DRAMAtical Murder : Nitro+Chiral signe son chef d’oeuvre

Alors oui, dit comme ça, on se demande ce que j’ai encore fumé, surtout quand dans l’article d’avant je pleurais devant un Boys Love. Mais c’est ainsi, dans le fabuleux monde des eroges, il y a à boire et à manger. S’il y a un paquet de trucs nuls, il y a aussi des perles. DRAMAtical Murder en fait partie.

Sorti en 2012 d’abord sur PC dans une version déconseillé aux mineurs, DRAMAtical Murder a également eu droit deux ans plus tard à une version tous publics sur PSVita. C’est seulement le second jeu de Nitro+Chiral à avoir droit à une version light. Le premier, c’était évidemment Togainu no chi. Mon premier Boys Love. Comme par hasard.

Et ça raconte quoi ?

Dans un futur alternative, nous suivons Aoba, un jeune garçon de 23 ans habitant sur l’île de Midorijima et souhaitant une vie simple. Cependant, deux jeux font fureur : Rib et Rhyme. Si le premier est un simple affrontement de rue entre gangs, le second est un jeu virtuel où les personnages s’affrontent virtuellement. Aoba est entrainé de force dans une partie de Rhyme et devient la cible de Toue Inc, un conglomérat ayant la main mise sur Midorijima et particulièrement sur le quartier Platinium Jail. Notre héros va aller à la rencontre de ses origines et voir sa vie bouleversée à jamais…

Et ça donne quoi ?

En premier lieu, DRAMAtical Murder est un jeu soigné. L’esthétique, très coloré, est vraiment chouette tient beaucoup de la pop culture électro. La bande sonore, électrisante, est au goût de chacun pour être appréciée. Sachant que les mauvaises fins possèdent chacune leur chanson (mais pas les bonnes fins, cherchez la logique). L’opening a cependant le mérite d’être une des meilleures intro que j’ai pu voir, nous faisant rentrer dans l’ambiance si particulière du jeu.

Graphiquement, Nitro+Chiral livre comme à son habitude de sublimes illustrations. Pour le coup, le studio s’entoure d’une nouvelle illustratrice : Honyalala et du mecha-designer de Robotics;Notes auquel on retrouve son compositeur Yuuki Hayashi, qui a récemment composé l’OST de My Hero Academia mais aussi de Haikyuu et Gundam Build Fighters.

L’une des particularité de DRAMAtical Murder est son croisement avec le style rétro. L’écran titre est à lui-même une petite merveille. Lors de votre première partie, seuls les sprites 2D de Aoba et Ren sont présents. A chaque fin de route, les personnages vont rejoignent. Une fois les routes de KoujakuNoizMink et Clear terminées, le sprite de Ren disparait, signalant que vous avez débloqué la vraie route du jeu.

Un casting qui tient la route. Ou presque.

DRAMAtical Murder est un Boys Love donc forcément y’a de l’amour. Ou plutôt du cul. Mais bon, ne chipotons pas. Voici le harem :

Koujaku : l’éternel ami d’enfance. Koujaku connait Aoba depuis l’enfance même s’ils ne se sont plus vu pendant des années, lorsque Koujaku est revenu sur le continent. Son retour des années plus tard n’est pas anodin et sa route est l’une des plus intéressantes. Son Allmate est un moineau du nom de Beni particulièrement hargneux.

Noiz : ce hackeur est celui qui mène Aoba dans un match de Rhyme au début de l’aventure. Par la suite, désireux de prendre sa revanche après s’être fait atomisé, il met à disposition ses compétences en piratage pour aider Aoba. Sa route est moyennement intéressante et j’ai trouvé son développement meilleur dans l’anime.

Mink : il fallait un fou violeur dans l’équipe. Il en faut toujours un. Comme les psychopathes dans les otomes games. Donc c’est Mink, cliché du bourru de service dont l’essentiel de ses phrases consistent à ignorer Aoba. CONNARD. La route la moins intéressante malgré un plot vachement intéressant de base.

Clear : Maaaaasteeeer. Clear est un énergumène que rencontre Aoba sur son lieu de travail après que le gugus se soit écroulé par terre après une chute de plusieurs mètres. Le personnage, sympathique, rayonne par son positivisme. Sa route est incroyable, j’en ai chialé. Même sa sexe de sexe est émouvante. SISI.

Ren / Secret : Une fois les quatre routes complétées (sans avoir besoin de faire les bads ends), vous débloquez la cinquième et dernière histoire. Evidemment, c’est la plus importante niveau révélation. J’avoue avoir tout simplement adoré le développement. Et puis bon c’est plus crédible que l’écureuil psychopathe de Brothers Conflict.

Je rêve un VN centré sur les Allmates de l’équipe des héros.

Impressions finales

J’ai adoré DRAMAtical murder, autant que Lamento – Beyond the void – qui restait, jusque là, ma référence du Boys Love. Plus que Togainu no chi qui reste pourtant la référence du genre avec Silver Chaos mais ces deux-là souffrent un peu de commencer à vieillir. Graphiquement, il faut apprécier le style graphique et on est loin des standards d’aujourd’hui. Ce qui fait, à mes yeux, de DRAMAtical murder un excellent VN, c’est sa capacité à se défaire de son genre en proposant une histoire qui se suit en occultant complètement le Boys Love.

Les scènes ont la particularité, à l’exception de Mink, de se placer en fin de jeu, après plusieurs heures de lecture, nous laissant apprécier l’univers, les personnages et l’histoire sans se demander quand est-ce que ça va nous tomber dessus. Et d’ailleurs, le fait que le jeu fut réédité sur PSVita en 2014 prouve que le jeu existe en étant une vraie histoire.

Un petit mot pour l’anime : Je l’ai regardé après avoir fait le jeu et je fus surprise. Autant graphiquement et techniquement, la série est à la rue, autant au niveau du scénario, la série réussit à faire son job. A savoir que l’histoire est fluide. Beaucoup diront que s’il a fallu seulement 12 épisodes pour raconter tout le scénario, il faut avouer que les révélations s’enchainent et que l’anime prend peu de temps à développer réellement les personnages.

Pour moi, DRAMAtical murder est une vraie réussite, s’affranchissant de la tendance du Boys Love de constamment aller vers le trash et le porn outrancié. C’est bien pour ça que j’ai détesté Hadaka Shitsuji et que je trouve abjecte des jeux comme Enzai. Enfin, je vous avais parlé de NO, THANK YOU !!!, eh bien c’est pas la joie. Bon au moins le héros ne subit plus les humiliations mais ça ne le rend pas plus sympathique. On a juste envie de le claquer soudainement contre un mur. Nitro+Chiral prépare un nouveau projet : Slow Damage prévu pour cette année. Autant dire que même si les premiers visuels ne respirent pas la gaité, j’attends le projet tant le studio reste, à mes yeux, l’un des meilleurs dans son genre.

 

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