OZMAFIA!! : guerre des gangs au pays des contes de fées

 

Encore un otome game me dites-vous ? Après avoir enchainé trois RPG – NieR AutomataPersona 5 et The Last Remnant – j’ai cherché à changer de genre et après plusieurs hésitations, je me suis orienté vers le jeu OZMAFIA!!. Edité étrangement par MangaGamer, plutôt spécialiste des eroges pour hommes, OZMAFIA!! est un otome game de la société Poni-Pachet. D’abord sorti sur PC en 2013 au Japon, il a connu un portage sur PSVita en 2016 suivi d’une sortie mondiale la même année. Le jeu est d’ailleurs disponible sur Steam. 

OZMAFIA!! nous plonge dans un univers où les personnages de différents contes connus se croisent, piochés dans ceux des Grimm ou de Andersen quand l’histoire principale reprend Le Magicien d’Oz.  Ce n’est évidemment pas une première : Zettai Meikyuu Grimm de Karin Entertainment le faisait déjà brillamment dans une ambiance musicale et graphique originale. On peut également citer Akazukin to mayoi no mori qui reprend différents contes – dont Blanche Neige dans une ambiance fantastique très réussi. Oui, en général, les otomes games se basant sur des contes sont excellents. OZMAFIA ne déroge à la règle en sublimant la réécriture d’une oeuvre.

Un scénario plutôt dense

La première chose à savoir avec OZMAFIA!! c’est que le jeu est très long, du moins supérieur à la moyenne des visual novels. Chaque route et embranchement de scénario sont développés avec de nombreuses scènes supplémentaires qui se débloquent au fur et à mesure qu’on avance dans l’histoire. J’ai été assez surprise parce que souvent, en dehors de la True End, le reste des fins sont souvent abruptes (genre quand on se fait tuer sans explication). Amnesia : Memories proposait des alternatives sans grand intérêt à part se faire dégommer méchamment par Ukyo (ou finir dans une CAGE). En l’état les bads ont des tronçons scénaristiques entiers.

Aussi, le jeu se permet de changer de point de vue et de découvrir des évènements d’une autre façon ou de prolonger/expliquer ceux-ci. J’ai trouvé la chose assez pertinente, enrichissant le background des personnages et donnant à voir ce qu’ils ressentent. C’est assez rare de voir des points de vue annexes même si Bloody Call avait aussi opté pour cette idée géniale. Mais surtout, ces scènes se débloquent au fur et à mesure des routes et même lorsqu’on fait la route d’un autre personnage, on peut découvrir la perspective des autres personnages. Mais c’est aussi ce qui m’a motivé à faire le jeu à 100% là où le plus souvent, on se contentera des bonnes fins.

L’univers est vraiment bien élaboré avec un gros travail sur les personnages, leurs caractères et une ambiance qui m’a rappelé Asaki, Yumemishi avec des moments aussi durs que drôles, une façon de rendre les personnages plus humains et d’éviter d’alourdir le scénario. Oui je sais, je suis la première à râler sur les otomes games stupides mais ils restent des petites bulles de savons et j’avoue avoir du mal avec ceux qui plongent dans l’horreur (oui Jooubachi no oubou m’a complètement traumatisé). Il y a des moments dont j’ai trouvé l’écriture vraiment très bonne mais surtout maîtrisée avec des éléments se racolant d’une route à une autre, faisant du jeu un tout complet.

Les reverses routes : la peur au ventre

La particularité de OZMAFIA!! est les « Reverse Route » où l’on peut changer de prétendant alors qu’on est déjà sur la route d’un personnage. Loin d’être une prétendue Bad Ending un peu facile, chaque Reverse Route possède ses propres développements. Uniquement disponible sur les routes de la Famille Oz, elle montre aussi toutes les possibilités qu’offrent une romance : le rejet, l’abandon, sentiments contradictoires ou tout simplement rivalité sévère entre trois personnages : Caramia, Kyrie et Axel. 

C’est aussi dans ces routes que les gars se lâchent réellement, quittant leur beau costume de prince charmant pour séduire de manière plus directe notre héroïne. Mais surtout, c’est dans ces routes que l’innocence est brisée puisqu’elle est symbolisée par la perte de la virginité de l’héroïne. Off Screen bien entendu. Le jeu est simplement déconseillé aux moins de 15 ans donc vous ne verrez rien du tout. Mais du coup, c’est assez étrange de voir le jeu abordé le thème. J’avais tellement peur que ça finisse en bain de sang, voire de payer le prix de changer nos sentiments. Fort heureusement, ça ne finit pas comme dans ONEDARI ShareMate. 

En fait, les reverses routes auraient même pu s’insérer sur tout le casting tellement j’ai trouvé qu’elles apportaient beaucoup dans l’évolution des sentiments et n’étaient pas forcément mauvaises dans leur déroulement. Et puis surtout, elles évitent d’être graveleuses ou d’offrir des moments d’horreurs dont je craignais l’issue. Les gars font preuve d’un peu plus d’intelligence dans leur comportement et je me dis que ça fait du bien, surtout dans ce genre de situation. Bon il reste la route de Manboy/Brothel qui m’a rappelé des traumatismes avant de proposer une première fin qui tranche un peu avec les habitudes du genre. Bon par contre la seconde, vous pouvez l’oublier.

Des personnages qui sortent des sentiers battus

Je crois que ce que j’ai le plus aimé dans OZMAFIA!! est son casting qui pour une fois, fut une totale réussite. En grande partie, c’est le fait qu’il n’y ait pas que des psychopathes/violeurs en série tentant de massacrer notre cruche de service. Je vous assure que ça fait du bien après être passé sur tous ces otomes games où le côté dark des personnages leur font complètement péter un boulard sans explication. Diabolik Lovers et ses masos de service ou même Amnesia (vous connaissez pas la CAGE ? Non je m’acharne pas du tout) ou même Brothers Conflict et ces frères décidément un peu maboulos rappellent que dans le fabuleux monde des otomes games, c’est pas juste de l’amour. Bon juste Dorian Gray que je hais. Lui par contre, aucun pardon et aucune envie de le revoir tellement c’est un pur enfoiré servant uniquement ses intérêts.

Mes personnages préférés sont Caramia, Scarlet et Soh. J’ai eu un gros rejet sur Kyrie, du fait de l’apriori que je me suis faite du personnage. Ben oui, ces personnages condescendants, trop mielleux dans leur approche m’ont valu des traumatismes à vie : Yameneko de Akazukin to mayoi no mori, Seizh de Under the moon ou simplement Toma de Amnesia : JE VOUS HAIS. Voilà. Sauf Kyrie se révèle être moins atteint par la connerie monumentale des autres zozos cités plus haut et m’a surpris par certaines scènes notamment dans l’épilogue où j’étais à deux doigts de craquer avec lui. A partir de là, j’avoue avoir eu un vrai coup de coeur pour le jeu, voyant qu’il semblait réellement prendre une tournure qui m’enchantait enfin en proposant un casting qui suit tout au long du jeu.

Parce que oui, tous les personnages sont assez fouillés et disposent de personnalités qui certes, restent assez classiques, mais évitent de tomber dans de mauvais extrêmes dont ils ont la très fâcheuse tendance d’être. Oui, je parlais de mes traumatismes plus haut, mais il y a pas mal d’otomes games où les mecs pètent de grosses crises et se montrent sur un jour décidément bien naze. Et pire encore ce sont les otoges où on se fait ramoner par tout le service parce que….parce que voilà. Sans parler de Diabolik Lovers où se fait brutaliser sans raison. Oui, même si les héroïnes sont souvent de grosses cruches et que j’ai facepalmé sur certaines répliques, ça ne justifie pas d’être violenté. Bon après, faut pas trop demander à l’héroïne de OZMAFIA!! car il y a certaines choses où j’ai vraiment eu l’envie de l’encastrer dans un mur. Heureusement que le casting est royal à côté.

Une technique plutôt moyenne

Bon terminons sur ce qui fâchera certains, surtout si vous sortez de Amnesia:memories où la qualité technique du jeu bluffait (mais pas autant que Tokimeki Memorial Girl’s Side 3). OZMAFIA est moyen et partiellement doublé ce qui m’a pas franchement dérangé mais qui peut, pour certains donné l’impression d’un jeu bâclé. En revanche, les musiques, pas très nombreuses, sont soignées et j’ai pas hésité à acheter l’OST. Les thèmes de Caramia et de Scarlet étant mes deux pistes favorites ainsi que le thème principal. Les CG et les illustrations sont également soignés, s’accordant parfaitement à l’univers du jeu. Satoi, l’artiste derrière le chara-design et les illustrations s’affranchie sans problème de son style un peu dark-émo qu’elle use dans Diabolik Lovers. 

Au niveau des voix des personnages on y trouve des seiyuu assez peu connus, ce qui est un mal pour un bien pour découvrir de nouvelles voix moins trafiqués que les celles des super-stars qui gavent à force d’être à côté de la plaque. Je suis la première à bander des oreilles mais j’avoue que dans certains titres, les personnages sont construits uniquement autour de leur seiyuu avec des tonalités/personnalités en accord avec le style de ce dernier. Là, au moins, les dialogues sont bien plus naturels et les voix collent plutôt bien aux personnages.

Impressions finales

OZMAFIA!! a été un véritable coup de coeur et est rentré dans mon Top 5 des meilleurs otomes games que j’ai fais. Je n’avais pas de grandes prétentions sur le titre à l’origine mais j’ai été surprise par la consistance de l’univers et le scénario qui essaie vraiment de trouver une conclusion sur le long terme. Mon principal regret avec Amnesia : memories c’était justement cette conclusion mal amenée avec trop de questions en suspens. De ce côté-là, OZMAFIA!! construit une histoire qui tient suffisamment debout et qui m’a maintenu jusqu’au bout. Oui, il y a des routes que j’ai moins aimé mais j’ai pris du plaisir durant cette longue aventure.

Je vous encourage vraiment à faire le jeu si vous avez envie de tenter un otome game un peu différent avec des accroches originales et un casting moins stéréotypé. Le jeu est donc disponible chez MangaGamer en édition physique et dématérialisée et sur Steam pour 32€. Pas cher payer vu que le jeu est très long.

En vérité, cela faisait très longtemps que j’avais pas autant accroché autant à un otome game. Jooubachi no oubou m’a tellement rendu malade que j’avais un mal fou à tester de nouveaux jeux sans y voir toute l’absurdité et le malsain dans ces jeux-là. Du coup, je dois beaucoup à OZMAFIA!! pour m’avoir redonné foi en un genre que j’apprécie beaucoup et j’espère partager de nouvelles et fabuleuses aventures ^_^

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