Eroge Time ! Tears To Tiara

Dans le premier Eroge Time ! Je vous ai parlé de Fate/stay night, mon tout premier eroge. Cette fois-ci, intéressons-nous d’un type de jeu qui marie deux genres qui vont bien ensemble : le RPG érotique ! Eh ouais, comme quoi les jeux hybrides peuvent donner des trucs très sympa…Pour le coup, c’est le TRPG Tears To Tiara qui tient l’affiche. 

Eroge Time ! Tears To Tiara

Au coeur des légendes arthuriennes

 

Tears To Tiara est à l’origine un jeu PC de la société Leaf, développeur d’eroges reconnu pour la qualité de ses jeux comme To Heart, White Album mais aussi Utawarerumono. La particularité de leurs jeux c’est que la majorité connaissent une sortie « tous publics », prouvant qu’à la base ils ne font pas juste des jeux de cul mais sont aussi capables de produire des histoires avec un vrai scénario. Dans le cas de Tears To Tiara, le jeu est donc bel et bien un eroge sorti en 2005 puis réédité trois ans plus tard avec de nouveaux graphismes sur PSP et PS3. D’ailleurs, ce sont les illustrations de la version PS3 (sauf pour les images In Game) que j’utilise dans l’article même si j’avoue beaucoup apprécié le design original des personnages. 

L’histoire de Tears To Tiara nous emmène dans un univers fantastique où différents Ages se sont succédés durant les millénaires, notamment l’Age des Elfes qui s’est progressivement éteint avec l’ère des Humains. Si on s’attarde sur le sujet c’est deux des protagonistes ; Arthur et Riannon sont des descendants de l’ancien roi elfe Pwyll. Au début de l’histoire, Riannon est donc capturé par un grand prêtre qui veut se servir d’elle comme sacrifice pour la résurrection de Arawn, symbole de la destruction. Evidemment tout ne se passe pas comme prévu puisque le fameux démon de la destruction s’allie à nos héros, déclenchant au passage une guerre contre l’Empire. 

Le scénario peut sembler assez moyen de base – comme dans tout bon RPG hein – mais il ne faut pas oublier que le jeu est à l’origine un eroge et qu’il se dote d’un vrai système de combat et d’une world map où l’on peut déplacer notre groupe. Cependant, on peut relever l’univers exploite assez intelligement les légendes arthuriennes avec l’Empire Romain en principal ennemi et de multiples références aux mythes de l’époque. J’avais d’ailleurs été assez surprise de voir que une partie des personnages sont vraiment tirés des mythes arthuriens. Bon évidemment, sauf le harem. 

Guerre et conquête 

 

On démarre au début de l’histoire avec les hostilités et pour une fois une importance donnée aux combats. On est donc très loin d’un TRPG asseptisé où les combats ne seraient que secondaires. Il faut donc avancer avec prudence et sauvegarder régulièrement puisque en cas d’échec c’est un game over. D’ailleurs le jeu possède plusieurs catégories de niveaux au début pour ceux qui aimeraient corser l’affaire. Le jeu n’est pas incroyablement dur puisque pour les feignants qui veulent juste se régaler sur les images de cul, il suffit simplement de chosir la stratégie de soin pour éviter de perdre trop de monde…mais encore ça ne suffit pas. Le levelling est un passage obligé, comme dans tout bon RPG qui se respecte.

Aussi, il faudra recruter, à la manière d’un Disgaea de nouveaux personnages, souvent random selon leurs caractéristiques (guerrier, paladin, prêtre, archer etc) dans l’optique de constituer une mini-armée capable de vaincre vos ennemis. La seule chose qui fera perdre un bon paquet d’heures c’est que chaque nouvelle recrue démarre au niveau 1. A l’inverse de Disgaea où l’on peut choisir, selon un système de points le niveau des personnages par rapport à son groupe, Tears To Tiara ne propose pas d’alternatives que de devoir passer par le levelling à outrance. Cependant, l’avantage c’est que l’expérience se gagne non pas car combat gagné par personnage mais par résultat de groupe et donc un personnage bas level peut très vite rattraper le groupe en quelques combats.

D’un côté purement pratique, le jeu se révèle, comme tout bon TRPG très vite addictif surtout que le post-game permet au groupe de continuer à se balader dans tout Albion. En effet, le jeu propose même des challenges post-game en affrontant d’autres ennemis plus puissants, demandant pour le coup un vrai choix de stratégie mais aussi de monter son groupe au level le plus élevé. Pour un mordu de TRPG, on ne compte finalement plus tellement les heures. Pour les autres, le jeu se finit en une dizaine d’heures. Evidemment, d’un point de vue purement RPG, le jeu est loin d’être un pur chef d’oeuvre. 

Après avoir choisi vos personnages, faites très attention à la stratégie !

Après avoir choisi vos personnages, faites très attention à la stratégie !

Le point érotique 

 

Vous l’avez compris, Tears To Tiara est aussi un eroge. Du moins dans sa version PC puisque ces scènes ont complètement disparues des versions PSP et PS3 sorties plus tard. Vous vous doutez bien que si la version tous publics existe, c’est parce que l’importance des scènes chaudes est très…anecdotique. Pour ainsi dire, durant ma partie, j’ai utilisé le fidèle compagnon appelé CTRL pour zapper les images érotiques. D’ailleurs, il faut aussi dire qu’elles avaient la particularité d’arriver…n’importe quand. Comme dans beaucoup d’eroges, les développeurs ne prennent pas la peine d’être subtils pour annoncer ce genre d’évèvements assez…embarassants.

Dans le cas de Tears To Tiara ces scènes sont du pur fan service. L’objectif n’est pas d’être exutoire masturbatoire comme dans certains jeux mais de proposer au joueur de se rincer l’oeil entre deux combats. Tout le casting féminin y passe et les scènes se révèlent bien sympathiques en soit avec l’absence de viol et de violence. Pour une fois c’est quand même appréciable même si celles-ci sont tellement hors contexte et se déroulent lorsqu’on est sur la capitale. Entre chaque chapitre de l’histoire, le groupe se retrouve à Avalon la capitale d’Albion pour s’y refaire une santé, recruter des recrues, acheter des armes etc. Et bien évidemment, Arawn (parce que oui c’est lui le héros et par Arthur en fait) ramone les filles après deux phrases de dialogue.

Finalement, les scènes érotiques ne sont qu’un bonus In Game. Il n’y a aucun choix à débloquer. D’ailleurs le jeu est linéaire et ne propose aucune variation de scénario et de développement. De ce fait, il n’est pas étonnant que les scènes de cul aient complètement disparues à la suite du portage sur consoles tellement elles étaient inutiles. Là où le jeu aurait pu proposer une romance autour des personnages féminins et pourquoi pas un système de héros à la Ef – a fairy tale of two, on est finalement face à un jeu assez pauvre, du moins autour des finalités. 

Eroge Time ! Tears To Tiara

Conclusion 

 

Tears To Tiara est un jeu sympathique à l’univers qui m’a pour ma part beaucoup attiré. J’ai toujours adoré les légendes arthuriennes et pour une fois on peut dire que le jeu ne se permet pas trop de transgressions japoniaises. Si vous aimez les TRPG vous allez passer un bon moment, plus que si vous regarder l’adaptation en anime. Sortie en 2009, celle-ci se révèle bien moins attractive par rapport au jeu. Il faut dire, les personnages n’ont pas de personnalités marquées et l’essentiel de l’histoire tourne autour de Arthur, Arawn et Riannon. 

Je vous laisse avec une OST celtique tirée de la version PC. 

Le prochain Eroge Time ! sera sur Ef – a fairy tale of two.

Eroge Time ! Fate/stay night

Après les hentai et les otomes games, il manquait plus que la catégorie Eroge. Pour le coup on parlera surtout des jeux qui ont le mérite d’être intéressant en dehors de leur caractère pornographique. Je le précise quand même puisque pour les horreurs, on s’attachera à en parler dans un autre cadre. 

Donc aujourd’hui, l’article va se porter sur un sujet dont on a déjà un peu parlé : Fate/stay night. Je vous avais déjà fait tout un article sur Type-Moon et à quel point j’adore leur univers. Mais ce dont je n’ai pas parlé, c’est ma rencontre avec ce jeu. Et les conséquences. 

Eroge Time ! Fate/stay night

Etre fan une catastrophe magnifique, c’est savoir que l’on fonce dans un mur sans s’arrêter

 

Ma rencontre avec Fate/stay Night remonte en 2006, lors de la diffusion de l’anime. A l’époque j’étais dans une période « fan des manga et des animes » avec tout un côté kikoo Japan bien prononcé. Ne mentez pas, vous avez tous connu ça une fois dans votre vie. Mais heureusement ça passe. BREF. J’avais adoré l’anime à l’époque. Faut dire, même si avec du recul on se rend compte qu’il n’est pas aussi génial, il restait une porte d’entrée dans l’univers de Type-Moon. J’avais 15 ans et forcément tous les animes mettant en scène des adolescents me faisaient rêver. Celui-là n’a pas échappé à cette règle : voir des adolescents confrontés à une guerre du Graal en invoquant des esprits héroïques, c’était la classe. 

Et forcément, quand on a adoré une série, on cherche à se renseigner sur le sujet. Et là j’apprends, au détour de forums, que c’est l’adaptation d’un jeu vidéo de type Visual Novel. Mais, quécessa ? Cependant à l’époque, je laisse tomber vu que le jeu n’est alors dispo qu’en langue japonaise même si une traduction anglais est en cours. J’attendrai. 2 ans. 2 années où j’ai vu autre chose même si j’ai commencé à remplir ma chambre de posters. Enfin, joie, un beau jour, la traduction anglaise est finie, je peux enfin m’atteler à jouer au jeu. 

Pour autant, je suis un peu freiné par le contenu sexuel présent dans le jeu. Eh oui j’apprends au passage que c’est un jeu déconseillé aux moins de 18 ans. J’en ai 17 quand je me lance dans l’aventure, pas de quoi m’affoler. Mais quand même ! En deux ans j’ai appris que les Eroges, comme on appelle ces jeux, sont des jeux où les scènes pornographiques sont souvent nombreuses et pas super consentantes. Joie de nouveau. Mais les premières critiques de Fate/stay night sont plutôt excellentes et de l’avis de tous, c’est plutôt léger concernant les scènes de sexe. Je m’y lance alors. 

LA MEGA CLAQUE.

Le prologue de 3h et cet opening firent l’effet d’une bombe. Je n’avais jamais vu ça. Les circonstances étaient cependant favorables puisque c’était mon tout premier Visual Novel. Donc forcément, à moins de détester la lecture, il est un peu difficile de dire « non c’est tout pourri ». A ce moment là, avec cet opening, je suis définitivement tombée amoureuse de Fate/stay night.  

Le début des japoniaiseries 

 

Avec Fate/stay night j’ai découvert tout un pan de la culture japonaise que j’ignorais totalement. Il faut dire qu’en plus d’être un marché de niche, les visual novels ne sont pas ce qu’on peut appeler des jeux hyper accessibles : à moins d’avoir une traduction anglaise, la majorité reste méconnus. Mais il faut se le dire, de plus en plus de jeux sont désormais traduits en anglais par des fans et de plus en plus de gens se mettent aussi à faire des visual novels. Pour plusieurs raisons : 

La première, et pas des moindres, c’est que les jeux ont le mérite d’être bien plus complets que n’importe quelle adaptation. Dans le cas de Fate/stay night, le joueur a face à lui trois scénarios totalement différents. L’adaptation animée de 2006 n’a adapté que le premier scénario et l’anime d’Ufotable le second scénario. Il reste que le troisième encore totalement inédit. 

Deuxièmement, les coquinous savent très bien que les adaptations animées d’Eroges sont toujours amputées des scènes de sexe. Donc pour les plus pervers d’entre nous, l’intérêt de faire le support original, c’est de voir toutes les héroïnes passer à la casseroles. Bon dans le cas de Fate/stay night, on peut dire que le jeu est un assez mauvais Eroge : il y a peu de scènes de sexe et celles-ci sont finalement assez moyennes. Jouer à Fate/stay night pour le cul c’est un peu idiot étant donné que ces scènes n’arrivent qu’après une vingtaine d’heures de jeu. 

Enfin dernièrement : jouer aux supports originaux permet de s’imprégner réellement de l’ambiance sonore et graphique là où les adaptations n’hésitent pas à tout refaire à leur sauce. Parfois, comme dans l’adaptation de Clannad, les musiques sont reprises mais très souvent on profite de l’adaptation pour offrir de nouvelles compositions. 

Fate/stay night fut une révélation et le début de ma découverte des visual novels. Beaucoup conseillent à ceux qui veulent en découvrir de commencer par des oeuvres courtes. Dans mon cas, cette aventure de presque 80h fut une incroyable expérience vidéoludique. J’avais aussi pu profiter du patch des voix de la version PS2, rendant l’immersion encore plus exceptionnelle. Parce que oui, le jeu n’était à l’origine pas doublé et Type-Moon semble être totalement réticent à cette pratique.   

Oui je fais ma crâneuse en montrant mon superbe exemplaire de la version PS2.

Oui je fais ma crâneuse en montrant mon superbe exemplaire de la version PS2.

Un chef d’oeuvre du genre qui s’émancipe des codes 

 

Pour beaucoup Fate/stay night est un chef d’oeuvre. Il faut dire que l’univers et les différents scénarios du jeu rendent l’expérience assez exceptionnelle puisque la durée de vie reste une des plus importante qui soit en matière de visual novel. Chaque scénario possède sa propre avancée et sa propre héroïne, pour ne pas changer des galges classiques. Sauf qu’au lieu de nous montrer simplement le héros qui saute la nana sous fond d’affrontements, chaque « route » suit un prolongement et une évolution unique. 

La précédente oeuvre de Type-Moon réussissait à casser les codes à l’époque en faisant des routes un prolongement du scénario sur le long : à savoir que chaque route apportait des informations de plus en plus importantes sur le background et le personnage principal. Pour Fate/stay night, la même chose fut appliquée : un premier scénario plutôt simpliste dans son approche et progressivement le jeu casse le caractère de son héros pour en faire un parfait anti-héros durant la dernière route où il n’hésite pas à détruire le monde pour sauver la femme qu’il aime. 

Techniquement le jeu est une grosse baffe, comparé à nombre de productions vendues. Je ne suis pas non plus une spécialiste de la programmation mais il n’était pas évident de retranscrire les batailles menées par les protagonistes d’un point de vue graphique. Autant en faire un anime, diront nombre d’entre-vous. Pour autant, le travail d’arrière-plan et les effets graphiques et sonores restent encore aujourd’hui au-dessus de ce qu’on trouve en matière de production de visual novels. 

Alors on me dira que c’est facile de placer le jeu sur un piedestal quand on sait que Type-Moon est aujourd’hui pété de tunes et peut donc se permettre n’importe quoi. Sauf que Fate/stay night est leur premier travail pro. Et qu’ils ont enchainé sur un fan-disc, Fate/hollow ataraxia qui réussi le pari d’être tout aussi long que son ainé et de posséder des mini-jeux hyper addictifs. Et puis bon, c’est grâce à ce jeu que j’ai appris à jouer au jeu de cartes Hanafuda. 

Le point érotique

 

Alors le jeu bénéficie cependant d’un trait qui donnerait le dégoût (ou l’envie, c »est à vous de voir !) de jouer à Fate/stay night : Les scènes de sexe. Difficile de passer à côté ou du moins si, on s’en passerait bien tant le jeu de Type-Moon est un très mauvais Eroge. On ne joue pas à Fate/stay night pour ses scènes chaudes. Mais vraiment pas. Autant aller sur une galerie de dessins pornographiques et de se délecter des-dits images plutôt que d’attendre 30h de jeu pour voir enfin les fameuses scènes. Qui n’apportent résolument pas grand chose et qui n’avaient qu’un seul but : vendre le jeu. 

La réalité du marché des visual novels s’est donc appliqué à Type-Moon qui avait absolument besoin de vendre pour rentrer dans leurs frais. Réalité qui fait un peu mal à entendre surtout lorsque des artistes cherchent à percer dans ce milieu et veulent vivre de leur passion. Concernant Fate/stay night, Type-Moon ayant fait de ces scènes des éléments assez dispensables – et faciles à retirer – le jeu est finalement l’un des Eroges les plus accessibles.

Pourtant il y avait de quoi s’amuser avec le postulat de base : à savoir que le prana passe aussi par une relation sexuelle. Mais rassurez-vous (ou pas), les fans se sont empressés de faire vivre toutes les attrocités possibles aux héroïnes dans des dojins. 

Eroge Time ! Fate/stay night

Conclusion

 

Fate/stay night fut mon premier visual novel et mon premier Eroge. Curieusement, j’en garde une expérience quasi-unique et qui me marque encore aujourd’hui. Je parlais d’un coup de foudre à l’époque où j’ai joué au jeu en 2008, et bien sachez que 8 ans après, il reste. C’est totalement inexplicable mais en jouant à la suite de Fate/stay night, Fate/hollow ataraxia l’an dernier, j’ai ressenti une joie immense à retrouver les personnages et l’univers. De même que je n’ai pas hésité à vider mon compte en banque pour me procurer les jeux et artbooks autour du jeu mais aussi des autres oeuvres de Type-Moon comme Mahou Tsukai no Yoru dont je possède l’original sur PC. 

Alors certes, avec les adaptations animés du jeu dont la dernière par Ufotable, l’intérêt de jouer à Fate/stay night est moindre même si je continue de pousser les gens à découvrir le support original. C’est assez bête mais pour moi les adaptations, même très réussies, ne réussissent pas à retranscrire l’exactitude de l’ambiance. 

L’Eroge Time se termine donc, la prochaine fois on parlera d’un jeu au genre hybride : un visual novel T-RPG. Oui c’est aussi possible de mélanger les genres et de porter des éléments RPG ou de jeux de baston tout en gardant une structure narrative proche du VN. Le sujet du prochain Eroge Time sera Tears to Tiara