au supermarché des contrefaçons

Pourquoi aller se foutre dans cette galère 

 

Japan Expo est souvent l’occasion d’y rencontrer du monde puisque c’est le lieu où convergent tous les otakus dans leur grande sortie annuelle (et grande sortie tout court, bon j’arrête d’être méchante). C’est surtout l’occasion de pouvoir déposer un prêt bancaire pour pouvoir y acheter des tas de choses inutiles qui font notre bonheur malheur. En effet, le salon, d’abord culturel, est considéré depuis un bon nombre d’années comme un supermarché où l’essentiel de l’activité est concentrée sur les stands commerciaux. Rassurez-vous, on peut cependant repartir avec beaucoup de choses sans dépenser un rond ou presque. La magie du merchandising. 

Croyez-moi, lors de votre première visite, vous risquez bien de céder à l’appel de l’achat compulsif en voyant tous ces stands magnifiques bourrés de contrefaçons où votre porte-monnaie criera au désespoir. Oui, on a tous profondément merdé durant notre première Japex. Parce que on perd rapidement la tête dans ce dédale de magasins et de goodies tous plus géniaux les uns que les autres. Mais rassurez-vous, vu qu’on est tous passé par ces conneries, c’est justement parce qu’on y prend beaucoup de recul au fil des années. 

En réalité, Japan Expo vaut surtout le coup d’y aller, au moins une fois. Vous n’êtes pas obligé de détruire votre porte-monnaie puisque dans cette foire otaku, il y a nombre de dangers. Non je parle pas des IRL où on apprend la jeune fille avec qui on discute depuis six mois est au final un jeune homme. Non, ce genre de dangers sera l’objet d’un prochain article ! Pour l’instant, concentrons-nous sur l’essence même de Japan Expo : l’achat de japoniaisesconneries.

Campagne contre la vente et l'achat de contrefaçon par les douanes françaises.

Campagne contre la vente et l’achat de contrefaçon par les douanes françaises.

Le fleau de la contrefaçon 

 

Constant souvent alarmant lorsque on parle de goodies japonaises, c’est l’essor des articles contrefaits. Mais si, vous savez, ces casquettes et lunettes de « marque » que vous vendent quelques vendeurs sur les marchés l’été pour vous donner l’air cool mais qui en fait sont des produits illégaux. Bah c’est la même dès qu’on parle des goodies du Japon. En grande partie parce que c’est aussi cher que les trucs de marques et pas vraiment accessible à l’adolescent fan de culture japonaise. Du coup, comme on sait que les japoniaiseries ça touche surtout les jeunes, c’est quand même bête de ne pas leur donner l’occasion de pouvoir aussi se pourvoir en objets otakus. Et c’est ainsi que pour contourner les prix complètement aberrants du marché japonais, les produits contrefaits se sont faits une place de choix. Un peu partout. 

Raton a déjà fait un article complet sur le sujet mais il n’est pas inutile de faire un gros rappel de temps en temps. Surtout que ce genre de stands continuent de polluer les salons japoniais. Même Epitanime cette année y a eu droit et l’équipe organisatrice s’est sentie obligée de se justifier sur Twitter. Quand on vous disait que c’est un fléau…qui atteint même vos propres boutiques « mangas » proches de chez vous. Comme quoi, difficile de ne pas se faire avoir. Même moi j’y ai eu droit. En effet, quand j’étais jeune sans tunes mais surtout très naïve conne plutôt je croyais en la fiabilité de mon magasin. C’était quand même plus pratique de se fournir directement dans une boutique que de devoir prier que la Poste ne perde pas les colis super chers rares.

Comme quoi, éviter les articles contrefaits ce n’est pas une mince affaire. Dans mon cas, ça s’est limité à quelques CD d’OST de séries et de jeux vidéo à des prix honteusement peu élevés. Mais bon voilà hein ! Quand vous allez dans un magasin de fringues, vous vous mettez pas à douter que le-dit t-shirt est une contrefaçon hein ? Eh ben pareil pour les articles japoniais : vous comptez trop sur la bonne foi des vendeurs, même quand ceux-ci ne sont pas réellement au courant (en fait si). 

Reconnaître des produits contrefaits

 

Alors là je dois vous avouer que l’on arrive en terrain miné dans la mesure où reconnaître du HK n’est pas une mince affaire. Déjà parce que les produits sont souvent plastifiés pour protéger vous arnaquer et que la reconnaissance des caractéristiques de la contrefaçon ne sont pas toujours clairs. D’autant plus que d’années en années, les produits contrefaits deviennent de plus en plus difficiles à être identifier grâce à la fourberie des fabriquants de ces merdes. Pour autant, il y a des signes qui ne trompent pas comme le prix par exemple. 

Si vous avez l’habitude d’acheter des japoniaiseconneries, vous savez à quel point c’est cher et que votre banquier vous appelle aussitôt pour vous demander c’est quoi ces honteuses sommes débitées de votre compte courant. Le pire étant pour les éditions DVD/BR des animés où les prix sont complètement hallucinants. Mais bon, ça encore, on s’en fout vu que le marché de l’animation japonaise est plutôt bien servi en France grâce aux éditeurs locaux. Une chance jusqu’au jour où les japonais voudront eux-même gérer l’édition…ce qu’ils font déjà (coucou Bandai). BREF, dites vous que de base, c’est cher. 

L’un des produits les plus contrefaits est le CD audio. Les OST de séries et de jeux vidéo se vendent comme des petits pains car les fans aiment pouvoir écouter les morceaux emblématiques dans leur station radio. Comme il est très simple de réaliser des copies audio, les OST contrefaites polluent absolument partout. Et si il fut un temps où c’était très simple de reconnaître la copie, autant aujourd’hui c’est plus compliqué. Reste la présence ou non du logo de l’éditeur. Si vous êtes fan, vous connaissez généralement les producteurs et éditeurs de vos séries/jeux préférés. En cas d’absence de logo, alors c’est de la contrefaçon ! 

Allez, jouons un peu : laquelle est la version originale ?

Allez, jouons un peu : laquelle est la version originale ?

De l’art de savoir ou non de déceler les contrefaçons

 

Si pour les disques c’est assez fastoche, ça l’est beaucoup moins pour les autres produits, artbook notamment. Souvent entièrement plastifiés pour éviter que des abrutis viennent salir les pages, les vendeurs se permettent donc de vendre ce qu’ils veulent en matière de déchets papiers sans que ça vous fasse « tilt » dans votre tête. Les figurines sont aussi touchées par ce fléau et quand on connait leur prix réel, autant vous dire que ça peut très vite devenir honteusement dégueulasse de savoir qu’on vous a vendu une cochonnerie à la place de votre waifu. Ce dossier de La Cité des Nuages résume bien comment déceler les erreurs de fabrication sur les moules de figurines. 

Le problème de déceler la contrefaçon c’est qu’en convention on a rarement le temps de le faire. Happer dans l’otakusphère avec tous ces stands pleins à craquer d’objets et sous l’oeil bienveillant des vendeurs on ne fait que acheter sans se soucier de savoir si on vous a vraiment vendu un produit du Japon ou une merde de Chine/Hong Kong/Taiwan. Ne vous en voulez pas, ce n’est pas vous qui devez culpabiliser mais bien ces vendeurs qui n’hésitent pas à vous vendre ces produits sous couvert d’avoir de gros soucis avec les douanes françaises. 

Reste que la meilleure manière d’éviter les contrefaçons, c’est d’éviter d’acheter à Japan Expo. Je sais c’est surement un effort incommensurable quand on est dans une foire japoniaise qui vous vend des trucs vachement cool à tous les coins des allées. Mais en plus d’être mauvais pour votre groove, c’est surtout mauvais pour votre porte-monnaie qui voit donc vos économies partir dans des conneries contrefaites plutôt que de servir la culture japonaise. 

Japan Expo : bienvenue au supermarché des contrefaçons

Conclusion 

 

Finalement, Japan Expo est un évènement unique qui permet de faire des rencontres formidables et de sentir la culture japonaise importante le temps d’une semaine. Mais soyez attentifs : ne balancez pas votre argent dans n’importe quoi ! Privilégiez les stands éditeurs officiels (oui même Square-Enix et ses produits honteusement chers) mais aussi les stands amateurs et de fans. Vous y gagnerez beaucoup plus en dialoguant avec des fans, des vrais et non pas avec des crapules vous vendant leur camelotte. 

J’en profite pour vous annoncer que je serais présente les 4 jours à Japan Expo au stand de l’AEUG. Si l’envie vous dit de venir me voir pour discuter erogeotome gamehentai ou simplement de Gundam et de comprendre comment une série pour vous rendez maboul, n’hésitez pas ! 

8 réflexions sur « Japan Expo : bienvenue au supermarché des contrefaçons »

  1. Article très sympa 🙂 Je passerai sur le stand de l’AEUG en espérant entendre des gens chanter du JoJo x)
    Je commande quasiment tout via Amiami ou directement via un importateur Suisse pour éviter les emmerdes maintenant. Je me fais clairement avoir avec les frais de douane, mais au moins j’ai de l’officiel. Sinon, le meilleur moyen de faire des affaires, c’est d’acheter directement ses figurines d’occasion à Akihabara 😀
    La pire arnaque sur les salons, c’est ceux qui vendent du faux au prix de faux, mais du faux au prix du vrai juste à côté. Logiquement, tu te dis que les premiers sont du faux, mais que vu le prix des seconds, ce doit être du vrai ! Bon, maintenant comme je suis plus ou moins un expert en figurines, je n’achète plus que sur les stands officiels à JE.
    Les seules fois où j’achète du faux en connaissance de cause, c’est pour les dakimakuras, car c’est un marché assez… particulier. Il y a peu d’original ! Le dernier jour de la JE, il y a moyen de récupérer des fourres pour pas trop cher (t’économises les frais d’envoi depuis la Chine quoi !).
    À noter finalement que tous les artistes qui vendent des fanarts, doujins, du pixel art ou des bijoux à l’effigie d’un héros d’une série ou je ne sais quoi… C’est aussi du pirate ! Toutefois, je pense qu’il faut faire deux poids deux mesures et j’achète volontiers des produits aux artistes amateurs, même s’ils n’ont pas la bénédiction de Shueisha ou de la Pokémon Company.

  2. Merci beaucoup pour ton commentaire 🙂 Et on t’accueille avec plaisir sur le stand de l’AEUG 🙂

    Sinon oui pour les stands amateurs c’est du pirate MAIS je mets cette catégorie de goodies à part dans le sens que ce sont des fans qui te vendent des produits sympas et non pas des vendeurs crapuleux qui te vendent des trucs contrefaits vendus comme officiels (et c’est là le point central du problème) . Je me dis qu’au moins, au lieu d’acheter une figurine HK sur un stand bidon, le porte-clé chopé sur un stand amateur c’est toujours moins mauvais dans l’esprit.

    Mais sinon oui, faut déménager au Japon et dévaliser Akihabara 😀

  3. Très bon article, méfiez-vous également des produits très/trop cher qui sont proposés à la vente.
    Le marché de l’otakusphere est quand même un peu plus simple maintenant: Déjà on a le smartphone pour aller checker sur HLJ (ou si c’est un produit en boite demandez à l’avoir en main et cherchez le prix en Yen). Avec un peu d’organisation on peut connaitre la « gamme de prix » de certains produits comme les maquettes Gundam ou les figurines.
    Après malheureusement le marché du DVD d’anime a aussi ses bêtes noires, il y a quelques années on voulait me refourguer le coffret « Macross » qui est interdit à la vente pour une histoire de licence/droit et le vendeur voulait profiter de cette « rareté » pour le vendre plus cher.

    Bon j’avoue j’ai été vendeur sur un stand de Japan Expo plusieurs années donc ça aide pour connaitre les bons produits :p

  4. Merci pour ton avis 🙂

    J’ai pas parlé qu’effectivement il y a fourberie par le prix honteusement élevé (plus honteux que le prix de base qui est indécent) mais je ne sais pas si ça marche ! Quoique y’aura toujours des pigeons partout XD

    Et ouep, ne pas hésitez à consulter les sites de ventes japonais pour les prix ^_^ en admettant qu’ils appliquent la TVA dessus ? :p

    Pour les DVD ça doit être en voie de disparition avec Anime-Store qui brade tout à 10euros depuis des années…

  5. C’est un très bon article, j’adore ! C’est vrai qu’on retrouve beaucoup de contre-façons, autan, en ce qui concerne les conventions, je ne m’y connais pas trop, mais rien que sur internet, il y a toujours un risque, il faut toujours comparer le produit que l’on veut acheter avec plusieurs photos du produit original (et c’est pas toujours suffisant >3<). Bref, merci pour cet article !

  6. Coucou !

    Merci beaucoup 😀

    Sur Internet il y a aussi du risque mais moindre si on passe uniquement par des sites japonais. De plus en plus (AmiAmi, HLJ) sont désormais en langue anglaise donc ça favorise l’achat de goodies directement sur le sol japonais. Bon le compte en banque pleure par contre XD

  7. J’aime beaucoup le ton que tu prend dans cette article, cela donne un côté plus drôle (alors que le sujet ne l’est pas trop)
    Je vais à Japan Expo (d’ailleurs je vais essayer de passer à ton stand), mais j’étais déjà au courant des contre-façons, d’ailleurs, j’y fais super attention (parce que la figurine que ce casse en deux jours non merci). Par contre, je ne pensais pas que les OST été autant « contrefait » (ça se dit?).
    En tout cas merci pour cet article très instructif!

  8. Hey 🙂

    C’est vrai que se faire arnaquer c’est pas drôle du tout mais je me dis que ça ne sert à rien de faire culpabiliser les gens, d’autant plus qu’on s’est tous fait avoir au moins une fois !
    Si tu passes au stand n’hésites pas à demander une Wendy/Amandine ! Je serais ravie de t’y croiser 🙂

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