Amnesia : mondes parallèles mais surtout mondes de fou

Vous le savez sûrement si vous lisez mon blog, je ne suis pas une fana des jeux de Idea Factory. Ils ont eu de bons titres mais aussi de grosses bouses. En plus d’avoir détruit le marché des otomes games en sortant un milliard de jeux par année. Voilà. Mais quand Amnesia fut localisé en langue anglaise en 2015, trois ans après Hakuouki, je me suis dis qu’il était temps de faire la paix. Et il me fallut deux années de plus pour franchir le pas.

Un début et des postulats originaux

Amnesia ne s’embarrasse pas d’introduction longue et chiante et nous propulse, dès le début, lorsque la cruche qu’on incarne perd ses souvenirs. Evidemment, ne vous attendez pas à ce que ce les raisons soit révélés d’office mais dès le départ, pour éviter de se casser la tête à présenter les personnages, le jeu propose 4 mondes différents. Bon okay, je dis ça mais en fait c’est plutôt subtil comme principe, faisant de chaque route un embranchement unique.

De ce côté-là, on a pas le temps de s’ennuyer vu les possibilités qu’offrent chaque univers. D’une part parce que dans chacun, l’héroïne se retrouve avec un prétendant différent mais surtout des situations complètements nouvelles. D’autre part, le scénario n’est pas le même d’une route à une autre ainsi que les enjeux. En effet, à chaque route, il vous faudra reconstituer vos souvenirs pour comprendre ce qui se passe.

Le casting

Shin : l’ami d’enfance tsundere assez insupportable à vous traiter d’idiote toutes les deux minutes. Sa route s’avère être vachement intéressante avec le plot autour de la chute de l’héroïne qui a menée son amnésie. Alors, c’est pas du Agatha Christie, mais j’ai eu le mérite d’être fasciné par la reconstitution de l’histoire, du travail autour des personnages, notamment de Shin. Accusé d’avoir poussé l’héroïne (sa petite amie donc), la découverte de ses souvenirs permet de reconstituer petit à petit le puzzle. Dans la route de Toma, il essaie tant bien que mal de sortir notre serpillère des griffes de ce psychopathe.

Toma : Je le hais et pourtant il est doublé par Hino Satoshi. Antagoniste de la route de Shin, on peut pas dire que quand ce fut son tour, ce fus meilleur. JE LE HAIS. VRAIMENT. Le personnage ressent une jalousie énorme, autant envers Shin que vers les autres prétendants, le transformant en psychopathe en puissance. Sa Normal End est finalement la plus correcte puisque sa bonne fin ne fait qu’enfermer cruche-chan dans l’habituel syndrome de Stockholm…

Kent : L’intello lunetteux du groupe et handicapé affectif puisque il s’exprime uniquement en faisant appel à des concepts scientifiques pour expliquer pourquoi il aime théière-chan. Autant dire que sa route fut un calvaire pour moi, tant j’en avais marre de ses tirades de matheux fou. Bon, après un moment, Kent fait de nombreux efforts pour montrer ses sentiments et ne plus faire appel à la sacro-sainte science et il faut avouer que c’est plutôt drôle avec son pessimisme ambiant.

Ikki : le gars populaire grâce à un pouvoir qu’il possède : celui de séduire n’importe quelle femme avec ses yeux. Autant dire que chacune de ses apparitions se fait accompagnée de son harem personnel. On apprend qu’il ne peut avoir la moindre relation amoureuse à cause de ça puisqu’il jette les filles dès qu’il a obtenu ce qu’il voulait (oui de ce côté là, il ressemble pas mal à Leni de Under the moon, sans le côté tsundere. Et ils sont doublés par les mêmes seiyuu en plus).

Ukyo / Secret : Une fois les quatre routes complétées, le 5ème monde s’ouvre au joueur. Je ne spoilerai pas d’avantage mais sachez que vous aurez toutes vos réponses dans cette route. Je l’ai trouvé cependant bien longue et assez casse-tête en essayant de vous mener sur de mauvaises pistes. Comme la route de Shin en fait. Mais la fin a eu le mérite d’être parfaite : en plus de résoudre différentes intrigues, elle relance même l’intérêt sur l’univers du jeu.

Amnesia, ce scénario audacieux mais bancal

Alors, que vaut réellement Amnesia ? Après tout, un otome game, c’est souvent très con. Eh bien, franchement Amnesia m’a surpris. Et dans le bon sens du terme. J’attendais pas forcément que le scénario soit ouf mais il a tenu ses promesses malgré quelques lourdeurs : des routes vraiment inutiles (Kent et Ikki) et la true route qui met du temps à se mettre en place. Un peu trop, je commençais à m’agacer de voir le jeu freiner des quatre fers lors des révélations. Un peu plus que d’habitude par rapport aux autres routes. Mais le final fut vraiment excellent, répondant à toutes les questions du scénario et ouvrant l’univers sur de nombreuses possibilités. J’étais finalement un peu tristounet à quitter tout ce petit monde.

Mais voilà, il faut tenir bon pour aller au bout de la trentaine d’heures de jeu, les routes étant longues. Chacune se déroulant dans un univers parallèle, on évite les intros chiantes pour se focaliser sur la vérité derrière ce monde et notre personnage. Et c’est peut-être là que j’ai trouvé que c’était vraiment un peu dommage de voir que certaines routes étaient vraiment éloignée du plot de base. On a bien avec le pouvoir de Ikki, un début de lien logique avec le monde des esprits mais c’est tellement raconté vite fait qu’on aura rien d’autre. Les personnages, à l’exception de Secret, n’ont finalement aucun lien avec le scénario, ayant chacun leurs propres plots.

On a l’impression que je râle mais j’ai quand même apprécié le jeu qui a eu le mérite de poser un scénario bien perché et de proposer une conclusion à la hauteur de ce que j’attendais. Pour un otome game bien entendu

Un jeu de toute beauté

Graphiquement, Amnesia est un petit bijou. Et quand je dis ça, c’est que le jeu est réellement très beau dans sa version PC/Steam. Techniquement, le jeu se démarque avec une animation des lèvres et des yeux durant les phases de dialogues. De quoi donner une belle fluidité aux dialogues et les rendre plus dynamiques. Bon on est loin de la qualité de Ef-a fairy tale of two (dont j’avais dit que j’écrirais dessus mais ça va attendre la réinstallation sur le nouveau PC) avec des animations complètes. Mais bon, au moins, on a droit à un peu plus que des sprites à l’écran. Musicalement, les pistes sont agréables à l’oreille mais ne restent pas dans la tête. A part l’ultime piste de fin, entendue uniquement à ce moment qui rend mélancolique.

Les CG sont également très belles, il faut juste apprécier les goûts vestimentaires douteux du casting. De ce côté, le passage en Haute Définition est plutôt réussi, ce qui n’était point évident, surtout que le jeu est sorti sur PSP à l’origine. Vous me dites : c’est que des images ! Ah ouais, vous n’avez jamais vu le massacre de Arabian’s Lost lors de ses divers portages. J’en ai encore l’estomac qui se retourne.

Impressions finales

Ayant trouvé l’animé minable au possible, je me suis lancée dans Amnesia : memories sans en attendre grand chose, autre que de vivre une histoire teintée de romance. Et comme dit plus haut, j’ai apprécié. Du coup, est-ce que je conseille le jeu : ben pourquoi pas ? Il vaut le coup d’être suivi jusqu’au bout et éventuellement je vous conseillerai la version PC/Steam, de toute beauté et mettant une belle tatane dans les otomes récents. Sinon, sachez que le jeu est dispo sur iOS/Android. Mais j’ai du coup hâte de voir si Idea Factory va nous présenter d’autres titres en langue anglaise.

 

 

 

 

 

DRAMAtical Murder : Nitro+Chiral signe son chef d’oeuvre

Alors oui, dit comme ça, on se demande ce que j’ai encore fumé, surtout quand dans l’article d’avant je pleurais devant un Boys Love. Mais c’est ainsi, dans le fabuleux monde des eroges, il y a à boire et à manger. S’il y a un paquet de trucs nuls, il y a aussi des perles. DRAMAtical Murder en fait partie.

Sorti en 2012 d’abord sur PC dans une version déconseillé aux mineurs, DRAMAtical Murder a également eu droit deux ans plus tard à une version tous publics sur PSVita. C’est seulement le second jeu de Nitro+Chiral à avoir droit à une version light. Le premier, c’était évidemment Togainu no chi. Mon premier Boys Love. Comme par hasard.

Et ça raconte quoi ?

Dans un futur alternative, nous suivons Aoba, un jeune garçon de 23 ans habitant sur l’île de Midorijima et souhaitant une vie simple. Cependant, deux jeux font fureur : Rib et Rhyme. Si le premier est un simple affrontement de rue entre gangs, le second est un jeu virtuel où les personnages s’affrontent virtuellement. Aoba est entrainé de force dans une partie de Rhyme et devient la cible de Toue Inc, un conglomérat ayant la main mise sur Midorijima et particulièrement sur le quartier Platinium Jail. Notre héros va aller à la rencontre de ses origines et voir sa vie bouleversée à jamais…

Et ça donne quoi ?

En premier lieu, DRAMAtical Murder est un jeu soigné. L’esthétique, très coloré, est vraiment chouette tient beaucoup de la pop culture électro. La bande sonore, électrisante, est au goût de chacun pour être appréciée. Sachant que les mauvaises fins possèdent chacune leur chanson (mais pas les bonnes fins, cherchez la logique). L’opening a cependant le mérite d’être une des meilleures intro que j’ai pu voir, nous faisant rentrer dans l’ambiance si particulière du jeu.

Graphiquement, Nitro+Chiral livre comme à son habitude de sublimes illustrations. Pour le coup, le studio s’entoure d’une nouvelle illustratrice : Honyalala et du mecha-designer de Robotics;Notes auquel on retrouve son compositeur Yuuki Hayashi, qui a récemment composé l’OST de My Hero Academia mais aussi de Haikyuu et Gundam Build Fighters.

L’une des particularité de DRAMAtical Murder est son croisement avec le style rétro. L’écran titre est à lui-même une petite merveille. Lors de votre première partie, seuls les sprites 2D de Aoba et Ren sont présents. A chaque fin de route, les personnages vont rejoignent. Une fois les routes de KoujakuNoizMink et Clear terminées, le sprite de Ren disparait, signalant que vous avez débloqué la vraie route du jeu.

Un casting qui tient la route. Ou presque.

DRAMAtical Murder est un Boys Love donc forcément y’a de l’amour. Ou plutôt du cul. Mais bon, ne chipotons pas. Voici le harem :

Koujaku : l’éternel ami d’enfance. Koujaku connait Aoba depuis l’enfance même s’ils ne se sont plus vu pendant des années, lorsque Koujaku est revenu sur le continent. Son retour des années plus tard n’est pas anodin et sa route est l’une des plus intéressantes. Son Allmate est un moineau du nom de Beni particulièrement hargneux.

Noiz : ce hackeur est celui qui mène Aoba dans un match de Rhyme au début de l’aventure. Par la suite, désireux de prendre sa revanche après s’être fait atomisé, il met à disposition ses compétences en piratage pour aider Aoba. Sa route est moyennement intéressante et j’ai trouvé son développement meilleur dans l’anime.

Mink : il fallait un fou violeur dans l’équipe. Il en faut toujours un. Comme les psychopathes dans les otomes games. Donc c’est Mink, cliché du bourru de service dont l’essentiel de ses phrases consistent à ignorer Aoba. CONNARD. La route la moins intéressante malgré un plot vachement intéressant de base.

Clear : Maaaaasteeeer. Clear est un énergumène que rencontre Aoba sur son lieu de travail après que le gugus se soit écroulé par terre après une chute de plusieurs mètres. Le personnage, sympathique, rayonne par son positivisme. Sa route est incroyable, j’en ai chialé. Même sa sexe de sexe est émouvante. SISI.

Ren / Secret : Une fois les quatre routes complétées (sans avoir besoin de faire les bads ends), vous débloquez la cinquième et dernière histoire. Evidemment, c’est la plus importante niveau révélation. J’avoue avoir tout simplement adoré le développement. Et puis bon c’est plus crédible que l’écureuil psychopathe de Brothers Conflict.

Je rêve un VN centré sur les Allmates de l’équipe des héros.

Impressions finales

J’ai adoré DRAMAtical murder, autant que Lamento – Beyond the void – qui restait, jusque là, ma référence du Boys Love. Plus que Togainu no chi qui reste pourtant la référence du genre avec Silver Chaos mais ces deux-là souffrent un peu de commencer à vieillir. Graphiquement, il faut apprécier le style graphique et on est loin des standards d’aujourd’hui. Ce qui fait, à mes yeux, de DRAMAtical murder un excellent VN, c’est sa capacité à se défaire de son genre en proposant une histoire qui se suit en occultant complètement le Boys Love.

Les scènes ont la particularité, à l’exception de Mink, de se placer en fin de jeu, après plusieurs heures de lecture, nous laissant apprécier l’univers, les personnages et l’histoire sans se demander quand est-ce que ça va nous tomber dessus. Et d’ailleurs, le fait que le jeu fut réédité sur PSVita en 2014 prouve que le jeu existe en étant une vraie histoire.

Un petit mot pour l’anime : Je l’ai regardé après avoir fait le jeu et je fus surprise. Autant graphiquement et techniquement, la série est à la rue, autant au niveau du scénario, la série réussit à faire son job. A savoir que l’histoire est fluide. Beaucoup diront que s’il a fallu seulement 12 épisodes pour raconter tout le scénario, il faut avouer que les révélations s’enchainent et que l’anime prend peu de temps à développer réellement les personnages.

Pour moi, DRAMAtical murder est une vraie réussite, s’affranchissant de la tendance du Boys Love de constamment aller vers le trash et le porn outrancié. C’est bien pour ça que j’ai détesté Hadaka Shitsuji et que je trouve abjecte des jeux comme Enzai. Enfin, je vous avais parlé de NO, THANK YOU !!!, eh bien c’est pas la joie. Bon au moins le héros ne subit plus les humiliations mais ça ne le rend pas plus sympathique. On a juste envie de le claquer soudainement contre un mur. Nitro+Chiral prépare un nouveau projet : Slow Damage prévu pour cette année. Autant dire que même si les premiers visuels ne respirent pas la gaité, j’attends le projet tant le studio reste, à mes yeux, l’un des meilleurs dans son genre.