Beyond Two Souls : quand le jeu se prend pour un grand film

Beyond Two Souls : quand le jeu se prend pour un grand film

Beyond Two Souls est un jeu vidéo sorti sur PS3 en 2013 puis réédité sur PS4 (en duo avec cette purge de Heavy Rain) fin 2015. Ce fut l’occasion pour moi de découvrir ces deux jeux souvent assez décriés car « pas vraiment des jeux vidéo » notamment Beyond Two Souls donc les critiques furent mitigés. Mais qu’en est-il vraiment ? 

Mauvaise trajectoire 

 

Je vais être honnête : c’était mal parti pour que j’apprécie Beyond Two Souls. Vraiment mal parti. J’avais détesté Fahrenheit sur PS2. Un gameplay moisi d’abord (les tutos c’est pour les nazes) et pas vraiment adapté à la console et une narration lente malgré un gros effort de mise en scène. J’en garde donc un souvenir assez mauvais, particulièrement parce que j’ai dû m’y reprendre à 4 ou 5 fois pour me mettre au jeu. 

Et c’est pas vraiment mieux pour Heavy Rain où la seule chose qui m’a motivé à aller au bout est son scénario. Simpliste et efficace, on y retrouve beaucoup l’ambiance du film Seven. Mais le plus dramatique dans ce jeu est son gameplay moisi au possible tuant tout plaisir de jouer. Autant faire un film plutôt que s’embêter à demander au joueur de balancer la manette dans la pièce pour effectuer une action contextuelle. Et quand vous commencez à pester parce que ça fait dix minutes que vous arrivez pas à ouvrir une porte, ça devient rapidement agaçant. Très agaçant même. 

Autant dire que à commencer Beyond Two Souls j’avais de grosses craintes, fondées par le fait que le jeu s’était pris une volée de critiques (là où les autres s’en sortaient encore avec de bons avis) mais aussi par la peur de retrouver un gameplay casse-pieds. Que ce soit du film interactif ne me dérange pas du tout (je vous l’ai pas encore dit mais j’ai adoré Until Dawn) mais il est important, dans ce genre de jeu, que le gameplay et la narration fonctionnent ensemble pour que le joueur soit dans l’ambiance sans se poser des questions techniques sur comment ne pas trébucher par terre. 

Beyond Two Souls : quand le jeu se prend pour un grand film

Te poses pas trop de questions ? 

 

Je vais couper court au suspens : j’ai aimé Beyond Two Souls. Beaucoup. Enormément. J’ai été touchée malgré la narration complexe et lourde par la vie de Jodie. La narration découse un procédé pas très subtil souvent utilisé au cinéma pour donner de l’épaisseur aux personnages, construire l’intrigue mais aussi la résoudre. Dans un jeu vidéo, il est rare de voir une intrigue aussi décousue formées dans le cas présent de passages de la vie de Jodie. On passe ainsi de scènes de sa vie d’adultes à son enfance mais aussi son adolescence. Pour autant, les scènes sont plutôt bien construites et amenées pour ne pas paraître trop inefficaces. 

On assiste plus qu’on décide de la vie de Jodie et on n’a donc pas de réponses immédiates aux choix effectués. D’un autre côté, le jeu empêche l’échec (sauf à la fin), ce qui se traduit par une facilité presque déconcertante : peu importe qu’on échoue, le jeu continue. Mais c’est aussi une force : le joueur n’est pas en phase de réflexion par rapport aux choix effectués et choisi donc pour poursuivre selon ce qu’il décide sans passer par la case de « fin brutale ». 

Concernant le gameplay, il est effectivement d’une facilité déconcertante mais pas seulement. Il est aussi remarquablement simplifié. Et ça, c’est une pure bénédiction ! Alors certes, ça fait qu’on joue pas vraiment à un jeu vidéo mais enfin on est plus à balancer la manette à travers la pièce. OH JOIE. Profitons enfin pleinement du film. Pardon, du jeu vidéo je voulais dire.

L’OST est digne d’une composition cinématographique de qualité.

Une histoire bouleversante et une conclusion prodigieuse

 

Happée dans l’histoire et les personnages, ma seule crainte fut la fin. Dans ce genre de récit rempli d’émotions, de personnages forts et d’évènements importants, il n’est pas évident d’y donner une conclusion. Notamment parce que après tout les révélations et ce qu’on a traversé, il faut pouvoir retourner une nouvelle fois le joueur en bourrique. Et pour le coup, ce fut totalement réussi. Alors peut-être parce que je suis trop naïve mais je dois dire que je me suis aussi coupé d’Internet pour profiter du jeu sans se faire spoiler méchamment (ce qui est rapidement débile vu que c’est le principal moteur du jeu).

Le jeu possède de nombreux moments forts, larmoyants. Les sans-coeur vous diront que c’est de « trop », que il y a beaucoup trop de clichés. Certainement mais moi j’ai été tout simplement touchée. Ce qui m’a manqué sur d’autres jeux comme Life Is Strange que j’ai trouvé mauvais alors que pourtant il joue dans la même cour que Beyond Two Souls. Mais aussi parce que ce dernier a finalement touché directement à ma vie et mes origines. C’était totalement inattendu et c’est fatalement ce qui a provoqué cette formidable émotion.

C’est certain que ça ne marche pas sur tout le monde et qu’il est évident que c’est aussi le risque de ce genre de jeux de proposer une histoire se basant sur de l’émotion pure. Mais c’est aussi une composante qui vaut le coup d’être mise en avant et exploitée tant elle peut marquer les joueurs au plus profond de leur être sur les thèmes abordés. 

Beyond Two Souls : quand le jeu se prend pour un grand film

Conclusion

 

Beyond Two Souls m’a retournée comme jamais. Ce fut une de mes plus belles expériences vidéoludiques. Comme quoi, après être si mal partie avec Quantic Dream, j’ai finalement trouvé mon bonheur dans leur ludographie. Alors certes, c’est plus du cinéma que du jeu vidéo mais j’apprécie de plus en plus cette voie prise par certains jeux. 

Japan Expo : Bilan de l’édition 2016

Japan Expo : Bilan de l'édition 2016

Le weekend du 7 au 10 Juillet se tenait l’édition annuelle de Japan Expo, rendez-vous pour les otakus en mal de japoniaiseries. Je me rapelle encore de l’émerveillement de ma première Japan Expo en 2010. C’était fou, blindé de monde et de goodies en tout genre que je me suis empressée d’acheter comme une demeurée. Les années ont passées où j’ai continué d’arpenter les allées en profitant de l’occasion pour rencontrer d’autres passionnés. 

Cette édition 2016 fut particulière puisque ce fut ma première comme « exposante » à un stand. Jusque là je n’avais jamais tenté l’exercice, préférant la vadrouille. Cependant après une édition 2015 assez moyenne où je percevais de plus en plus les limites de Japan Expo, je m’étais plus ou moins positionnée négativement sur la prochaine édition. Jusqu’à ce que je me réveille sur le forum de l’AEUG….

Cela faisait deux ans que j’étais membre de l’association en mode « sous-marin ». Je surveillais ce qui s’y passait en évènementiel mais ma non-proximité géographique n’aidait pas à participer activement à la quête de l’Essor de l’Univers Gundam en France. J’ai donc pris mes affaires et me suis lancée pour participer à l’édition 2016 sans connaître personne huhuhu

Japan Expo : Bilan de l'édition 2016

Goundame, késkecé ?

 

Si vous avez véçu dans une grotte ces dix dernières années, vous n’êtes sûrement pas étranger au phénomène Gundam. A l’origine une série d’animation diffusée en 1979, la saga est devenue un produit commercial aux mains de Bandai dans les années 90 et compte aujourd’hui une vingtaine de séries d’animation ainsi que d’une peuplade de produits dérivés : manga, jeux vidéo, gunpla, peluches et j’en passe ! 

En France, la majorité des gens connaissent Gundam avec la diffusion de Gundam Wing au début des années 2000 puis plus tard de Gundam Seed. Mais il faut avouer que au délà de l’argument « GROROBOTS » on peut pas dire que la saga trouve vraiment son public chez nous. Pourtant, avec tant de séries se déroulant dans des univers différents, chacun peut y trouver son bonheur. Le principal soucis pour le néophylte c’est la densité d’autant de séries et d’univers qu’on ne sait jamais par lesquels commencer. 

Ce fut donc ma mission pendant 4 jours : accueillir les gens et leur montrer kécékoi Gundam. On a d’ailleurs évité les Transformers à l’évocation des Gunpla exposés. OUF. Cependant, cet esprit de devoir présenter la saga avec tous les membres de l’association fut un pur bonheur. Ce genre de moment où te rends compte que ta passion est devenue importante et chérie par d’autres. Des étoiles dans les yeux en permanence.

Exposant, ça change quoi ?

 

A part pouvoir rentrer gratuitement (et sans queue de fou), le pass exposant n’est pas autant le rêve que certains aimeraient penser. Il faut être en permanence à surveiller le stand et faire l’accueil. Et c’est pour dire, même en étant nombreux en exposant sur le stand, il était difficile de partir faire un tour, notamment parce que celui-ci fonctionne en continu. Mais voyons les bons côtés : on évite de traîner trop souvent dans les rayons du supermarché japonais et d’y acheter moults japoniaseries. On y rencontre beaucoup de monde, parfois même des connaissances de Twitter et autre (coucou Jayzu qui est passé sur le stand sans connaître rien à Gundam!). 

Bon évidemment on évite pas les fails intergalactiques en tout genre (tu sais c’est qui cette personne ? c’est machin truc) histoire de bien te foutre la honte. Mais aussi de voir que tu rentres un peu dans un autre monde. C’est aussi ce qui fait un bien fou de voir que ta passion peut te mener à rencontrer plein de personnes. C’est pas forcément impossible en visiteur mais il faut alors squatter les lieu hyper stratégiques. Au moins là, j’étais facile à trouver. Enfin pour ceux qui n’ont pas fait les timides 😀

Japan Expo : Bilan de l'édition 2016

Conclusion 

 

J’ai donc passée une excellente édition 2016. C’est probablement ma meilleure avec celle de 2014 où j’avais même participé à une IRL d’une trentaine de personnes (dommage que le forum soit désormais morts à cause de deux débiles…). J’ai rencontré des gens formidables avec qui j’ai partagé ma passion et je suis désormais prête à poursuivre l’aventure pour les années à venir !