La pornographie vidéoludique, cette industrie oubliée

La pornographie vidéoludique, cette industrie oubliée

A l’heure où la parole est encore libre et où l’on peut parler de tout et de rien, dès que le sujet de la pornographie est évoquée les portes se ferment, comme pour exprimer un malaise de notre société. Pour autant, quand on évoque l’éducation numérique, on ne peut pas, même en admettant qu’on n’y soit pas préparé, à oublier la culture du sexe, notamment dans le paysage vidéoludique. 

Parler de sexe, ce tabou ultime dans les pays occidentaux. Ce tabou que l’archipel Nippon a briallamment démonté, pour des raisons en grande partie économiques : cela marche. Et si on est très largement en droit de se poser la question des dérives d’une telle utilisation de la pornographie, force est de constater que le tabou qu’elle représente en Occident devient de plus en plus problématique : on ne peut pas reléguer cette culture au rang de simple sous-genre parmi tant d’autres qu’on cachera sous un tapis. Il est tant, et c’est vraiment mieux, pour les besoins des générations futures, de ne plus cacher ce qui fait parti du cybersexe. 

Parce que à force de cacher et de vouloir renier une part évidente d’une culture qui réussi le pari d’être un milieu économique qui ne connait pas la crise, de ne pas prendre l’entière responsabilité de ce qui se trame : comment expliquer à des jeunes qui tombent sur des eroges que ce n’est pas la réalité ? Personne n’est là pour donner la moindre explication, tout le monde joue au jeu de l’autruche, à savoir que l’on préfère attendre le futur scandale pour émettre un avis tout aussi déconnecté d’une industrie. Le scandale Rapelay a été soudainement oublié, une fois que tout le monde s’en ai pris à Illusion Soft sans se douter que la société ne faisait que quelque chose de bien commun. Que ce scandale est arrivé 4 ans trop tard, que le seul résultat fut une fermeture du site de la société à l’internationale. Cachons-nous pour continuer à prospérer. 

Le drame de cette méconnaissance, de cette impossibilité de savoir de ce qu’est la pornographie vidéoludique, de ce qu’elle représente aujourd’hui c’est qu’on ne fait que pousser cette industrie à se cacher. Dans un autre temps, MangaGamer continue son petit business. Leurs jeux ne sont pourtant pas dénués d’actes malsains et odieux. Mais on ne connait pas et/ou on ne veut pas connaître. 

Une prise de conscience internationale 

La seule solution pour que la pornographie vidéoludique soit réellement considéré comme un enjeu serait une prise de conscience au niveau international. Que les rapports sur le cybersexe soit réellement complets sur le sujet ; ce qui n’est pas le cas à l’heure actuelle. Certes, cette prise de conscience peut se traduire, pour beaucoup, comme une volonté de contrer cette industrie. En réalité, la véracité de cette action serait de réellement donner un sens à la lutte contre les crimes sexuels dans un contexte virtuel. Il est depuis peu annoté dans les lois internationales la lutte contre la pédo-pornographie virtuelle. Une prise de conscience tardive mais véritable avancée en matière de protection des mineurs. 

En réalité, cette avancée tardive s’explique d’avantage par le manque d’information sur l’industrie pornographie japonaise et le fait que jusque là on n’avait pas vraiment les moyens de proposer un vrai discours sur une situation qui dépasse les frontières locales. Aussi, ce qui est très largement pointé du doigt c’est la façon dont on peut considérer une oeuvre virtuelle comme pédo-pornographique. Mais au-delà des considérations purement techniques, on relève des efforts pour mettre des mots sur une dérive de la culture vidéoludique. Le seul soucis, c’est que relevé à une échelle locale, il n’y a peu ou pas de possibilité d’étudier le sujet, ni même amener une vraie prise de conscience. 

Et aussi, une prise de conscience internationale ne pourrait que condamner fermément le Japon sur des faits qui s’apparente à des crimes contre l’humanité. C’est là où la cyberviolence trouve aussi sa limite = peut-on condamner des actes qui relèvent d’un monde virtuel. C’est pour cela que les rapports internationaux préfèrent ne pas mettre en lumière ce malaise. Comme on ferme les yeux sur d’autres sujets. Mais à ce moment précis où la cybercriminalité prend des considérations de plus en plus importantes – de part les attaques terroristes mais ce n’est pas le sujet – on découvre aussi cette difficulté : proposer un vrai programme d’éducation numérique au travers des pratiques sociales.  

Se protéger et protéger les autres

Le coeur du sujet c’est les individus. Car pointé l’industrie vidéoludique sur le thème de la cybercriminalité ne résoudra pas, comme on peut le constater, les dégâts occasionés par la pornographie sur les jeunes et moins jeunes. Que personne n’essaie d’expliquer, parce que trop tabou, les vrais dangers de la pornographie. On préfère dire que ce n’est pas bien mais POURQUOI ? Car plus que les causes, les effets sont bien plus importants à être mis en lumière dans les rapports internationaux. 

Les professionnels de l’éducation et de la santé sont pourtant formés et capables de répondre à cette explication qu’est la pornographie et de ses formes. Ou peut-être pas justement. Mais aussi parce que c’est trop difficile, qu’il n’y a pas de programmes capables de parler de ces sujets sans que ce ne soit perçu comme une boutade de plus. Pourtant, quand on parle d’éducation numérique, ce n’est pas seulement pointé les réseaus sociaux et l’importance d’être un bon internaute. Il faut aller plus loin, donner les clés de ce que représente le cybersexe aux jeunes. Qu’il sache que ce qu’ils font est parfois dangereux parfois même illégal. 

De même, si les programmes en faveur d’une éducation numérique sont si présents actuellement, ils interviennent bien trop tard. On ne pourra pas rattraper dix ans en présentant aux prochaines générations les dangers d’Internet. Trop tard. Et de même pour le cybersexe. Pour autant, ce n’est pas pour cela qu’il faut abandonner. La prise de conscience est importante et il faut se mettre en première ligne pour assumer ce qu’on démontre. Du moins, c’est ce qui m’importe aujourd’hui pour défendre la position de ce blog. Se protéger mais aussi protéger les autres. Une idélogie bien trop idéaliste mais nécessaire, même si c’est trop tard.

Assumer son projet et le porter au-delà des barrières 

 

C’est ainsi que ce projet de recherche mené il y a deux ans continue encore d’exister. En fait, curieusement, c’est toute cette industrie cachée de l’autre coté du monde qui a motivé son écriture. Pourtant, en deux ans, le projet n’a cessé d’exister et de représenter une part importante de mes motivations professionnelles. Cela parait assez culotté de défendre un tel projet, et même de le porter officiellement.

Au départ, j’avoue que je n’étais pas assez courageuse pour le mettre en avant. C’est quand même beaucoup de japoniaiseries, de trucs assez perturbants pour un néophyte et même pour les quelques rares professionnels qui me chercheraient sur le web pour savoir qui je suis. Mais désormais, j’ai des raisons pour détruire le quatrième mur. Des raisons qui me poussent à porter ce projet comme tant d’autres en font pour d’autres sujets.

FIGHT !

FIGHT !

Le fansub : quand le fan croit soutenir l’animation japonaise

Le fansub : quand le fan croit soutenir l’animation japonaise

Cela fait un moment que je me tâtais à écrire sur le sujet ; après avoir écumé moult blogs, forums et sites internet ayant des articles consacrés au sujet, je me lance moi aussi. Le fansub est une activité illégale qui s’est développé depuis une dizaine d’années, destiné à promouvoir l’animation japonaise en France à une époque où les offres étaient peu nombreuses. Illégal mais louable dans le sens où les éditeurs peinaient à retrouver la confiance des japonais après la fin du Club Do’ et consorts. Les fans, les vrais, s’échangeaient déjà en conventions des VHS à prix d’or pour récupérer des séries alors en pleine diffusion au Japon. Cela parait surréaliste à dire aujourd’hui mais le fansub était une activité qui se déroulait essentiellement entre passionnés dans les zones underground du web. Il fallait être un vrai fan pour aller chercher des liens dans des lieux obscurs ; aujourd’hui les teams de fansub n’hésitent pas à afficher publiquement leur activité illégale au moyen de sites web, de forums et de pages sur les réseaux sociaux. Le fansub est alors passé d’une activité illégale méconnue à une activité (toujours) illégale mais reconnue.

Le fansub c’est illégal, point. Il ne suffit plus à tergiverser sur le sujet : les éditeurs français mais aussi japonais se rendent compte des dégâts considérables de cette activité sur l’industrie de l’animation japonaise. Le gros problème c’est que les fans tentent de minimiser les conséquences de leurs actes au travers d’affirmations fausses : Si on télécharge une série non-licenciée ce n’est pas grave car ce n’est pas sorti en France. Grave Erreur. Cette légende urbaine (que j’ai cru) n’est en fait qu’une excuse pour le fansub d’exister. Je dirais même que le fansub de séries non-licenciées nuit encore plus gravement que pour les séries licenciées : à quoi bon pour l’éditeur d’aller acheter la licence d’une série qui a été largement « fansubbée » sur Internet ? De la même manière, quel est l’intérêt pour l’éditeur japonais de vendre ses licences qui sont piratés sur Internet ?

Tout le problème du fansub se trouve là : au lieu d’agir pour l’animation japonaise et sa promotion, les « fansubbers » ne font que détruire toute possibilité pour elle d’exister hors des frontières nippones. Là où le fansub se voulait comme promotion et possibilité pour les éditeurs de connaître les licences les plus intéressantes, désormais les fans râlent à chaque licence prise par un éditeur, au même titre que les teams de fansub vont jusqu’à mener une vendetta contre les éditeurs car ils ne leur laissent plus de séries intéressantes à traduire. Un comble.

Alors, je sais que vous allez me dire : le fansub c’est parce que ces séries ne sortiront jamais en France. Ne jamais dire jamais, toute série animée a la possibilité de sortir en France, même les plus nichés. Je me rappelle il y a quelques années que personne ne pariait sur la licence d’Angel Beats. La série est bien arrivée par chez nous. La seule vraie alternative du fansub se trouve dans les séries trop longues, trop vieilles ou trop ésotériques pour le public lambda. Je pense à des séries comme Ginga Eiyu Densetsu ou Gintama qui ont, effectivement, une chance proche du néant de sortir en France, encore moins aux USA. Oui car les fans français oublient aussi le marché américain, bien plus fourni que le notre et avec des prix compétitifs.

En réalité, l’importance du fansub est malheureusement née au travers des habitudes de consommation d’aujourd’hui : le tout gratuit, instantanément. Comment ne pas être séduit par la possibilité de tout voir sans débourser un seul centime ? Voilà la triste réalité de notre monde ; je ne blâme pas les gens qui le font car après tout je l’ai fais aussi mais c’est d’avantage l’altitude de « fan d’animation japonaise » qui me chiffonne aujourd’hui. Comment peut-on être fan de quelque chose dans lequel on a jamais investi un seul euro ?

Je suis bien consciente qu’on ne peut pas acheter toutes les séries au monde – c’est même assez stupide d’aller acheter des DVD full Jap – mais quand on aime une série, un artiste, une saga, je pense qu’il est possible de faire un effort pour soutenir sa passion. Si chaque fan prenait l’initiative de soutenir, ne serais-ce qu’une série, peut-être que l’animation japonaise irait beaucoup mieux. Évidement, ce n’est qu’une utopie mais d’avantage que diaboliser le phénomène, il est désormais important de responsabiliser les passionnés, de leur faire comprendre le mal qu’ils font à leurs séries préférées. Si nous sommes capable au moins de provoquer un électrochoc dans une communauté qui n’a d’otaku que le simple nom, alors l’animation verra de jours meilleurs.

Mes statistiques WordPress : Du gros délire.

Moi après avoir vu les statistiques. Bande de malades !

Moi après avoir vu les statistiques. Bande de malades !

Il y a pas si longtemps, je suis tombée sur les statistiques de mon blog gentiment fournies par WordPress. Comme c’est super intéressant, j’ai décidé de vous faire partager les meilleurs résultats de recherche. Attention, c’est croustillant. (PS: j’ai pas corrigé les fautes, sinon c’était pas marrant).

« Hentai grand public » Sans vouloir t’offenser, mon cher (ou ma chère), ça n’existe pas. Du moins, le jour où le porno sera grand public, le monde s’écroulera.

« naruto sex hentai chronique » C’est marrant car je n’ai jamais parler du manga une seule fois ici même. Quoique si, peut-être quand j’en suis venu aux fanfictions.

« disney sous une autres forme hentai » Oui, il y a des gens qui cherchent des hentai Disney. Je prépare la carabine, bien entendu.

« histoire zoophile hentai » Si un jour, j’écris une fiction hentai zoophile, je te préviendrai.

« natsuyasumi hentai »  Il y a VRAIMENT des gens qui ont cherché ce caca (review).

« hentai public feminin » J’avais bien raison de parler des otoges !

« hentai elaboré » On en rêve tous, je sais.

« voisin hentai » Apparemment certains ont peur de leurs voisins. C’est vrai qu’on ne sait jamais ce qui peut arriver.

« les jeux otome de psychopathes » Le romantisme est mort. Définitivement mort.

« le hentai dangereux » Je ne sais pas si c’est dangereux, mais effectivement c’est mieux de ne pas montrer ça à ton petit frère de 5 ans.

« petit hentai d’enfants coquins » SERIEUX. Je rappelle que la pédopornographie, sous toutes ses formes, est punie par la loi dans notre pays.

« chronique dune zoophile » Tu t’es trompé de site.

« dans quel site je peux telecharger des jeux hentai pour psp » Il y a pas d’eroges sur PSP. Le jour où Sony commencera à en diffuser, ça voudra dire que la société est vraiment dans la mouise.

« hentai avec une mere est sa fille pour un tableau » WHAT.

« comment appelle t on des hentai avec des enfants » UN. C’est interdit par la loi. DEUX. Pourquoi tu veux savoir ça hein ? Tu veux te traumatiser à vie ?

« les pires cochonneries sexuelles japonaises » Ce n’est pas non plus le bon site. Désolé.

« hentai avec petit garcon » Mais vous avez quoi avec les gosses ? (celui là est revenu une vingtaine de fois, bon sang !)

« attaque on titan hentai » Ah, celui-là non plus j’en ai pas parlé. Je devrais peut-être m’y mettre tiens.

« porn hantai ado blanche neige » WHAT (bis)

« le pire du hentai » Ne cherches pas. JAMAIS.

« la concurence sexuel da les scenes porno » Oh, un sujet de recherche très intéressant.

« jeux hentai mere noel tentacule » MERDE. Voilà.

« le hentai est il plis ou moins dangereux que le porno » C’est la MÊME CHOSE.

Et on finit par le meilleur :

« mon violeur ce héro » Et après on ne comprend pas pourquoi je me fais autant chier à parler des otoges. C’est pour éviter ça.

J’ai évidemment sélectionné le plus intéressant. Beaucoup de termes sont revenus, notamment tout ce qui a trait à la pédopornographie, ce qui fout un peu les boules. C’est vrai que j’en ai parlé, j’ai même carrément signé une review d’un anime shotacon. Mais ce n’est pas parce j’aime ça. C’est parce que c’est juste HORRIBLE. Qu’il y a des gens qui bossent sur des projets pareils, qui ont donné leur voix aux personnages et qui se dit « OKAY TOUT VA BIEN ». Donc, sachez qu’ici, on dénonce et on hurle.

Otome Time ! Un jour, mon prince viendra

Otome Time ! Un jour, mon prince viendra

L’intérêt que l’on éprouve à jouer à des jeux de drague rend l’entourage perplexe, faisant hausser quelques sourcils à l’approche des mots « otome », « bishonen » et autres bizarreries du jargon « otaku girl ». Si aujourd’hui ces termes sont moins méconnus de la sphère otaku en général, il faut avouer que le phénomène dépasse très souvent nos concitoyens masculins qui daignent parfois s’y intéresser. Cependant, nous ne pouvons décidément faire abstraction du genre, en partie à cause des adaptations animées desdits jeux qui viennent s’incruster dans le paysage vidéo-visuel des programmes japonais. Si on ne peut plus y échapper, mettons quelques explications :

Les otomes games, c’est vieux. La succession des animes adaptés des jeux en question donnent l’impression que le genre est encore récent alors qu’il cumule près de vingt années d’existence derrière lui. Il est cependant vrai que les otomes sont devenus soudainement très populaires pour que des sociétés comme Idea Factory carbure au point de produire une bonne dizaine de jeux par an. Disons que l’évolution des supports et des consoles a profondément impacté le genre : les jeux PC au Japon sont essentiellement destinés aux adultes parce que ces messieurs de chez Nintendo ou Sony n’étaient pas très chaud de voir des jeux pornographiques sortir sur leurs consoles de jeux. De même que les ordinateurs coutaient une blinde à une époque, ce qui ne facilitait pas la sortie de jeux sur ce support. Enfin, les filles ne faisaient pas non plus parties du public-cible visé par les entreprises de jeux vidéo. Il a fallu finalement attendre l’essor des consoles portables et le succès de la PS2 pour voir un certain nombre d’otomes sortir.

Le romantisme à l'état pur. Qe c'est beau. Et niais.

Le romantisme à l’état pur. Qe c’est beau. Et niais.

Pour la petite histoire, Angelique est le premier otome game sorti au Japon, produit par Koei, un studio qui eu la formidable idée d’adapter un jeu de drague pour le public féminin. Sachant qu’en plus, les jeux de drague pour garçons ont toujours eu tendance à être érotiques, ceux pour filles se devaient d’être de la bonne daube romantique à souhait. Il ne faut pas oublier que Disney faisait ses ravages et que les histoires de princes et princesses avaient une place de choix lorsque le genre est né : après tout, n’importe quelle jeune fille rêve du prince charmant ! Rassurez-vous, le genre va bien évoluer, et pas forcément dans le bon sens du terme : le public féminin n’est pas plus chaste que le masculin, les femmes aussi ont une libido ! C’est ainsi que le Boys Love va naître – la particularité du Yaoi est qu’il est consommé majoritairement par des femmes – et peu à peu lesotoges vont faire leur place.

La deuxième idée fortement préconçue (à mes yeux), est l’aspect romantique. Les japonaises ont une vision de l’amour assez particulière qui se reflète surtout dans les otomes : la surpuissance presque éclatante du bishonen et la niaiserie de l’héroïne.  Ce dernier point est suffisamment effarant pour un occidental tant par le traitement scénaristique du personnage qu’on est censé incarner que l’évolution assez grotesque des sentiments qu’elle nourrira pour ces beaux mâles. En fait, les otomes sont devenus au fil du temps des usines à fantasmes (la présence de seiyuus très connotés est la preuve de l’importance des voix, tout comme ils deviennent un argument marketing audacieux – les characters songs et dramas CD se vendent comme des petits pains. Désormais, avant de sortir un jeu, les dramas CD sont produits comme test pour le public. ) qui ne viennent plus montrer une quelconque histoire romantique et banale, mais plutôt donner aux joueuses une autre dimension de leur univers sentimental et sexuel. Des jeux de plus en plus trash viennent égayer cette théorie : Jouubachi no Oubou est représentatif d’un segment pris dans le genre où l’héroïne n’hésite pas à violenter et abuser des bishos qui l’entoure. En général, tous les otomes ont droit à des fins un peu plus hardcore – notamment dans les mauvaises fins où on n’a pas fait les bons choix  –  mais on trouve encore très rarement des jeux qui se base uniquement sur cet aspect. Cependant, la sortie de Jouubachi no Oubou fait part d’une évolution assez particulière des otomes, jusque alors, les Boys Love prenaient volontairement un parti-pris trash qui se voulait comme exutoire éloigné des fantasmes les plus étranges de ces demoiselles.

Leni, une petite fraise ? Allez !

Leni, une petite fraise ? Allez !

Ces évolutions du genre sont assez intéressantes et importantes pour bien comprendre ce que sont les otomes et ce qu’ils impliquent derrière. On peut voir que certains otomes reprennent des codes des otoges, comme Diabolik Lovers par exemple et qu’à l’inverse des otoges sont clairement de bonnes daubes romantiques à souhait. On remarquera que les jeux sont désormais beaucoup moins romantiques qu’avant. Disons qu’il faut pouvoir appâter les joueuses avec un univers sympa, des personnages avec des personnalités moins lisses (comprendre, plus de psychopathes et moins de mecs neuneu !) et des situations originales. Quoi de mieux que se faire draguer par un vampire, un démon ou un loup-garou ? D’avantage que le manga shojo qui se doit d’exploiter la fibre romantique, les otomes ne sont là que pour nourrir des fantasmes. Évidemment, tout le monde ne joue pas à des otomes pour garnir ses rêves sentimentaux et érotiques, on peut aussi y jouer d’avantage pour l’aventure qu’ils procurent et le fait que c’est plus sympa pour une fille comme moi de jouer à ces jeux plutôt qu’aux dating sim pour garçons.

J’avais indiqué dans un précédent articles les otoges que j’avais apprécié. Il n’est pas évident de montrer à son lectorat qu’un visual novel possède les mêmes codes d’appréciation qu’un manga ou un anime : l’histoire, les personnages, le style graphique, l’OST sont des particularités qui se doivent d’être relevés et qui font qu’on va aimer ou pas un otome. Contrairement à certain(e)s, j’ai beaucoup de mal à accrocher aux bishonen dont le physique et la personnalité ont été décidés au pifomètre tout en calculant le quota de clichés qu’ils peuvent contenir. L’un de mes délires est d’essayer, dès que je vois un otome, de calculer les personnalités possibles des personnages et de voir au fur et à mesure si mes calculs sont bons ou alors si je me suis totalement fourvoyée (oui, ça m’arrive quand même). C’est l’un des seuls intérêts que je trouve encore au genre lorsque les histoires et les personnages ne me passionnent pas. Après avoir testé et joué à une trentaine de jeux, on a tendance à penser qu’on a fait le tour. C’est effectivement le cas, les otomes se ressemblent beaucoup entre eux : personnages clichés, histoires préconçues, background amoindri etc. De ce fait, l’avis qu’on peut tenir sur un otome game varie beaucoup selon les joueuses : quand c’est notre premier otome, on lui trouvera peu ou pas de défauts, à l’inverse si on a déjà une grosse expérience en la matière, on peut rapidement débecter ledit jeu.

Asaki, Yumemishi, l'un des rares otomes games au scénario bien complexe.

Asaki, Yumemishi, l’un des rares otomes games au scénario bien complexe.

Les otomes se ressemblent donc beaucoup, il est donc difficile de constamment chercher LE jeu, la perle rare dans un genre qui compte un grand nombre de titres. Pour ma part, j’ai établi une sorte de classification des otomes selon leur rating accordé par le CERO (équivalent japonais de PEGI) et leur style :

Les otomes pour petites filles / les romantiques : Oui, les gamines ont aussi droit à leurs jeux de drague. Bon, les grandes fans de romantisme se tourneront aussi vers ces jeux. Rassurez-vous, ces jeux ont des histoires très classiques avec des personnages bien lisses. Kage no Alicis fait partie de cette catégorie de jeux destinés volontairement à des filles de 8-12 ans. Certains jeux se révèlent parfois excellents comme Zettai Meikyuu Grimm basé sur les contes…des frères Grimm qui possède une histoire captivante, des personnages haut en couleurs, des graphismes somptueux et une excellente bande-sonore. Assurément l’un des meilleurs otomes jamais sortis ! Bon par contre, c’est effectivement assez gamin dans l’esprit mais j’ai aimé le scénario assez improbable et les personnages qui sortent des sentiers battus. Ces jeux sont classifiés souvent A ou B ou Japon. Rien de méchant, de graveleux ou de gore, on est sur des jeux destinés à de jeunes filles en fleur qui veulent des garçons gentils, polis et serviables qui ne leur pose pas de problèmes. Les histoires sont rarement très dramatiques et préfèrent se tourner vers une forme de comédie romantique bien mielleuse.

On a ensuite les otomes destinés aux adolescentes, du moins à des filles un poil moins romantiques. Je ne pense pas que j’ai besoin de vous donner une liste puisque la plupart des adaptations animes d’otomes de ces dernières années sont issus de ces jeux pour filles en pleine puberté qui ont des papillons dans leur culotte et qui craquent toutes pour les ténébreux. Les personnages sont un peu moins lisses, les histoires plus tragiques voire dramatiques (cette fois-ci on peut mourir de manière abominable, parfois tuée par l’élu de son cœur,). Mais bon, il reste encore un peu de romantisme dans ce monde de brutes, les personnages ont juste souvent tendance à ne pas sortir d’une case dans laquelle il leur a été donné l’opportunité d’exister. Les ténébreux sont à la mode et ont des histoires fichtrement bien tragiques pour foutre la larme à l’œil devant le déluge de drames. Cependant, on aborde des cas particuliers comme la transsexualité même si cela reste un gag majeur pour contenter le quota de filles qui aiment les traps (qui a dit Ringo d’Uta no prince-sama ?).

Enfin, on a les otomes qui ont la particularité de contenir…des scènes de sexe. Ce sont donc des jeux destinés à des filles de plus de 18 ans. Et quand on dit que c’est interdit aux mineures, c’est parce que ces jeux sont un tant soit peu explicites en la matière. Oui, au début je croyais que c’était juste des scènes érotiques, puis lorsque j’ai eu mon premier otoge dans les mains, Akazukin to Mayoi no Mori j’ai déchanté rapidement. J’avais déjà eu l’occasion de jouer à Fate/Stay Night qui comportaient des scènes de sexe, mais rien de bien alarmant. Bref, les otoges n’ont rien à envier aux eroges pour mecs : j’irai même jusqu’à dire que c’est sensiblement la même chose. C’est même assez déroutant de voir qu’on y trouve peu de différences lorsque la pornographie est conçue pour les femmes. Niveau jeux, on va dire que « ça passe » ou « ça casse ». On sent pour certains titres que les scènes de sexe sont largement dispensables, comme dans Under the moon qui a d’ailleurs été édité sur PS2 par la suite, pour d’autres c’est carrément devenu l’intérêt principal du soft. Et évidemment, loin de proposer des histoires somptueusement romantiques, la flopée de sadiques et de timbrés viennent s’ajouter aux harems histoire de pimenter les divers scénarios. Deux de mes otomes préférés sont des eroges, mais je vous rassure, la plupart du temps j’ai un mal fou à aller au bout des otoges ; soit parce que c’est monstrueusement chiant, soit c’est complètement fumé.

Attention ! Tous aux abris ! Demoiselle-cruche en détresse !

Attention ! Tous aux abris ! Demoiselle-cruche en détresse !

Maintenant, passons sur le sujet du comportement d’attardé mental des héroïnes d’otomes. Vous l’aurez remarqué dans les adaptations animes – et c’est souvent pointé par les communautés d’otakus – les héroïnes d’otomes games ont autant de personnalité qu’une moule lobotomisée. Bon, il arrive parfois que certaines héroïnes ont une vraie personnalité et un vrai rôle qui se s’apparente pas à jouer les demoiselles en détresse ou à se faire violer par le voisin d’à côté. Mais c’est rare, parce qu’à l’instar des galges, il est important que la joueuse s’identifie à l’héroïne pour pouvoir mieux apprécier l’histoire et se sentir transporter par les paroles de ces bishos. Faut avouer quand même que la transposition est parfois assez lourde à supporter quand les mecs se comportent comme de véritables goujats envers elles. Avec le recul, j’ai toujours eu justement l’impression que les mecs étaient suffisamment patients pour supporter des gourdes pareilles et que le fait qu’elles passent à la casserole étaient logiquement envisageable pour compenser le mollusque qui leur sert de cerveau.  Non pas que je cautionne le viol toussa, non simplement que cela permet d’insérer ce type de scènes sans que ce soit vécu comme une abomination (oui, elles sont consentantes au final et elles tombent même amoureuses de leur violeur, méga logique). Diabolik Lovers joue d’ailleurs remarquablement bien sur ce fameux paradoxe : l’héroïne se laisse tripoter par des mecs qui la traite tous comme une grosse merde (derrière cette expression vulgaire, comprenez bien que je retranscris l’exactitude de ce qu’ils pensent, et c’est bien malheureux.) et ne cherche pas le moindre du monde à se débattre et à se casser de cette résidence de malheur. Autant dire que les scènes les plus glauques, les plus gores, les plus malsaines interviennent vraiment par le traitement du comportement de notre cruche de service. Le problème c’est que le juste milieu est difficile à exploiter : Saya d’Asaki Yumemishi l’incarne bien (d’ailleurs, l’ensemble des personnages s’éloignent des clichés du genre) mais on passe assez souvent d’un extrême à l’autre : Si ce n’est pas une cruche comme Chizuru d’Hakuouki Shinsengumi Kitan, c’est forcément une timbré ou une « salope » qui saute sur tout ce qui bouge (Vivianne deTsubasa no okai no hime en est l’exemple type).

Nous avons donc fait le tour – du moins je pense – des otomes. Je pourrais continuer à débattre encore sur le sujet, il y a toujours à dire. Le genre tend à évoluer au fil des ans, ce qui permet de rester alerte, de même que les adaptations anime de plus en plus courantes viennent populariser les otomes. Cependant, on oublie que c’est un marché complexe s’adressant à des tranches d’âge bien différentes à chaque fois et avec une volonté de nourrir des fantasmes. C’est aussi pourquoi je reproche au genre de plus trop sortir des sentiers battus, de constamment rabâcher les mêmes histoires et d’empêcher les personnages de sortir de leurs clichés. En fait, on se retrouve avec des jeux dont l’intérêt n’est plus de proposer une aventure teintée de romantisme mais d’avantage un jeu où l’importance des personnages est telle que cela bouffe le scénario. Dans d’autres cas, le scénario est carrément mis de côté, on appâte la fangirl en mal de bishos. C’est un peu triste parce qu’un visual novel possède suffisamment de qualités en terme de narration pour sombrer vers une histoire de fanservice au détriment de l’univers. C’est pareil pour les otoges, j’ai de plus en plus de mal à jouer à ces jeux du fait que ça tourne pratiquement qu’autour des parties de jambes en l’air. Les otomes sont donc clairement des jeux auxquels on va jouer d’avantage pour les bishos que les histoires. Si vous n’êtes pas très compliquée, vous allez apprécier, autrement vous risquez de vraiment trouver cela exubérant et très chiant. Le mieux est de prendre ça au 30ème degré. Mais ne vous découragez pas ! Il existe quelques perles qui valent la peine d’être jouer !

Otome Time ! Un jour, mon prince viendra