Otome Nightmare ! Jooubachi no Oubou

On va me dire que je radotte car j’ai déjà parlé de cette horreur dans un précédent article, dénonçant le fait que ce jeu avait été fait par Satan lui-même. Croyez-le ou pas mais je me suis décidé à faire un vrai article dessus, histoire d’exorciser mes démons mais aussi de montrer que les otomes games ce n’est pas que des poneys qui chevauchent des arcs-en-ciel. 

Ne vous fiez pas aux apparences. Ce jeu est horrible.

Ne vous fiez pas aux apparences. Ce jeu est horrible.

Pour une fois que les démons…sont de vrais demons. 

 

Jooubachi ni Oubou est un otoge de la société Pure Wool qui s’est lancé sur le marché des otomes games en 2014 ; bien tardivement donc. Et ils ont plutôt bien préparé leur entrée fracassante puisque avant d’éditer leur jeu, ils l’ont décliné en 2013 sous forme de drama CD. Pour les non-initiés les drama CD sont des histoires audio où un narrateur et les personnages racontent des petites scenettes. Les drama CD sont souvent vendus en bonus autour d’un anime, un manga ou même un jeu vidéo. Très souvent, ce type de produit dérivé est destiné aux fans qui en veulent forcément toujours plus. Concernant les otomes games, c’est un type de produit très répandu, souvent vendus en bonus audio dans l’optique de rapporter du blé continuer à maintenir la hype. 

Pour Jooubachi no Oubou, l’inverse s’est produit : la société a d’abord édité des drama CD érotiques autour du jeu pour tester le public. Devant les bons retours, le jeu fut alors produit. Autant dire que à la base, le jeu vise un public très ciblé et que le côté trash mais aussi mature ont fait parti des arguments de vente du studio. Il est vrai que les otomes games sont souvent très shojo dans leur esprit et leur design ; je pense par exemple aux jeux de Mirai-Soft auxquels je n’ai jamais accroché. De ce côté-là, Jooubachi no Oubou propose réellement un univers et un design très particulier, très éloigné des standards. Il faut donc impérativement accroché au chara-design. 

L’autre particularité du jeu c’est qu’il possède deux héroïnes : Menou et Kaguya. Et par conséquence, il fut vendu en deux parties, chacune pour chaque greluche. Ca sent un peu le pigeonnage ? D’autant plus que chaque héroïne possède trois prétendants. Mais bon, rassurez-vous, vous en aurez pour votre argent : les deux jeux sont relativement longs. Mais là où on aurait pu s’imaginer un scénario en conséquence bien complexe et mature, le jeu va malheureusement s’embourber dans tous les clichés des eroges. 

Les mâles gravitant autour de Menou.

Les mâles gravitant autour de Menou.

Fourberie

 

L’histoire de Jooubachi no Oubou nous entraîne dans un monde fantasy-médiéval où les abeilles dominent le monde. Menou et Kaguya sont toutes les deux prétendantes au trône et vont indéniablement s’entretuer assez joyeusement pendant que leurs gardes du corps vont tenter de copuler avec elles. A leurs risques et périls. Parce que si le jeu possède son lot de scènes de viols, les filles passent aussi du côté obscur de la force – ça change on me dira – pour faire subir aux mecs les pires horreurs. Surtout Kaguya qui est véritablement sado-maso et qui n’hésite pas à humilier sexuellement Rin, l’un des gars qui l’accompagne. 

Si, très souvent, dans les otomes games, on est outré de voir nos théieres sur pattes se faire ramoner par tout le service, l’inverse ne parait pas toujours de bon sens. On est géné et choqué de voir que l’opposé ne ramène aucunement une sorte de légitimité, ni même de logique. Etonnant ? Pas tellement en fait. Autant on peut blâmer que la femme soit souvent maltraité, même dans un otoge, autant on ne combat par ce fait par un autre plus effroyable. Je me suis souvent demandé ce que je regardais tellement c’était imbuvable mais aussi, n’ayont pas peur des mots : incroyablement mauvais.

Alors, vous me dites, mais le scénario ? Ben..il y en a pas. C’est bien pour ça que je ne me suis pas attardé à aller plus loin que le synopsis de base. Tout simplement car il n’y a pratiquement aucun développement et que les héroïnes ont autant de QI qu’une moule lobotomisée coincée sous une plaque de ciment. C’était pourtant bien parti avec un univers crado au possible, des personnages bien classes et délurés et un postulat de base qui amenait de véritables enjeux pour nos deux héroïnes en carton-pâte. Mais comme dans beaucoup d’eroges, le scénario fait vite place à des scènes olé-olé et de tortures. Parce que tant qu’à faire, autant garder l’intérêt premier de ce type de soft quand on a rien d’autre à vendre. 

Certaines CG sont quand même bien jolies.

Certaines CG sont quand même bien jolies.

Un cauchemar qui ne se finit pas

 

Le plus dramatique avec Jooubachi no Oubou c’est que le jeu ne pose aucune demi-mesure et qu’au fur et à mesure que les scènes sont intenables, on se rend petit à petit compte que la soi-disante maturité du soft est une mascarade qui profite des éléments les plus horribles pour façonner l’image d’un jeu qui vend un univers trash. Malheureusement, pour un jeu aussi long, on en attendait bien plus de l’univers et des personnages. J’en suis ressortie très déçue – et je ne suis pas la seule en parcourant certaines critiques sur la toile, reprochant toutes la même chose – mais aussi particulièrement choquée par le contre-pied même de la représentation de l’horreur. Comment peut-on fantasmer là-dessus ? 

Clairement, c’est un jeu que ne recommande pas, même pas en tant qu’ero-otome. Il fait très mal son boulot et ressemble juste à la quatité d’autres eroges sans apporter une touche dite « girly ». 

Otome Time ! Under the moon

Décidemment, vous en avez pas fini à me voir parler d’otome games sur le blog puisque cette semaine je continue à vous présenter des jeux qui m’ont plu. Après Asaki Yumemishi et Akazukin to Mayoi no Mori, voici Under the moon de Sugar Beans. 

Otome Time ! Under the moon

Les démons sont vos amis 

 

Under the moon est développé et édité par Sugar Beans, une société spécialisé dans la distribution d’otoges, ces fameux otomes games érotiques. Eh oui, encore un me dit-on ! Mais rassurez-vous, ça sera probablement le dernier dont je parlerai un minimum en bien. Il faut dire, même Sugar Beans a réussi à descendre au 30ème sous-sol avec leur dernier projet Vampire Sweetie, une daube infâme qui m’a complètement dégoutée. C’est dommage car avec Under the moon, le studio commençait à développer ses propres univers et une narration multiverse. En effet, deux ans après Under the moon, le studio réalise Ijiwaru My Master qui se déroule dans le même monde. Du coup on y retrouve quelques personnages en clin d’oeil et le jeu se permet même de développer un peu le monde des démons. 

Dans Under the moon vous incarnez Ashe, la princesse des démons qui est forcément une gourde bien pleine puisque malgré sa naissance royale elle ne peut accéder au trône. C’est à ce moment-là que des démons se mettent à attaquer le château dans l’optique de destituer le roi – donc le père de Ashe. Cette dernière décide à fuir avec son chat Kyle mais se retrouve embarquée dans une faille spatio-temporelle et attérri dans le monde des humains. Sans pouvoirs magiques, sinon c’est pas cool. Pour ne pas arranger la situation, des anges se mettent à l’attaquer régulièrement et elle se fait donc sauver à plusieurs reprises par d’autres démons, donc Leni et Seizh, les jumeaux démons que Ashe essaient de convaincre – avec difficulté – de revenir dans le monde des démons pour lui restituer le trône. Et c’est mal barré.

Evidemment le scénario n’est pas hyper original, il ne faut pas oublier que c’est un jeu de drague et que l’objectif du jeu est de finir avec un des bisho à disposition de Ashe. Mais disons que les différentes routes, principalement celles de Leni et de Seizh se révèlent bien surprenantes dans leur développement et même leur dénouement. Et d’ailleurs, un préquel sous la forme d’un fan-disc est sorti en 2007, racontant alors les évènements d’avant Under the moon. Si la compréhension des évènements permet de mieux saisir les actions des personnages, il est dommage de perdre alors l’intrigue principale qui est dévoilée petit à petit dans le jeu. 

Otome Time ! Under the moon

Un monde moins rose-bonbon qu’il n’y parait

 

Au niveau des personnages, je dois dire que le jeu ne renouvelle pas vraiment le genre mais ils ont tous leurs personnalités et leurs histoires qui les rendent intéressants. Le seul bémol, à l’instar de Akazukin to Mayoi no Mori, c’est qu’en dehors des vraies fins, les autres sont vraiment mauvaises : soit on se fait tuer, soit on se fait violer puis tuer…BREF c’est pas super la joie. Fort heureusement on est pas obligée de les compéter à 100% pour débloquer le personnage mystère. Mais il faut avouer que le comportement de certains personnages, notamment Sena interroge un peu tant c’est déroutant. 

En fait, une grosse partie du plot est desséminé entre les routes de Leni et Seizh. Il y a bien Kyle qui apporte aussi un certain nombre d’éléments plus ou moins importants et d’ailleurs, ayant commencé par sa route, j’avais été étonné de voir l’importance des deux jumeaux dans la route d’un autre personnage. Et c’est pratiquement le cas sur toutes les autres en fait. On se doute alors, très vite, que le gros du morceau n’est finalement pas si loin. Une fois la conclusion amenée, on a beaucoup plus de mal à jouer les autres personnages ; mais c’est d’avantage par l’histoire autour de Leni que le fait que les autres soient moins importants vis à vis du scénario. 

Concernant le jeu en lui-même, celui-ci a une structure globale très simple reposant sur un tronc commun et des choix en faveur des personnages. De ce fait, une fois qu’on a complété plusieurs fins, les scènes peuvent se révéler répétitives. Cependant, en plus de ces choix – faciles – le jeu possède une balance en haut de l’écran qui indique des choix plus complexes qui vont concerner le rapport avec nos prétendants. Une fois sur une route, cette balance ne peut être modifiée et les choix restants vont surtour orienter les fins : à savoir une issue ou non heureuse avec votre grand amour. 

Otome Time ! Under the moon

Conclusion

 

Under the moon ne révolutionne pas du tout les otoges dans son fonctionnement, ni même son scénario. Mais j’avoue avoir bien aimé les personnages qui sortent un peu des sentiers battus avec des caractères qui évoluent en fonction des choix effectués. Du coup on évite le syndrome du stérétoype qui n’évolue pas d’un iota pour cause de feignantise. Le jeu fut aussi porté sur PS2 en 2009 dans une version dite « tous publics », donc amputée des scènes de sexe mais contenant de nouvelles images et un nouveau scénario. 

Otome Time ! Akazukin to Mayoi no Mori

Après vous avoir assommé avec Asaki, Yumemishi qui est, subjectivement, le meilleur otome game de tous les temps, il est temps de vous présenter le meilleur otoge auquel j’ai joué : Akazukin to Mayoi no Mori. Et ça sera un peu NSFW vu que c’est un jeu interdit aux moins de 18 ans. Mais c’est pas comme si vous étiez choqué n’est-ce pas ?

Otome Time ! Akazukin to Mayoi no Mori

Les contes de ta grand-mère versus Japon

 

Akazukin to Mayoi no Mori que l’on traduit en français par Le petit chaperon rouge et la forêt de l’oubli est un visual novel de la société Calameliatorte qui n’a fait que ça…en fait on y retrouve à la réalisation une partie du staff de Sugar Beans qui avait bossé en 2006 et 2008 sur deux jeux : Under the moon et Ijiwaru my master. Pour d’obscures raisons ils sont parti ailleurs et c’est en 2011 qu’ils ont sorti Akazukin to Mayoi no Mori. Le jeu fut pour moi mon premier otoge et j’avoue avoir été assez surprise, voire un peu choquée de découvrir que les femmes aussi avaient droit à des jeux érotiques. Et mon esprit doux et innocent n’était pas au bout de mes surprises. Mais au final, ce n’était pas si dramatique que ça. 

Le jeu raconte l’histoire de Tiana – le petit chaperon rouge de l’histoire – que sa belle-mère envoie dans les bois pour se débarasser de manière tout à fait subtil de cette progéniture indésirable. La marâtre, qui a trop lu les contes des frères Grimm, se dit que la gamine va forcément crever bouffer par un méchant loup. Effectivement, Tiana rencontre le Loup mais ce dernier n’a pas vraiment envie de la manger – du moins pas de cette manière – et décide de la prendre sous son aile dans dans l’optique de se la faire le moment venu. En réalité, le destin de Tiana est étrangement lié à la forêt comme le fait que chaque habitant ne peut prononcer son véritable nom sauf elle et que les rêves étranges de notre héroïne ne cessent de la tourmenter un peu plus. 

Le synopsis ne paie pas de mine alors qu’en réalité il est plus profond qu’il n’y parait notamment parce que chaque personnage est lié à l’intrigue d’une manière ou d’une autre. On regrettera peut-être juste le manque de personnages secondaires mais c’est pas comme si c’était très important (disons qu’après Asaki, Yumemishi et sa dizaine de personnages, ça fait bizarre de réduire de moitié les interactions) mais d’un autre côté on est dans une forêt…magique. Et en réalité, on apprend assez vite que les habitants sont tous morts, leurs fantômes continuant d’hanter la forêt. Au final, on a une explication assez logique au fait qu’il reste plus grand monde. 

Otome Time ! Akazukin to Mayoi no Mori

Tous les ingrédients pour faire un bon otoge 

 

Au niveau des personnages, on ne s’égare pas des sentiers battus mais le fait qu’ils soient tous liés à Tiana par le scénario leur donnent beaucoup d’intérêts et on se retrouve naturellement à complèter chaque route (la true ending du moins) pour avoir le fin mot de l’histoire. C’est un point positif car trop souvent on a un mal fou de complèter à 100% un jeu tellement les personnages sont blasants ou trop peu intéressants. La mention spéciale revient à Okami-san, le personnage beau, charmeur mais terriblement tragique par rapport à son background. Et le jeu réussit d’ailleurs à tordre le cou en faisant du Loup le personnage central du jeu comme héros pour nous mais un monstre pour les autres. 

Concernant les scènes de sexe (oui je sais, c’est que vous attendez tous !), eh bien…je suis partie sur les vraies fins qui sont surtout portées sur le scénario même si on a quand même droit à du sexe…mais pas tant que ça. Cela reste très spécial et on peut dire que la manière dont c’est écrit est pas super attractive tellement c’est mal fichu. Bref, j’ai souvent skippé, notamment dans les mauvaises fins qui poussent le caractère des personnages dans leurs derniers retranchements. Oui ils finissent tous un peu fou mais c’est surtout la situation qui amène cette folie surtout qu’une fois qu’on a fait la vraie fin de chaque personnage, on se rend compte qu’il en fallait de peu pour que ça finisse en catastrophe. D’ailleurs les mauvaises fins sont nombreuses, notamment dès le début de partie où le monde est détruit si on ne fait pas les bons choix en faveur des personnages. 

Mais frachement, le jeu ne serait pas un otoge, ça serait pareil. D’ailleurs, comme Under the moon, j’aurai bien aimé une version tous publics parce que le jeu le mérite vraiment. Et c’est d’ailleurs devenu un de mes moteurs de réflexion en jouant à un otoge : est-ce que le jeu est suffisamment intéressant pour être jouable sans les scènes chaudes ? Parce que en dehors de la true end et de happy end, les autres fins font place à tous les sévices habituels d’un bon eroge : viols, tortures, meurtres. Autant dire que ça interroge beaucoup sur la façon dont sont perçus ces scènes et surtout si elles sont aussi indispensables. Mais en réalité, les femmes aussi ont des fantasmes dingues qu’elles assument – parce que ce sont souvent des femmes derrière ce type de jeu – en mettant en scène les pires horreurs. 

Otome Time ! Akazukin to Mayoi no Mori

Conclusion 

On m’a posé la question sur Twitter : est-ce que Akazukin est un bon premier otoge ? Surement. Du moins, le fait qu’il y ait un scénario autour des personnages et que l’héroïne ne soit pas la pauvre cruche de service sortant de nul part confèrent au jeu un véritable intérêt, portée par de très beaux graphismes et de jolies musiques. Le jeu est vraiment soigné de bout en bout et c’est un vrai plaisir d’y jouer justement par ce soin apporté aux personnages et leur background. 

Et je vous laisse avec l’opening du jeu qui m’avait juste grave donné envie à l’époque d’y jouer !

Otome Time ! Asaki, Yumemishi

Mes deux premières éditions consacrées aux otomes games ne faisaient pas tellement place à la réjouissance vu que j’avais surtout évoqué les travers et les quelques dérives du genre (à savoir que ça partait souvent dans le viol). Mais au final, pour en parler de ces jeux et savoir les décrypter, il faut y avoir jouer. Et avoir aimé ça, sinon c’est un peu du masochisme. Pour cela, je vais aussi vous parler de mon otome game préféré : Asaki, Yumemishi. 

Otome Time ! Asaki, Yumemishi

Rêves et folkhore japonais

Réalisé et édité par MIO, une entreprise de visual novel, le jeu est est d’abord sorti sur PC en 2008 avant d’être porté sur PSP en 2011. Une suite est sortie en 2012 ainsi qu’un fan-disc en 2013. Pour finir, en 2015 est sorti une sorte spin-off avec de nouveaux protagonistes. Alors certes, comparé à des succès comme Hakuouki ou Uta no prince-sama, la liste fait vache maigre. Mais on ne peut pas reprocher à MIO de soigner sa série et d’exploiter l’univers du folklore japonais au travers de ses légendes.

L’histoire est celle de Saya, une lycéenne lambda qui a la particularité d’être issue d’une famille d’exorcistes. Durant ses vacances, elle se voit confier une mission d’enquête dans le village d’Inasago où des ayakashi (créatures surnaturelles issues de la culture japonaise) hostiles sévissent. Accompagnée de Gio, un ayakashi avec qui Saya s’est lié d’amitié, ils décident tous les deux de comprendre les mystères autour du village et de ses alentours. 

Le point de départ de l’histoire semble plutôt classique même si évidemment le synopsis nous dit pas tout puisque de nombreux mystères sont peu à peu dévolés au fur et à mesure que l’histoire progresse ; d’une route à une autre. Cependant s’il y a bien une chose qui fait plaisir c’est que les scénaristes n’ont pas oublié le scénario durant les routes ; seuls les actions de Saya et le personnage choisi modifiant le déroulement. 

Otome Time ! Asaki, Yumemishi

Un otome classique mais bien écrit 

 

Asaki, Yumemishi est un visual novel classique : on avance en répondant à des choix plus ou moins cruciaux. On est cependant invité à se déplacer sur une carte du village et de ses alentours pour taper la causette avec les personnages (et conquérir leur coeur). Plus tard dans le jeu, on débloque la possibilité de se déplacer la nuit…à vos risques et périls. Le jeu n’épargne en effet pas notre héroïne qui peut se faire tuer à tout moment par des ayakashi loin d’être vos alliés – du moins au début – ou tout simplement par l’élu de son coeur. Ce dernier aussi peut succomber si on fait de mauvais choix. Autant vous dire que sauvegarder sera votre plus précieux geste même si avec les solutions sur Internet, vous vous en sortirez sans trop de mal. 

Passons aux personnages. On a 7 personnages à draguer (et un huitième dans la version PSP) + plusieurs autres fins à débloquer, notamment une avec un trio d’ayakashi avec qui Saya va finir par lier une profonde amitié. Au final on a une douzaine de protagonistes gravissant autour de l’héroîne, tous ayant un rôle plus ou moins important dans l’histoire. Le scénario se rejoint pour chaque personnage, seul les affrontements et leur issue changent à chaque fois. Je vous l’accorde c’est un peu redondant sur le principe mais chaque personnage est suffisamment différent pour que les routes ne perdent pas trop en intérêt. 

Les interractions entre chaque personnage sont finement interprêtées. Si Rin, l’informateur qui nous a contacté pour l’enquête se révèle plus que taquin envers les autres protagonistes, Koku joue lui les mamans de service en sermonnant Shu ou Gio sur leurs actions alors que Takatora se refuse à se lier avec les ayakashis qu’il considère comme des monstres à abattre alors que ceux-ci l’ont sauvé de la mort. Ajoutons cela à la menace de ayakashis hostiles, les relations entre les protagonistes sont loin d’être aussi joyeuses, contrairement à ce que le début présage. Saya fait également des rêves étranges et semble mystérieusement liée à l’ayakashi Aya. Tout ce petit monde-là essaie donc de déméler les intrigues tout en apprenant un peu plus sur leurs ennemis, notamment Ichito (qui fait office de méchant donc).

Gio, l'un des personnages principaux

Gio, l’un des personnages principaux

Sortir des clichés

Concernant les personnages, ils sont introduits naturellement dans le scénario sans cette impression désagréable de les voir tous débarqués de la planète Mars pour remplir le quota de bisho. Aussi, la majorité des protagonistes sont familiers de Saya et on évite ainsi l’impression de les voir éprouver soudainement de l’affection de manière pas toujours subtil. D’autant plus que dans ce type de jeu, le temps est souvent très court entre le moment où notre potiche rencontre ses prétendants et le fait qu’ils se mettent soudainement en couple, on évite également les phases de mélo dramatique nécessaire pour appréhender le personnage. 

Il est également temps de vous dire à quel point j’ai de l’affection pour Gio, l’ayakashi qui accompagne Saya dès le début de l’aventure. J’ai totalement craqué pour sa personnalité qui oscille entre l’attitude d’un jeune enfant mais aussi celle d’un être quasi intemporel. Il faut dire, il est agé d’une soixainte d’années et /spoil[a passé une partie de sa vie enfermé par son précédent maître qui le considérait comme un monstre ]spoil/. On est donc loin du personnage mis là pour le quota de shota puisque le scénario déconstruit petit à petit la personnalité de Gio pour en faire un parfait petit ange gardien <3 

Cependant, le travail des personnages est parfois inégal et on évite pas quelques clichés comme Takatora qui joue dans la course des « emo-chiant » même si son background et ses raisons sont un peu plus louables qu’à l’habitude /spoil[ Il court après l’assassin de son frère qui, étant un yokai puissant, a également pris posession du corps de ce dernier]spoil/. Pour le reste, on peut même finir dans les bras du psychopathe de service : Ichito. Tout ce beau monde gravite autour de Saya mais pas toujours pour son bien : il est en effet possible de mourir et même tuée par l’élu de son coeur. La dualité entre le monde des ayakashi et celui des humains est plutôt bien retranscrit de ce côté-là puisque en dehors de Gio et Koku, les ayakashi se montrent souvent hostiles à notre héroïne. 

La carte, cette traitresse.

La carte, cette traitresse.

Conclusion

Asaki, Yumemishi est clairement mon otome game préféré, celui sur lequel je reviens le plus de part son ambiance mélancolique, ses personnages étranges et aux backgrounds fouillés. Le jeu est aussi servi par des graphismes somptueux et une bande sonore magnifique. On en regrette presque de ne pas avoir vu une quelconque adaptation animée de ce chef d’oeuvre. Mais au bout du compte, je risquerai de déplorer le massacre des personnages – surtout Gio en fait.