Otome Time ! Pourquoi un otome game c’est souvent très con

Otome Time ! Pourquoi un otome game c'est souvent très con

Constat souvent amer pour les fans du genre, les otomes games sont souvent perçus comme des jeux débiles et les adaptations ne donnent malheureusement que raison à cette idée. Mais comme en général les adaptations de visual novel ne sont pas de franches réussites, les jeux sont donc aussi pourris ? 

Clichés en série et manque d’audace 

Le marché des otomes games est extremment concurentiel depuis une dizaine d’années. Les éditeurs se sont en effet rendu compte du succès de ce type de jeux, encore plus depuis le début des années 2000 avec le boom des adaptations en animes. Du coup, le nombre d’éditeurs sur le marché a carrément explosé avec des conséquences plus ou moins préjudiciable : Là où certains studios pouvaient encore soigner leurs jeux avec un univers et un scénario un peu plus fouillés, il est vite advenu que la meilleure technique était de faire des jeux avec des ingrédients très simple : beaucoup de clichés, des chara-design pas très changeants d’une production à une autre et un contexte pour mettre une pauvre fille entourée de demi-dieux. 

On me dira que c’est le cas de tous les otomes games mais il faut avouer qu’il existe des moyens plus subtils pour créer une situation. Et sans vouloir remettre en question le travail de scénariste, il est toujours délicat de proposer un scénario un tant soit peu travaillé quand on sait que l’intérêt premier d’un otome game c’est de présenter des personnages à draguer. Alors autant dire qu’au bout d’un moment, certains studio ont carrémment abandonné l’idée de proposer une expérience un peu plus enrichissante que de simplement nous donner à voir des bouts de chair virtuels. Oui le ton est donné. On joue à un otome game pour se farcir des mecs virtuels et ce qui ressortira d’une manière ou d’une autre de la tête d’une personnage non-familière à cet univers. 

S’il faut de l’audace de développer un certain nombre de jeux en changeant juste la coupe de cheveux des prétendants et deux/trois éléments de l’univers, c’est justement parce que les potentielles joueuses ne sont que charmés par ces prétendants tous plus clichés les uns que les autres mais souvent accompagnés d’un élément essentiel : le doublage. En amenant les plus grandes stars du doublage au Japon, on est quasiment certain que le succès sera au rendez-vous. Il n’y a qu’à voir le succès – démesuré – de Uta no prince-sama pour se rendre de l’impact des voix – et des chansons affreuses – auprès du public féminin.

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Des adaptations qui ne rendent pas hommage au genre 

 

Ne nous cachons pas, les adaptations d’otomes games ne bénéficient pas toujours d’un soin apporté à leur réalisation. La faute, le plus souvent, au jeu de base qui ne suffit pas à en faire un bon anime. Certains s’en sortent évidemment mieux que d’autres, je pense par exemple à La Corda d’Oro qui fait figure d’antiquité dans le genre puisque le jeu est sorti en 2003 et l’anime en 2006. Edité par Koei a qui ont doit la création du genre même d’otome game. Eh oui, on parle de vétérants qui nous prévoient un La Corda d’Oro 4 pour cette année. Le fait que la société ne sévisse pas seulement dans le genre des jeux de drague lui permet de continuer à exister là où malheureusement, d’autres entreprises déposent le bilan. C’est le cas de QuinRose, célèbre pour sa licence Heart no Kuni no Alice qui a été démantelé en 2015. 

Pour revenir aux adaptations, La Corda d’Oro a fait figure d’étonnement à sa sortie, même si la saga Angelique (toujours de Koei) avait aussi eu droit à des déclinaisons en anime. Mais c’est surtout que la série a réussie à raconter une histoire avec des personnages plutôt fouillés et de jolies mélodies (même si, honnêtement, on commençait à en avoir marre du massacre de l’Ave Maria par notre cruche de service). Le jeu et l’anime ne s’éloignaient pas tant des clichés du genre mais le tout tenait relativement bien la route.

2006 fut aussi l’année de la percée d’Idea Factory en tant que d’éditeur d’otome game. En effet, Hiiro No Kakera remporte un énorme succès, secondé deux ans plus tard par HakuoukiEn l’espace de deux années le studio se place dans la course et Hakuouki bénéficie en 2010 d’une adaptation en anime très médiatisée. Loin d’être simplement un bête jeu de drague, le jeu permet de revivre la trouble période du Bakumatsu et de suivre le Shinsengumi ; et plus si affinités. Le carton de l’anime permettra au jeu original d’être édité en langue anglaise sur le sol américain en 2012. Pari plus que réussi pour Idea Factory (qui d’ailleurs fait un exploit d’éditer un jeu en dehors du Japon, même si celui-ci n’a pas tant marché que ça au final) mais aussi déboulonnage du genre : les adaptations d’otomes games vont se suivre à une vitesse presque hallucinante.

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Ca a l’air con ce truc…bah ouais c’est un otome game ! 

 

Le principal problème des japonais – si on peut appeler ça un problème – c’est que quand quelque chose marche, ils ne lâchent la grappe que quand ils n’y gagnent plus d’argent – et encore. Le succès de Hakuouki a entrainé une vague assez exponentielle de nouveaux titres chez Idea Factory mais a aussi engendré une popularisation des adaptations des jeux de ce style. Et pas forcément pour le meilleur. Déjà parce que, en plus de asphyxier le milieu avec une 20aine de nouveaux jeux chaque année – plus les suites/remake/spin-off, Idea Factory s’est résolu de s’imposer comme l’éditeur dont les adaptations en anime sont les plus remarqués…par leur médiocrité. 

Le problème, c’est qu’autant Hakuouki avait des arguments indépendants de sa qualité de jeu de drague par son contexte historique, les autres jeux n’ont clairement pas cette chance. On peut supposer alors qu’ils compensent par un background étoffé et profond mais c’est peine perdue. Les adaptations échouent lamentablement à retranscrire l’univers de ces jeux, incapable de gérer autant de prétendants aux backgrounds aussi divers mais aussi différents. Brothers Conflict est particulièrement représentif du harem gigantesque avec tellement de personages que ça en devient rapidement déconcertant (et nul, il faut l’avouer). Même l’adaptation de Hiiro No Kakera est rapidement une catastrophe alors que le jeu n’est pourtant pas si naze avec un univers et des personnages développés. 

Pour ne pas rassurer ceux qui espèrent mieux chez les autres ; d’autres éditeurs ont aussi eu la possibilité d’avoir leurs jeux adaptés en anime et c’était pas vraiment mieux. Arcana Famiglia est un véritable navet ne racontant rien et ne donne même pas envie d’aller tater le produit de base ; ce qui devrait être au moins le principal intérêt pour l’anime. Uta no prince-sama a eu une première saison assez géniale tellement c’était barré et assumé jusqu’au bout…mais en faire 4 saisons c’est de trop pour une série qui n’a rien à vendre au niveau du scénario par rapport au jeu : dans ce dernier, on choisi un des personnages avec qui on va travaillé et des mini-jeux de rythmes viennent accompagner les phases de VN. Donc autant le jeu vaut le coup, autant l’anime beaucoup moins. 

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Conclusion 

 

Au final, est-ce que c’est aussi con que ça les otomes games ? Eh ben non ! C’est un type de jeu comme un autre, certes très particulier pour le public masculin (même si vous avez vos équivalents les mecs !) mais pas plus débile qu’un jeu de drague classique. 

Otome Time ! Satan ? T’es là ? Réponds !

Otome Time ! Satan ? T’es là ? Réponds !

Dans la vie, il y a des choix à faire ; et pas toujours professionnels. C’est pour ça que lorsque on découvre les eroges, il faut savoir dans quel pétrin on se fourre. Et pour les otoges, c’est encore pire.

Ma première rencontre avec un otoge ne fut pas une catastrophe, loin de là. Ce fut même une belle surprise. Je m’attendais à un truc affreux et abominable parce que jusque là, j’avais surtout connaissance des eroges pour hommes. Et c’était jamais très joli, sauf à de très rares occasions. Donc on se dit que pour les femmes, ça ne sera jamais aussi horrible. Détrompez-vous, Satan s’est aussi immiscé dans cette mascarade.

Mon premier otoge fut Akazukin to Mayoi no Mori et ce fut très bien. Parce que les personnages étaient tous fouillés, qu’il y avait un semblant de scénario à recomposer au travers des différentes routes et que l’ambiance était vraiment excellente, portée par la bande sonore. Mais bon, à côté de ça, il était difficile de passer outre les scènes de sexe qui alternaient le bon et le moins bon : des fois c’était carrément hardcore quand les prétendants passaient en mode « violeurs » et d’autre fois…bah ça allait quand même. Je veux dire, il suffit juste de faire SKIP et passer toutes les scènes salaces pour revenir à ce qu’on voulait voir. Mais quand même, c’était du 18+ et donc pas du tout tendre. A croire que la tendresse, c’est pour les fillettes et que dès que tu as 18 ans, on ne propose aucune transition : c’est sodomie au lit sinon rien !

Le truc c’est que Akazukin n’est pas le pire jeu en la matière ; il est même correct par rapport à d’autres. Parce que oui, j’ai eu la folie de continuer sur cette voie. Et que, inconsciemment, tu as beau de te dire que le jeu que tu viens de finir possède un peu près 60% de scènes de viol, ça ne te fait absolument RIEN. Juste parce que c’est des bishos et surtout de la FICTION. Vous savez, l’argument que les développeurs de jeux vidéo aiment mettre en avant quand les associations type Familles de France vient titiller le fait que quand même, GTA c’est vraiment trop violent. FICTION. La même quand Illusion Soft a sorti Rapelay. FICTION. Ce n’est pas la réalité.

Alors bon, je vous rassure, on ne court pas du tout après la réalité quand on joue à un otome. Encore moins à un otoge. Et je conçois parfaitement que ce type de jeux sert aussi à assouvir des fantasmes tordus, inimaginables dans la réalité. Qu’on est tous d’accord que tant que ça reste une pure fiction, on ne peut pas chercher à aller à contre-courant d’une tendance très japonaise : les eroges ont toujours été l’occasion de repousser les limites d’une vision de la sexualité bridée. Mais pourtant, j’ai été choquée à plusieurs reprises. Et pas pour les scènes de sexe non. Mais pour le propos.

C'est dur de trouver des CG de Jooubachi no Oubou softs...donc des pieds ça sera très bien.

C’est dur de trouver des CG de Jooubachi no Oubou softs…donc des pieds ça sera très bien.

Jooubachi no Oubou commençait plutôt bien. Les premières images, le synopsis et le fait d’avoir un double scénario rendait le tout vachement plus intéressant que n’importe quel otoge. Mais il faut se rendre à l’évidence, ce qui rendait le titre aussi attrayant cachait aussi une part plus effrayante : jusqu’où le titre allait aller ? Et c’est là que Satan, en bon gentilhomme, s’empara du projet pour réduire à néant les attentes des joueuses. Un scénario plus que médiocre, des personnages affreux et des héroïnes auxquelles on ne veut PAS s’identifier : Menou est l’archétype de l’héroïne d’otome trop gentille et Kaguya la folle de service. Aucun milieu. Choisi ton camp : soit une sainte nitouche ou une demeurée. Bon au moins, le scénario de Kaguya a le mérite d’offrir des scènes d’anthologies en matière d’horreur quand le pauvre Rin se fait sauvagement agressé et violé par la demoiselle. Ca change, on me dira. Mais du coup, quand ce n’est pas elle qui fait subir, c’est elle qui y passe.

Le romantisme est mort. Définitivement mort. 

J’ai vu sur The VNDB que la nana au scénario (oui c’est bien une femme derrière cette horreur, et c’est même assez fréquent dans le milieu : beaucoup de femmes écrivent des eroges, d’ailleurs l’auteur principal des jeux d’Alice Soft est une femme) n’avait pas bossé sur beaucoup de titres, notamment en matière de direction. Du coup, cela reflète l’impression qu’elle ait tout lâché en matière de fantasmes et de situations borderline, comme pour se dégager d’une certaine gêne (c’est son premier otoge).

Mais par son contenu trop extrême, le jeu perd petit à petit sa cible. Arrivé à la fin, je n’avais pas vraiment eu l’impression de jouer à un otoge. Pour certains c’est une bonne impression car cela veut dire que le jeu est sorti des clichés du genre. Pour moi, cela permet de mettre en évidence une limite du genre : un otoge se doit de rester romantique et ne pas oublier que ceux qui y jouent veulent aussi s’immerger dans l’univers. Et franchement, pas une seule fois j’ai voulu être à la place des héroïnes, ni même côtoyer les gogoles qui servent de prétendants. J’ai juste voulu oublier.

Onsem time ! Il fallait bien ça pour soulager mon esprit.

Onsem time ! Il fallait bien ça pour soulager mon esprit.

 A côté de ça, un autre jeu a particulièrement retenu mon attention : ONEDARI ShareMate. Sans connaître l’anglais, le terme ShareMate vous donne une bonne idée du pétrin dans lequel l’héroïne se met. Elle doit en effet partager une collocation avec deux autres garçons, au choix, lors de l’écran-titre. Je sais pas pour vous, mais pour moi, dans le fabuleux monde des otoges, ce genre de situation me ferrait carrément flipper et j’aurai fui depuis longtemps. Sauf l’héroïne qui décide donc de partager son quotidien avec deux mecs qui vont forcément essayer de sa la faire durant la partie. Et je vous le donne en mille : l’intérêt du soft est ses scènes à base de « threesome » où tout le monde s’envoie joyeusement en l’air (enfin en théorie car la nana donne l’impression de se faire violer, comme toujours).  Bis répetita, le romantisme est mort.

Bon après, je me dis qu’à l’inverse de Joubachi no Oubou où il y a matière à se fourvoyer, celui-là pose ses bases dès le départ et on ne peux s’en prendre qu’à soit-même si on se rend compte à mi-parcours qu’on s’est carrément gouré de jeu. Mais quand même, on est dans un cas assez inédit d’un jeu qui ne vise que le fanservice graveleux sans scénario et donc sans explication possible aux évènements. Je veux dire par là que même si certains otoges faisaient voir le pire de la chose, c’était parfois justifié par le scénario et/ou le personnage comme Yamaneko-san de Akazukin to Mayoi no Mori. C’est un personnage en tout point détestable mais qui pourtant subit un traitement scénaristique plus que poussé ; c’est même lui qui a droit à la route la plus intéressante. Du coup, on a beau exécré le personnage, on trouve presque un sens à ses actions et on lui pardonnerait presque les pires sévices qu’il a fait subir à l’héroïne.

En fait, ce qui est traumatisant c’est la violence des actes et le fait qu’ils soient associés à des fantasmes. Se dire que même si c’est de la fiction, on se fait quand même violer à l’écran. Par des bishonen. Et qu’il y a un marché pour ça. Un marché pour se faire violer mentalement à l’écran et plus si affinités. Que l’amour, c’est dépassé comme concept. Mais surtout, qu’au Japon, ils n’ont pas CE TABOU. Rentrer dans ce monde expose à des périls, alors pensez-y : vous (et l’héroïne du jeu de votre choix) allez prendre cher.

Otome Time ! Satan ? T’es là ? Réponds !

Otome Time ! Un jour, mon prince viendra

Otome Time ! Un jour, mon prince viendra

L’intérêt que l’on éprouve à jouer à des jeux de drague rend l’entourage perplexe, faisant hausser quelques sourcils à l’approche des mots « otome », « bishonen » et autres bizarreries du jargon « otaku girl ». Si aujourd’hui ces termes sont moins méconnus de la sphère otaku en général, il faut avouer que le phénomène dépasse très souvent nos concitoyens masculins qui daignent parfois s’y intéresser. Cependant, nous ne pouvons décidément faire abstraction du genre, en partie à cause des adaptations animées desdits jeux qui viennent s’incruster dans le paysage vidéo-visuel des programmes japonais. Si on ne peut plus y échapper, mettons quelques explications :

Les otomes games, c’est vieux. La succession des animes adaptés des jeux en question donnent l’impression que le genre est encore récent alors qu’il cumule près de vingt années d’existence derrière lui. Il est cependant vrai que les otomes sont devenus soudainement très populaires pour que des sociétés comme Idea Factory carbure au point de produire une bonne dizaine de jeux par an. Disons que l’évolution des supports et des consoles a profondément impacté le genre : les jeux PC au Japon sont essentiellement destinés aux adultes parce que ces messieurs de chez Nintendo ou Sony n’étaient pas très chaud de voir des jeux pornographiques sortir sur leurs consoles de jeux. De même que les ordinateurs coutaient une blinde à une époque, ce qui ne facilitait pas la sortie de jeux sur ce support. Enfin, les filles ne faisaient pas non plus parties du public-cible visé par les entreprises de jeux vidéo. Il a fallu finalement attendre l’essor des consoles portables et le succès de la PS2 pour voir un certain nombre d’otomes sortir.

Le romantisme à l'état pur. Qe c'est beau. Et niais.

Le romantisme à l’état pur. Qe c’est beau. Et niais.

Pour la petite histoire, Angelique est le premier otome game sorti au Japon, produit par Koei, un studio qui eu la formidable idée d’adapter un jeu de drague pour le public féminin. Sachant qu’en plus, les jeux de drague pour garçons ont toujours eu tendance à être érotiques, ceux pour filles se devaient d’être de la bonne daube romantique à souhait. Il ne faut pas oublier que Disney faisait ses ravages et que les histoires de princes et princesses avaient une place de choix lorsque le genre est né : après tout, n’importe quelle jeune fille rêve du prince charmant ! Rassurez-vous, le genre va bien évoluer, et pas forcément dans le bon sens du terme : le public féminin n’est pas plus chaste que le masculin, les femmes aussi ont une libido ! C’est ainsi que le Boys Love va naître – la particularité du Yaoi est qu’il est consommé majoritairement par des femmes – et peu à peu lesotoges vont faire leur place.

La deuxième idée fortement préconçue (à mes yeux), est l’aspect romantique. Les japonaises ont une vision de l’amour assez particulière qui se reflète surtout dans les otomes : la surpuissance presque éclatante du bishonen et la niaiserie de l’héroïne.  Ce dernier point est suffisamment effarant pour un occidental tant par le traitement scénaristique du personnage qu’on est censé incarner que l’évolution assez grotesque des sentiments qu’elle nourrira pour ces beaux mâles. En fait, les otomes sont devenus au fil du temps des usines à fantasmes (la présence de seiyuus très connotés est la preuve de l’importance des voix, tout comme ils deviennent un argument marketing audacieux – les characters songs et dramas CD se vendent comme des petits pains. Désormais, avant de sortir un jeu, les dramas CD sont produits comme test pour le public. ) qui ne viennent plus montrer une quelconque histoire romantique et banale, mais plutôt donner aux joueuses une autre dimension de leur univers sentimental et sexuel. Des jeux de plus en plus trash viennent égayer cette théorie : Jouubachi no Oubou est représentatif d’un segment pris dans le genre où l’héroïne n’hésite pas à violenter et abuser des bishos qui l’entoure. En général, tous les otomes ont droit à des fins un peu plus hardcore – notamment dans les mauvaises fins où on n’a pas fait les bons choix  –  mais on trouve encore très rarement des jeux qui se base uniquement sur cet aspect. Cependant, la sortie de Jouubachi no Oubou fait part d’une évolution assez particulière des otomes, jusque alors, les Boys Love prenaient volontairement un parti-pris trash qui se voulait comme exutoire éloigné des fantasmes les plus étranges de ces demoiselles.

Leni, une petite fraise ? Allez !

Leni, une petite fraise ? Allez !

Ces évolutions du genre sont assez intéressantes et importantes pour bien comprendre ce que sont les otomes et ce qu’ils impliquent derrière. On peut voir que certains otomes reprennent des codes des otoges, comme Diabolik Lovers par exemple et qu’à l’inverse des otoges sont clairement de bonnes daubes romantiques à souhait. On remarquera que les jeux sont désormais beaucoup moins romantiques qu’avant. Disons qu’il faut pouvoir appâter les joueuses avec un univers sympa, des personnages avec des personnalités moins lisses (comprendre, plus de psychopathes et moins de mecs neuneu !) et des situations originales. Quoi de mieux que se faire draguer par un vampire, un démon ou un loup-garou ? D’avantage que le manga shojo qui se doit d’exploiter la fibre romantique, les otomes ne sont là que pour nourrir des fantasmes. Évidemment, tout le monde ne joue pas à des otomes pour garnir ses rêves sentimentaux et érotiques, on peut aussi y jouer d’avantage pour l’aventure qu’ils procurent et le fait que c’est plus sympa pour une fille comme moi de jouer à ces jeux plutôt qu’aux dating sim pour garçons.

J’avais indiqué dans un précédent articles les otoges que j’avais apprécié. Il n’est pas évident de montrer à son lectorat qu’un visual novel possède les mêmes codes d’appréciation qu’un manga ou un anime : l’histoire, les personnages, le style graphique, l’OST sont des particularités qui se doivent d’être relevés et qui font qu’on va aimer ou pas un otome. Contrairement à certain(e)s, j’ai beaucoup de mal à accrocher aux bishonen dont le physique et la personnalité ont été décidés au pifomètre tout en calculant le quota de clichés qu’ils peuvent contenir. L’un de mes délires est d’essayer, dès que je vois un otome, de calculer les personnalités possibles des personnages et de voir au fur et à mesure si mes calculs sont bons ou alors si je me suis totalement fourvoyée (oui, ça m’arrive quand même). C’est l’un des seuls intérêts que je trouve encore au genre lorsque les histoires et les personnages ne me passionnent pas. Après avoir testé et joué à une trentaine de jeux, on a tendance à penser qu’on a fait le tour. C’est effectivement le cas, les otomes se ressemblent beaucoup entre eux : personnages clichés, histoires préconçues, background amoindri etc. De ce fait, l’avis qu’on peut tenir sur un otome game varie beaucoup selon les joueuses : quand c’est notre premier otome, on lui trouvera peu ou pas de défauts, à l’inverse si on a déjà une grosse expérience en la matière, on peut rapidement débecter ledit jeu.

Asaki, Yumemishi, l'un des rares otomes games au scénario bien complexe.

Asaki, Yumemishi, l’un des rares otomes games au scénario bien complexe.

Les otomes se ressemblent donc beaucoup, il est donc difficile de constamment chercher LE jeu, la perle rare dans un genre qui compte un grand nombre de titres. Pour ma part, j’ai établi une sorte de classification des otomes selon leur rating accordé par le CERO (équivalent japonais de PEGI) et leur style :

Les otomes pour petites filles / les romantiques : Oui, les gamines ont aussi droit à leurs jeux de drague. Bon, les grandes fans de romantisme se tourneront aussi vers ces jeux. Rassurez-vous, ces jeux ont des histoires très classiques avec des personnages bien lisses. Kage no Alicis fait partie de cette catégorie de jeux destinés volontairement à des filles de 8-12 ans. Certains jeux se révèlent parfois excellents comme Zettai Meikyuu Grimm basé sur les contes…des frères Grimm qui possède une histoire captivante, des personnages haut en couleurs, des graphismes somptueux et une excellente bande-sonore. Assurément l’un des meilleurs otomes jamais sortis ! Bon par contre, c’est effectivement assez gamin dans l’esprit mais j’ai aimé le scénario assez improbable et les personnages qui sortent des sentiers battus. Ces jeux sont classifiés souvent A ou B ou Japon. Rien de méchant, de graveleux ou de gore, on est sur des jeux destinés à de jeunes filles en fleur qui veulent des garçons gentils, polis et serviables qui ne leur pose pas de problèmes. Les histoires sont rarement très dramatiques et préfèrent se tourner vers une forme de comédie romantique bien mielleuse.

On a ensuite les otomes destinés aux adolescentes, du moins à des filles un poil moins romantiques. Je ne pense pas que j’ai besoin de vous donner une liste puisque la plupart des adaptations animes d’otomes de ces dernières années sont issus de ces jeux pour filles en pleine puberté qui ont des papillons dans leur culotte et qui craquent toutes pour les ténébreux. Les personnages sont un peu moins lisses, les histoires plus tragiques voire dramatiques (cette fois-ci on peut mourir de manière abominable, parfois tuée par l’élu de son cœur,). Mais bon, il reste encore un peu de romantisme dans ce monde de brutes, les personnages ont juste souvent tendance à ne pas sortir d’une case dans laquelle il leur a été donné l’opportunité d’exister. Les ténébreux sont à la mode et ont des histoires fichtrement bien tragiques pour foutre la larme à l’œil devant le déluge de drames. Cependant, on aborde des cas particuliers comme la transsexualité même si cela reste un gag majeur pour contenter le quota de filles qui aiment les traps (qui a dit Ringo d’Uta no prince-sama ?).

Enfin, on a les otomes qui ont la particularité de contenir…des scènes de sexe. Ce sont donc des jeux destinés à des filles de plus de 18 ans. Et quand on dit que c’est interdit aux mineures, c’est parce que ces jeux sont un tant soit peu explicites en la matière. Oui, au début je croyais que c’était juste des scènes érotiques, puis lorsque j’ai eu mon premier otoge dans les mains, Akazukin to Mayoi no Mori j’ai déchanté rapidement. J’avais déjà eu l’occasion de jouer à Fate/Stay Night qui comportaient des scènes de sexe, mais rien de bien alarmant. Bref, les otoges n’ont rien à envier aux eroges pour mecs : j’irai même jusqu’à dire que c’est sensiblement la même chose. C’est même assez déroutant de voir qu’on y trouve peu de différences lorsque la pornographie est conçue pour les femmes. Niveau jeux, on va dire que « ça passe » ou « ça casse ». On sent pour certains titres que les scènes de sexe sont largement dispensables, comme dans Under the moon qui a d’ailleurs été édité sur PS2 par la suite, pour d’autres c’est carrément devenu l’intérêt principal du soft. Et évidemment, loin de proposer des histoires somptueusement romantiques, la flopée de sadiques et de timbrés viennent s’ajouter aux harems histoire de pimenter les divers scénarios. Deux de mes otomes préférés sont des eroges, mais je vous rassure, la plupart du temps j’ai un mal fou à aller au bout des otoges ; soit parce que c’est monstrueusement chiant, soit c’est complètement fumé.

Attention ! Tous aux abris ! Demoiselle-cruche en détresse !

Attention ! Tous aux abris ! Demoiselle-cruche en détresse !

Maintenant, passons sur le sujet du comportement d’attardé mental des héroïnes d’otomes. Vous l’aurez remarqué dans les adaptations animes – et c’est souvent pointé par les communautés d’otakus – les héroïnes d’otomes games ont autant de personnalité qu’une moule lobotomisée. Bon, il arrive parfois que certaines héroïnes ont une vraie personnalité et un vrai rôle qui se s’apparente pas à jouer les demoiselles en détresse ou à se faire violer par le voisin d’à côté. Mais c’est rare, parce qu’à l’instar des galges, il est important que la joueuse s’identifie à l’héroïne pour pouvoir mieux apprécier l’histoire et se sentir transporter par les paroles de ces bishos. Faut avouer quand même que la transposition est parfois assez lourde à supporter quand les mecs se comportent comme de véritables goujats envers elles. Avec le recul, j’ai toujours eu justement l’impression que les mecs étaient suffisamment patients pour supporter des gourdes pareilles et que le fait qu’elles passent à la casserole étaient logiquement envisageable pour compenser le mollusque qui leur sert de cerveau.  Non pas que je cautionne le viol toussa, non simplement que cela permet d’insérer ce type de scènes sans que ce soit vécu comme une abomination (oui, elles sont consentantes au final et elles tombent même amoureuses de leur violeur, méga logique). Diabolik Lovers joue d’ailleurs remarquablement bien sur ce fameux paradoxe : l’héroïne se laisse tripoter par des mecs qui la traite tous comme une grosse merde (derrière cette expression vulgaire, comprenez bien que je retranscris l’exactitude de ce qu’ils pensent, et c’est bien malheureux.) et ne cherche pas le moindre du monde à se débattre et à se casser de cette résidence de malheur. Autant dire que les scènes les plus glauques, les plus gores, les plus malsaines interviennent vraiment par le traitement du comportement de notre cruche de service. Le problème c’est que le juste milieu est difficile à exploiter : Saya d’Asaki Yumemishi l’incarne bien (d’ailleurs, l’ensemble des personnages s’éloignent des clichés du genre) mais on passe assez souvent d’un extrême à l’autre : Si ce n’est pas une cruche comme Chizuru d’Hakuouki Shinsengumi Kitan, c’est forcément une timbré ou une « salope » qui saute sur tout ce qui bouge (Vivianne deTsubasa no okai no hime en est l’exemple type).

Nous avons donc fait le tour – du moins je pense – des otomes. Je pourrais continuer à débattre encore sur le sujet, il y a toujours à dire. Le genre tend à évoluer au fil des ans, ce qui permet de rester alerte, de même que les adaptations anime de plus en plus courantes viennent populariser les otomes. Cependant, on oublie que c’est un marché complexe s’adressant à des tranches d’âge bien différentes à chaque fois et avec une volonté de nourrir des fantasmes. C’est aussi pourquoi je reproche au genre de plus trop sortir des sentiers battus, de constamment rabâcher les mêmes histoires et d’empêcher les personnages de sortir de leurs clichés. En fait, on se retrouve avec des jeux dont l’intérêt n’est plus de proposer une aventure teintée de romantisme mais d’avantage un jeu où l’importance des personnages est telle que cela bouffe le scénario. Dans d’autres cas, le scénario est carrément mis de côté, on appâte la fangirl en mal de bishos. C’est un peu triste parce qu’un visual novel possède suffisamment de qualités en terme de narration pour sombrer vers une histoire de fanservice au détriment de l’univers. C’est pareil pour les otoges, j’ai de plus en plus de mal à jouer à ces jeux du fait que ça tourne pratiquement qu’autour des parties de jambes en l’air. Les otomes sont donc clairement des jeux auxquels on va jouer d’avantage pour les bishos que les histoires. Si vous n’êtes pas très compliquée, vous allez apprécier, autrement vous risquez de vraiment trouver cela exubérant et très chiant. Le mieux est de prendre ça au 30ème degré. Mais ne vous découragez pas ! Il existe quelques perles qui valent la peine d’être jouer !

Otome Time ! Un jour, mon prince viendra